VI
Ici, c'est la fable de la louve; et le premier chef des maîtres du monde n'est encore qu'un malheureux enfant, abandonné sans secours et sans pitié.
Fecerat et viridi fetam inavortls in antro Procubuisse lupam : yeminos liuic ubera circuni Ludere pendentes pueros, et lambere matrera Impavidos: illam tereti cervice reflexam Mulcere alternos, et corpora fingere lingua. VIII , 63o.
A côté de son fondateur, c'est Rome, aussi dans son enfance : mais le poëte nous la représente assistant à des jeux, afin de nous offrir, dans le même tableau, et son extrême pénurie d'habitants, et la manière dont elle accrut subitement sa population.
Née procul hinc Roraam, et raptas sine more Sabinas Consessu caveœ, magnis Circensibus actis, Addideraf.
Ibid. , 63.=).
Ce n'est pas sans motif, que Virj^ile passe ici sous silence la circonstance de l asile , ouvert par Ronmlus aux malfaiteurs. Notre poëte étoit trop habile, pour rattacher ainsi l'orijjine des premières familles de Rome à un ramas de brigands et d'assassins. Que de compliments il eût été forcé de retrancher de sou poëme! En sa qualité de poëte satirique, Juvénaly
fait bien moins de cérémonies ; et voici comment il apostrophe un patricien sans mérite, mais fort infatué de celui de ses ancêtres.
Et tamen, ut longe répétas, longeque revolvas Nomen, ab infami gentem deducis Asylo : Majorum primus, quisquis fuit ille, tuorum , Aut pastor fuit, aut illud quod dicere noîo. Sat. \'III, 272.
Que les historiens fassent tout ce qu'ils peuvent pour pallier cette étrange origine; leur devoir est de ne rien déguiser : mais le poëte a pu sans inconvénient négliger une pareille circonstance. Je ne dois cependant pas dissimuler que dans un autre endroit du poëme (VIII, v. 342 ), il est question de cet asile:
Hinc lucum iiigentein , quem Romulus acer Asyluui Rettulit.
Mais c'est dans une nomenclature purement topographique, où Virgile n'est tenu d'entrer, et n'entre en effet dans aucun détail.
Quant à l'enlèvement des Sabines, c'étoit un fait trop constant, trop matériel, si je peux m'exprimer ainsi; ses conséquences avoient été trop importantes, pour ne pas trouver place ici. La première fournit au poëte le tableau suivant :
Subitoque novum consurgere ix'Uum Romulidis, Tatioque seni, Curibusque severis.
Ibid., 6;-;7.
Deny s d'Halicarnasse, qui suppose et prête un motif secret à tous les événements, trouve dans celui-ci le
AUX NOTES DU f.IV. VIII. 517
résultat d\iu profond calcul politique; et Ton est volontiers de son avis, pour peu que Ton considère les hcineux effets qu'il produisit. Il étoit bien probable qu'un pareil affront seroit d'abord vivement senti, mais que ce premier moment une fois passé , les intérêts de famille prendroient bientôt la place de la colère et du ressentiment. Mais, je 1 avoue, j'aime mieux ne voir ici qu'une suite naturelle d'événements, amenés par un accident, que les résultats d'une politique beaucoup trop raffinée pour un siècle encore si grossier. C'est sous ce point de vue que j'ai toujours considéré l'histoire de Denys ; c'est-à-dire comme un beau roman politique. Quoique fondée sur la vérité, ou du moins sur ce qui est reçu comme vrai, elle semble néanmoins, comme la Cyropédie de Xénophon, écrite plutôt pour instruire la postérité, que pour lui offrir le récit d'événements réellement arrivés. Machiavel a pris, dans ses Dîscows sur la première décade de Tite- Live , un bien meilleur moyen pour rendre utile la lecture de l'histoire romaine. Il a tiré des règles générales de politique des fautes, comme des sages opérations de ce gouvernement; et il a rendu justice à sa supériorité, sans se croire obligé pour cela de voir un Lycurgue dans chacun de ses membres.
Le poëte arrive ensuite à la conclusion de cette même guerre, et nous montre les deux peuples contractant une alliance, qui devient une époque remarquable dans riiistoire romaine.
Post idem, inter se posifo ccrtamine, reges Ârmati Jovis ante aras, paterasque tenentes Stabant: et caesa juii(i;ebaiit fa-dera porca. Ibid. , 639.
Aux formules , alors usitées en pareil cas , succède le supplice de rinfraction aux traités.
