‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 43 sur 379 · I. Voyez ci-desftus, p. xl · texte numérisé non relu

I. Voyez ci-desftus, p. xl

s. Voyez un extrait de Tacte de vente aux Pièces Justificatives de V Histoire de la vie,,,, de la Fontaine^ par Walckenaer, tome II, p. 399-301. Nous arons eu nous-méme cet acte sous les yeux à Château-Thierry. Depuis la vente, on trouve Mlle de la Fontaine domiciliée sur la paroisse du château ; elle paraît aroir été logée, non, comme on Ta dit, au château même, mais dans une maison de la rue du Château, que ses petites-filles habitaient encore au siècle suivant.

SUR LA FONTAINE. lui

JoQj, encore miiieure quand Françoise Pidouz, sa mère, ëpousa en secondes noces Charles de la Fontaine^?

Quelques mots n'ont pas été de trop peut-être sur la famille de la Fontaine, quoiqu'elle ne fasse pas grande figure dans son histoire. Nous ne la connaissons guère que par les papiers d* affaires, et lui-même, dans ses lettres, ne nous la montre, exception faite de sa femme et de loncle Jannart, qu'à l'occasion des prosaïques difficultés contre lesquelles il se débattait aTec plus d'ennui que d'activé sollicitude.

Cette incurie, dans l'administration de sa fortune, signifiaitelle qu'il n'y entendît rien ? Nous ne le pensons pas. Ses quelques lettres à Jannart ne donnent pas, il s'en faut, cette idée d'une incapacité, qui ne serait pas cependant très-étonnante

I. Voyez ci-dessus, p. x. — Nous ne sarons si la découverte de quelque acte dëmentira notre conjecture. Nous ne la donnons pas pour très-importante ; elle est du moins nouvelle. — M. le Tîcomte Héricart de Thury a mis sous nos yeux une lettre autographe inédite, signée De Ut Fontaine^ et commençant par les mots : c Ha chère sœur. ]» La suscription est : a A Mademoiselle de la Fonttiae, à Château-Thierry i. U n'y a pas d'autre date que a Ce ■urdi au soir. » Ce qu'elle a de plus remarquable, c'est cette phrase: « Mes respects à ma chère mère. » Si Ton admet, comme c^est, depuis longtemps, une tradition dans la feimille Héricart de Thury, que la lettre a été écrite .par notre poète, si Ton veut en même temps que la suscription ne puisse s'appliquer qu'à une sœur consanguine de la Fontaine, cette sœur, n'étant plus alors un enfant, n'aurait pas été d'un âge très-différent de celui de son frère, et il deviendrait plus inexplicable que son acte de baptême ne se trouve pas dans les registres où la suite des actes de baptême n'a pas de lacunes dans les années auxquelles on peut penser. Il y aurait à remarquer aussi qu'il feiudrait que la mère de la Fontaine eût vécu bien après i634 (voyez ci-dessus, p. ix), puisque la Fontaine voyageant seul, au temps de la lettre, avait certainement beaucoup plus de treize ans. La suscription, sans doute, ne fournit aucune preuve. Il n*y aurait rien eu d'insolite à donner à Anne de Jouy le nom du mari de sa mère, qui Pavait comme adoptée; mais nous croyons la lettre écrite par un la Fontaine qui n'est pas le nôtre. Nous bkuonê suivre la transcription que nous en donnons, aux Pièces Justificatives^ n* v, de quelques remarques dans le sens qui vient d'être indiqué.

