Livre IV, fiible m
9. Rien de plus fréquent chez les critiques que les allusions à ce vers et k toute la fin de ce prologue. Voyex Walckenaer, Histoire Je la Fontaine, livre III, tome I, p. 297; M. Saint-Marc Girardin, tome I, p. a, II, 879 et 38o; M. Sonilié, p. 397; M. Tivier, dans le discours déjà mentionné, p. 16. •— M. Soullié (p. 817) £dt remar^ quer très-justement que les prologues de la Fontaine c formeraient la meilleure poétique du genre; » et M. Saint-Marc Girardin, dans
364 FABLES. [p. i
Et dont la scène est TUnivers.
Hommes, dieux, animaux, tout y fait quelque rôle, Jupiter comme un autre. Introduisons celui 3u
Qui porte de sa part aux Belles la parole *® : Ce n'est pas de cela qu'il s'agit aujourd'hui *^ .
Un Bûcheron" perdit son gagne-pain ",
C'est sa cognée; et la cherchant en vain,
Ce fut pitié là-dessus de l'entendre. 3 5
n n'avoit pas des outils à revendre :
Sur celui-ci rouloit tout son avoir.
Ne sachant donc où mettre son espoir,
Sa face étoit de pleurs toute baignée :
ta XI* leçon (tome I, p. 879 et 38o), que « nouf ne pouvons rien dirr À l'avantage de ses fables qu*il n*ait dit avant nous et inieiix qw nous. »
10. Mercure, messager de Jupiter. Le Noble l'appelle c le postillon céleste. » Lucien, dans son xxiy« Dialogue des Dleux^ nous le montre se plaignant à Maia sa mère de toutes les courses qne Jupiter lui fait faire, le chargeant d*aller voir Europe i Sidon, DÂnaé à Argos, Antiope en Béotie.
1 1 . Ces trente-deux premiers vers, qui forment la dédicace, manquent dans Tédition de 1679 (Amsterdam).
1 9. Dans la fable grecque d'Artéoius, o*est un laboureur (TC^tpT^); cbez Benserade {quatrain xci), un charpentier; chez Rabelais, qui sait que le fait est arrivé en Touraine, en partie k Chinon, • c*cst un paonre homme villageois, natif de Grauot..., abateur et fendeor de bois. »
i3. c Le long début de Rabelais (voyez la note 14) est, dit M. Taine (p. aôs), tout entier dans ce mot. » Puis il ajoute au sujet du vers 36 ,
n n'avoit pas des outils à revendre :
t Ce dernier trait est d*un paysan et manque dans Tauire récit (ii«i celui de Rabelais). » — Le Noble développe ainsi, dans la prière do Bûcheron, Tidée de gagne-pain :
Rends-moi donc. Dieu béuin, rends-moi, je te coojnre, Ce qui seul me donne du pain.
F. i] LIVRE V. iK
« O ma cognée ! 6 ina pamrre cognée ! 40
S'écriolt-il : Jupiter^ rends-la-moi ;
Je tiendrai Tétre encore nn coup de Un ^. »
Sa plainte fut de TOlympe entendue.
Mercure vient ^'. < Elle n'est pas perdue.
Lui dit ce dieu ; la connoîtras-tu bien ? 45
Je crois TavcHr près d'ici rencontrée. »
Lors une dW à rh<mime étant montrée^*,
Il répondit : « Je n'y demande rien. »
Une d'argent succède à la première*^,
14. « Aduint qu^il perdît sa coîngnee. Qui fent bien (àMohé et marrj, ce feutil. Car de sa coingnee dependoit son bien et sa We; par sa coingnee rinoit en honneur et réputation entre touls riches botcheteurs ; sans coingnee mouroitde faim. La Mort, six ioniBapret, le rencontrant sans coingnee, anecques son dail {sa faux) Teust faulchë et cercle de ce monde. En cestuy estrif commença crier, prier, implorer, inuocquer lupiter par oraisons moult disertes (comme rons •çaues que nécessité feut inuentrîce d*eloquenee), leuant la face rert les eîeulx, les genoilz en terre', la teste nu€, les bras hanlts en Paer, les doigts des mains esqarqniUez, disant à cbascnn refrain de set tnffraiges à hauhe roix infintiguablement : « Ma coingnee, Inpiter I c ma coîngnee, ma coingnee I Rien plus, ô Inpiter I que ma coin, c gnee, ou deniers pour en achapter une aultre. Hélas I ma paoure c coingnee I » (Rabelais, tome II, p. xx et xxiv) — Geruzez trouve qœ eette fois la Fonuine n*a pas égalé Rabelais. Nous pensons plutôt, arec M. Taine, que « au fond la plainte de Rabelais est exagérée et tofocbe au ridicule, » tandis que « celle-ci est naÎTC, touchante et meforée comme nn petit tableau de Téniers. »
i5. Dans la plupart des autres fables, la cognée tombe dans nn fleore, et le Dieu j plonge pour l'aller chercher. Dans la troisième de Coray, Mercure est le Dieu du fleure ; dans la seconde (celle d*Arsé* nias), c'est le Fleure lui-même qui rient tenter le Paysan.
16. Le Noble reut égayer sa fable en mêlant ensemble, par na bizarre anachronisme, Mercure, Vulcam, le Pérou. Mercure se présente
Tenant une hache à la main,
Mais une hache que Vulcain
Sur son enclume aroit forgée
Du plus fin métail du Pérou. .
ly. Cha Rabelais, Mercure jette aux pieds du Bûchown les troia
3M FABLIS. [t. I
n la reftitè ; «ofia nue de bois " : So
« Voilà, dit-ily la BÛenne cette fois ^ ; Je suis eontent si j'ai cette dernière.
— Tu les auras, dit le Dieu, toutes trok : Ta bonne foi sera récompensée.
— En ce cas-là je les prendrai, » dit-il. 55 L'histoire en est aussitôt dispersée ^ ;
Et boquillons ** de perdre leur outil,
Et de crier pour se le faire rendre ^.
Le roi des Dieux ne sait auquel entendre''.
Son fils Mercure aux criards vient encor ; 60
 chacun d'eux il en montre une d'or.
Chacun eût cru passer pour une bête
De ne pas dire aussitôt : « La voilà ! »
Mercure, au lieu de donner celle-là,
eegnéet à la fois; chez Haudent, il les lui présente amsi toutetei- •emble. Dans Tapologne d'Ârséniiis il y a gradation ; le Dten le tente d*abord arec une hache d'argent, pub arec une hache d'or.