Le régne pacifique de Numa avoit été déjà annoncé (VI, 809):
Quis procul ille autem, raniis insignis olivae, etc.
et son influence religieuse est suffisamment indiquée par les mots sacra ferens. Le caractère guerrier de Tullus s'y annonce également; mais la circonstance du supplice de Métius avoit été judicieusement écartée, et renvoyée à une autre place :
Haud procul inde citre Metium in diversa quadrigae Distulerant (at tu dictis, Albane, maileres) Raptabatque vlri mendacis viscera Tullus Per silvam, et sparsi rorabant sanguine vêpres.
C'étoit encore une période à distinguer dans l'histoire romaine : la réunion des Albains et des Romains en un seul et même corps de peuple.
Ancus Martius et Tarquin TAncien figurent assez dans le sixième livre, pour que Vii'gile n'en fît aucune mention dans le huitième. Mais comment la catastrophe de Servius Tullius , à qui Rome étoit redevable de ses meilleures institutions , a-t-elle été omise dans l'un et l'autre endroit de FÉnéide? Strada, dans son Momus, reproche à Virgile cette espèce d'ouhli, et ne cherche pas à Ten justifier. Les commentateurs en donnent pour raison la bassesse même de l'extraction de Servius. Je l'avouerai : ce n'est pas sans peine que je me rends à cette raison, et je pense que Virgile en eut aussi aisément que moi trouvé une meilleure. Quoi-
que esclave par le sort des armes, la mère de Tullius étoit née princesse; et les grandes qualités de ce prince le mettoient certes de niveau avec le rang qu'il occupa si dignement.
Ancilla natus traljeam et (Uadema Quiriui , Et fasces meruit, etr.
JuvEN. , sai. VIII.
Mais il étoit apparemment convenu de ne point faire mention de lui; car Horace garde le même silence à son égard , dans la belle ode xii du livre premier, où le poëte passe en revue tous les grands personnages de Rome. Il fait cependant à Tullius Thonneur de le nommer dans une de ses satires, et reconnoît en lui un bon prince, quoiqu'il fut né bien loin du trône :
Ante potestateni Tulli atque ijjnobile regnum, etc.
Tarquin le superbe, qui lui Succéda , est cité dans le sixième et dans le huitième livre, seulement par son nom, la première fois, et conjointement avec Taiquin TAncien :
Vis, et Tarquinios rcges, etc.
Mais il joue ici, et avec raison, im rôle plus important. Ce n'est certes pas pour ses qualités personnelles; mais ses vices mêmes donnèrent lieu au développement des plus grandes vertus; et c'est à lui que Rome fut redevable de ses premiers héros. Ce n'est point Tarquin , ce sont ses adversaires que le poëte célèbre ; et c'est en ce sens qu'il faut entendre le superbos Tarquini fasces d'Horace, quequelcjues commentateurs rapportent à Tarquin 1 Au( ien, qui s'occupa en effet beaucoup de
relever la dignité royale, par l'appareil imposant de la représentation. Mais , considéré sous le point de vue que je présente, Tensemble de la strophe indiquée offrira le plus beau contraste.
Roiiiuluni post hos prius, an quietum Pompili regnum memorem, an superbos Tarquini fasces, dubito, an Catonis Nobile letuni.
Mais revenons à Virgile. Le tyran vient d'être banni, et le poëte nous décrit la guerre qui fut la conséquence immédiate de ce bannissement.
Nec non Tarquinium ejectum Porsenna jubebat Accipere, ingentique urbeni obsidione premebat.
Il n'y a pas lieu de s'étonner qu'il ne s'arrête point ici sur les crimes de Tarquin: son objet n'est pas de peindre le vice, mais de mettre les belles actions dans leur plus beau jour. C'est ainsi que dans le tableau de Métius, Virgile nou^ montre plutôt le juste ressentiment de Tullus, que la perfidie du traître. Ce seul mot ejectum ne suffisoit-il pas d'ailleurs pour rappeler au lecteur romain tout ce qui avoit provoqué l'expulsion des Tarquins? A ce seul mot, l'assassinat de Servius, l'outrage fait à Lucrèce, se représentent à notre souvenir;, et il est peu de descriptions, dans le cours du poëme, qui ne se rattachent à une foule de circonstances qu'elles n'expriment pas, mais qu'elles réveillent nécessairement dans l'esprit des lecteurs. Toute l'énergie de la liberté naissante respire dans le vers suivant :
^neadae in ferrum pro libertate ruebant.
Lucain n'eût pas manqué de profiter de Toccasion, pour se perdre dans une longue suite de vers déclamatoires: un seul a suffi à Virgile, pour nous montrer Fesprit qui animoit alors les Romains, et l'énergie du courage qu'ils opposent à \ insolent jubebat de Porsenna. Il nous le peint ensuite indigné de la résistance qu'il éprouve, et menaçant de sa colère cette même vertu qui troubloit le rêve de sa toute-puissance.