Liv NOTICE BIOGRAPHIQUE

chez un poète, même décore du titre d'avocat. Il y paraît assez fort sur le grimoire des procureurs et des notaires. M. Paul Lacroix a publié ^ un contrat qu'il dëclare avoir été ëcrit tout entier de la main de .la Fontaine, et par conséquent, pense-t-il, rédigé par lui-même. C'est un accord sous seing privé, en date du lo mars 1659, entre Jacques Jannart, dont il était le fondé de pouvoir, et un vigneron demeurant au village de Chierry'. Nul besoin même d'aller chercher là les preuves de son incontestable sapience. Jusque dans son épître de t66% Au duc de Bouillon^ il a très-doctement mêlé la langue du greffe à celle du Parnasse. Il ne péchait donc point par ignorance des affaires, bien plus insouciant qu'inhabile, et en sachant assez pour se ruiner en fort bon style de praticien. Fréron dit que, voulant faire servir à quelque chose ses voyages annueb à Château-Thierry, « il vendait à chaque voyage quelque portion de son bien, qui se trouva entièrement dissipé ; » il ajoute : « il ne passa jamais de bail de maison, et il ne renouvela jamais celui d'une ferme * » : ce qui est assurément inexact. Mais il est certain qu'il vit de bonne heure sa petite fortune fondre, fragments par fragments, dans ses mains. Il serait peut-être malaisé, même aux experts dans le débrouillement des comptes et contrats, de reconstituer complètement l'histoire de cette mine progressive, à l'aide des lettres de la Fontaine à Jannart et des pièces, nombreuses aujourd'hui encore, qui sont conservées dans les études de Château-Thierry. Nous en avons vu quelques-unes, plus ou moins respectées par le temps et difficiles à déchiffrer. Si nous étions hors d'état d'en tirer grand parti, il nous en est du moins resté Timpression que la Fontaine a été forcé de donner bien du temps à des règlements d'intérêts, grands ou petits, et que la prose signée par lui chez les notaires, si l'on pouvait la retrouver toute, formerait sans doute un plus gros volume que celui de ses poésies, sans avoir le même agrément. Ce que, dans tout

I . Nouvelles awree wèêxiee de Jean de la Fontaine (Paris, Lemerre, 1869, iii-8«>), p. 9a et 93.

a. Dans rarrondissement et le canton de Château-Thierry, à deux kilomètres de cette ville.

SUR LA FONTAINE. ly

eehf Wàkkeomer^ s'aidint des hiaiières de Monmerquë, a éclaira, nous a été utile pour les dëtaîls doDnës tout à l'heure, et suffit à notre curiosité. Il s'y trouve bien assez de chiffres, et nous ne voudrions pas en faire lourdement peser plus encore sur l'aimable mémoire du poéte^ qui, de son vivant, n'en a été que trop accablé. U se peut que les reprodies de négligence et de mauvaise économie, qui lui ont été faits, doivent, en bonne justice, être atténués, comme le veut Walckenaer ^, par les embarras de sa succession et par quelques autres drcoDStances, fâcheuses aussi pour tout autre ; mais il y aurait trop de complaisance à l'absoudre tout à fait, ce que personne n'a tente. S'il eut souvent le sort contraire, il ne laissa pas de se Cure complice de sa malignité.

N'insistons pas, et tirons notre charmant rêveur deT ces lottes antipoétiques contre la mauvaise fortune, comme, de fiût, il s'en tira lui-même, sans avoir eu bescnn d'obtenir la faveur des quatre places à l'hôpital, qu'il songeait, disait-il, à s'assurer pour lui, sa femme, son fils et son frère *. Dans son travail, ou, disons comme lui, dans les amusements de sa pa* resse, il aurait dû trouver un trésor ; mais les plus belles poésies, en ce temps-là, n'enrichissaient pas beaucoup ; et il parait avoir, beaucoup moins que ses libraires, tiré profit des siennes. Elles lui donnèrent du moins, en tout temps, des protecteurs ; mieux encore, des amitiés qui veillèrent sur lui.

A répoque que ce récit n'a pas encore dépassée, c'était à Reims surtout qu'il rencontrait une agréable distraction à ses odieuses affaires, quoiqu'elles l'y poursuivissent bien un peu, et que Maucroix dut prendre sa part des soins qu'elles réclamaient. Un séjour chez cet ami dans l'hiver de i656, et ce ne peut avcnr été le premier', est consuté par ses lettres à Jannart. il est certain que les deux camarades, le chanoine et notre poète, ne passèrent pas là tout leur temps à rédiger des contrats de vente ou bien des obligations qu'ils envoyaient au

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