‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 321 sur 379 · F. ▼] LIVRE V · texte numérisé non relu

F. ▼] LIVRE V

Non pas franc ', car pour gage il y laissa sa qnene ^ ; S'étant, dis^je, sauvé sans qneue, et tout honteux*, Pour avoir des pareils* (comme il étoit habile), Un jour que les Renards tenoient conseil entre eux : « Que faisons-nous, dit-il, de ce poids inutile '^y i o

3. Franc, c*e8t-à-dire tant aTcnr touffert de doramage. Voyez le Lexique,

4. Chez Corrozet, le Renard, prit an piège, te madle lai-méme :

Ponr etchapper, il la trenche et la couppe.

5. c S'étant échappé la quene coupée, dit la fable grecque, il lui temblait que la honte lui rendait détonnais la vie impossible; »

6. Dans la fable grecque : ^ Sv tÇ xoivÇ niBu t^ !dtov ouy>^^ {rstcv a?ax<Kt « P^m cacher par le commun doouMige ta propre honte. » — ^ Chez Faême (vert 8) :

Ita puhlîco dedecore iectum iri tuum.

7. Onus moUstum incommodumque, dit encore Faëme (rert 7) ; et le fabuliste grec : 6}ç o5x ijzpssûj; (a45vov toOto xh \t£koç 2v, diXXà ta\ xtpirrbv ^àpoç 7cpoay)pT7)(jivov, c ce n'était pat teulement un membre maltéant, mait encore un poidt tuperflu, une vaine annexe, s — L'idée rendue dans le vers tuivant te trouve dans une fable d*uu tout autre tujet, le Singe et le Renardy dont nous avons plusieurs vertiont divertet. Le Singe, priant le Renard de lui céder une portion de ta quene, lui dit : Quidenîm.,,, utile est tibi tantum pondus,.,, sine causa, tantmque longîtudinis cauda quant per ierram trahis? (Roicui.ot, livre III, fable xvn.) — Dant VJppendice des fables ésopiques (fable xxn) :

Quid enim, inquit^ cauda tanim longîtudinis Prodest? quo tantum pondus per terram trahis?

— Dant le fabulitte Anonyme (fable lti, Nevelet, p. 5 16.)

Quid prodest nimia campos insculpere cauda? Le Renard dant cette dernière feble répond :

Malo verrat humum,,»;

et dant let Fables moupeUes de Phèdre (voyez le Phèdre de la collection Lemaire, tome II, p. Soi et Soi) :

.... Longior fiât licet^ Tamen illam citius per lutum et spinas traham, Quam parvam quamvis partem in^ertiar tibi.

38o FABLES. [f. f

Et qui va balayant toas les sentiers fangeux ?

Qne nous sert cette qneue? Il faut qu'on se la coupe :

Si Ton me croit, chacun s'y résoudra.

— Votre avis est fort bon, dit quelqu'un de la troupe; Hais tournez- vous, de grâce, et Ton vous répondra*. » A ces mots il se fit une telle huée, Que le pauvre écourté ne put être entendu. Prétendre ôter la queue eût été temps perdu : La mode eu fut continuée.

8. Mme de Sérigné cite ce Tert fort à propot , danc ta Zcttrr à Mme de Grignan, du i*** aTiil 1689 (tome IX, p. 4)- — c Molière n'anroU pas dit la diote d*iuie manière plus comique. » (ChahroBT.) — Molière (c*est oq rapprochement indiqué par Geroaex et par M. SouUié, p. 983 et 284) a en efîet rendu une idée aaalogac dans la i^* scène de V Amour médecin^ sans se piquer de lui donner an tour aussi plaisant : c Tous ces conseils sont admirables assurément, dit Sganarelle à ceux qui lui donnent des conseils selon leur état, mais je les trouve un peu intéressés, et trouve que vous me coosôllet fort bien pour vous.... Vous êtes orférre, Monsieur Joese,et Totre conseil sent son homme qui a envie de se défidre de sa marchandise.... Quoicpie tous vos conseils soient les meilleurs du monde, vous trouverez bon, s*il vous plali, que je n'en suive aucun. Voilà de mes donneurs de conseils à la mode, i Le mot de Molière : c Vous êtes orfèvre, t est devenu proverbe, aussi bien que le Ters de la Fontaine. Celui-ci, comme le fait remarquer Geruzex» c 8*applkine à ceux qui dénigrent ce qu'ils n*ont pas; » Tautre c à ceux qui vantent ce qu'ils ont. t — La fable ésopique dit tout simplement : c Si ce n*était pas ton intérêt, tu ne nous donnerais pas ce conaeî]; » et Faëme (vers 19 et i3) :

An tUf quia Istud ëxpedii^ toror^ tUi^ Ideireo, aiV, dos ceteris hoc consili?

». Ti] LIVRE V. 3«i

FABLE VI

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