Illum indignant! similem, similemque minanti Adspiceres, etc.
Cette période de l'histoire romaine étoit trop importante, trop remarquable, pour échapper au pinceau de Virgile, puisqu'elle opéra, dans le gouvernement, une révolution aussi complète. Après la défaite du tyran domestique et de son arrogant allié, nous voyons le peuple romain déployer la même bravoure contre im ennerrii étranger, qui se flattoit d'enchaîher ou de conquérir un peuple libre. •
On est généralement a accord, que ce fut moins la valeur de Manlius ou de Camille, que l'or de Rome, qui chassa les Gaulois : mais l'opinion populaire entroit mieux dans les intérêts de la poésie :
In summo custos Tarpeiae Manlius arcis Stabat pro templo, et Gapitolia cclsa tenebat.
Le Capitole étoit déjà sans doute un édifice remarquable, au temps de Manlius, quoique bien loin encore de ce qu'il devint dans la suite, sous Sylla , Vespasien ou Domitien. Cependant Virgile, pour rendre le contraste encore plus frappant, se plaît à nous rappeler ici le chaume de Romulus :
Romuleoquc recens liorrebat regia culmo.
T. V. ÉNÉIOE. m. 21
Fidèle à son plan, qui étoit, comme je Tai déjà fait observer, d'opposer sans cesse les foibles et obscurs commencements de Rome, â son état actuel de force et de splendeur, le poëte se montre si jaloux de ne rien omettre de ce qui appartient aux antiquités historiques , qu'il n'oublie pas même les oies dont les cris jetèrent l'alarme parmi les sentinelles du Capitole.
Atque hic auratis volitans argenteus anser ♦ Porticibus, Gallos in limine adesse canebat. '♦ ^
• • VIII, 655. f
Tout ce qui suit est revêtu des couleurs les plus poétiques, sans altérer néanmoins la fidélité de Thistoire; le costume des Gaulois, leur teint, leurs armes, tout est rendu avec la plus scrupuleuse fidélité.
Galli per dumos aderant, arcemque tehebant, , • * Defensi tenebris, et dono noctis opacse, ' • ? . .^
Aurea caesaries illis atque aui'ea vestis : Virgatis lucent saffulis : tuniîactfea colla Auro innectuntur : duo quisque alpina coruscant Gœsa manu , scutis protecti corpoi-a longis. Ibid, 657.
Voilà le dernier trait historique, retracé sur le bouclier, jusqu'à la bataille d'Actium. De l'époque de Tarquin à celle de Manlius, plus d'un héros avoit paru sur la scène; un plus grand nombre y avoit figuré depuis Manlius jusqu'à César-Auguste, et Virgile n'en fait aucune mention. Mais , en nous reportant au sixième livre, nous les retrouverons pour la plupart, présentés sous leurs propres noms, ou clairement désignés par leurs actions.
AUX NOTpS pu LIV VIH.
Passons maintenant à l'examen de ce que le poëte paroît s'être proposé dans cette description.
Le docteur Warburtou a tiré de la descente d'Enée aux enfers, et de plusieurs autres endroits du poëme, un assez grand nombre de preuves du but politique de Virgile dans son Enéide. L'épisode qui nous occupe en ce moment suffiroit, ce me semble, pour confirmer l'opinion de notre savant. Pour peu que nous nous rappelions le petit nombre de faits bistoriquos qui viennent de passer sous nos yeux, nous y trouverons un traité conclu avec la pJus grande solennité; et l'infraction d'un autre punie de la manière la plus terrible. Nous avons également vu l'énergie de la liberté se déployer avec la même vigueur contre le tyran domestique, et contre l'ennemi du dehors. Ce n'est point sous le rapport de leurs qualités personnelles, c'est sous celui des services rendus à l'état, que les béros romains sont cités : les dissensions intestines , si souvent renouvelées entre les pati'iciens et les plébéiens, ne sont pas môme indiquées ici, ni dans aucun autre endroit du poëme. Mais une preuve bien plus forte encore, en faveur de Warburton , c^est que cette esquisse politique eût semblé incomplète à Virgile, sans le sceau religieux qu'il a cru devoir lui imprimer, en supposant les èages institutions de Numa inspirées par le ciel.
Rome est à peine délivrée de la terreur des Gaulois , que des cérémonies religieuses expriment sa reconnoissance envers les dieux :
Hic exsultantis Salios, midosque Lupercos, lianifferosqùe apices, et lapsa anoilia cœlo l'.xtiidcrat.
vni . f;(i.
Les vers suivants ne sembleroient guère, au premier coup d'œil, qu'une simple formule de politesse, un compliment adressé aux dames romaines :
Castae ducebant sacra per urbem Pilentis matres in mollibus.
Mais il faut remarquer avec quelle adresse le compliment déguise ici la leçon que le poëte donne aux femmes , de respecter la religion de Tétat , et d'en observer fidèlement les pratiques extérieures : voilà son véritable objet. Ce n'est pas sans intention non plus qu'il les honore de l'épithète castœ: c'est pour leur persuader que la profanation du lien conjugal est le plus grand fléau qui puisse affliger la société ; et que le plus sûr présage de la ruine d'un état, est le mépris, ou même la négligence de ce premier de tous les devoirs. Horace le dit expressément :
Fœcunda culpse ssecula nuptlas Inquinavere , et genus et domos :
Hoc fonte derivata clades
In patriam populosque fluxit.
Si la religion est la condition nécessaire de l'existence politique d'un état, il n'est pas moins indispensable que cette religion trouve un appui dans la doctrine d'une vie future, et dans celle des peines ou des récompenses après la mort : aussi notre poëte législateur a-t-il son enfer pour les mauvais citoyens , son Elysée pom' les bons.
'• Hinc procul addit
Tartareas etiam sedes, alla ostia Dilis:
^ Et scelenim pœnas, etc.
Secretosqye pios, his dantem jura Catonem.
Mais quel motif pouvoit avoir Virgile de replacer ici le Tartare et FÉlysée, après avoir consacré un livre tout entier à leur description? Il faut observer ici quels sont les personnages qu'il choisit, comme les plus propres à nous donner une idée juste des peines et des récompenses méritées dans une autre vie : c'est Catilina et le dernier Caton. Catilina, le plus fougueux conspirateur qui ait jamais médite la ruine de sa patrie; Caton, le plus pur, le plus illustre modèle que l'on puisse offrir au patriotisme : en un mot, le plus infâme, et le plus respectable des hommes.
Parler de Catilina, dont Jules-César passoit pour avoir partagé les coupables desseins, et en parler dans un ouvrage évidemment écrit sous l'influence et la protection d'Auguste, étoit peut-être la manière la plus franche de réfuter cette calomnie. Quant à Caton , les commentateurs ne s'accordent pas sur celui des deux auquel s'adresse ici le compliment. Mais si le but du poète a été celui que je lui suppose, il n'y a pas lieu à balancer un moment. Il n'y avoit rien d'injurieux pour la famille des Jules, dans l'éloge accordé à la fermeté héroïque de Caton : eux-mêmes convenoient alors qu'il ne s'étoit trompé que dans l'application , et qu'il n'avoit erré que par excès de vertu. Voici ù-peu-près le langage de ceux qui vouloient flatter le nouvel ordre de choses : la corruption des mœurs, disoient-ils , et l'animosité des esprits avoient amené la république au point de ne plus pouvoir se passer de maître, et César étoit celui de tous qu'elle pouvoit le plus convenable
ment recevoir. Le docteur Middleton a établi une rogénieuse comparaison entre Caton , Cieéron et Atticus : il prétend que la sévérité des principe^ du premier n'étoit point en harmonie avec son siècle, ne convenoit nullement à ses contemporains; et je ne puis m'empêcher de croire que Virgile ait eu la même idée, d'après la place qu'il donne au sage d'Utique dans son Elysée. Ses principes en effet, quoique fondés sur la justice et la vertu , quoique bien dignes de Féloge qu'il en fait, sembloient plus propres à un peuple de philosophes, plus faits pour les citoyens de Platon, que pour les descendants dégénérés de Romulus. Quelques commentateurs ineptes n'ont vu qu'une ironie dans le piis dantemjura Catonem: ^e n'y trouve qu'une justice d'autant plus sincèrement rendue, que le poète ne se permet pas même une réflexion sur le tyran auquel Caton opposa une si belle résistance.
J'avoue que , considéi'és en eux-mêmes , ces mois his dantem jura Catonem, peuvent également s'appliquer aux lois sévères du censeur; mais j'aime mieux les rapporter au derhier Caton, et j'en ai donné les motifs. Je dois ajouter aussi que les raisons alléguées contre l'inconvenance de citer honorablement Caton ici, seroient bien plus fortes encore s'il s'agissoit de Pompée : et cependant nous le trouvons cité, et avec Jules-César lui-même, dans le sixième hvre :
Illae autem, paribus quas fulgere cernis in armis, Concordes anima; nunc, etc.
Si Ton objecte que Pompée ne combattoit que pour lui et pour sa faction, tandis que Caton ne voyoit réellement que la patrie; et qu'un vrai patriote étoit un en-
nemi bien autrement dangereux pour César, qu'un citoyen c'quivoque : je répéterai ce que j'ai déjà dit, que la vertu de Caton avoit mal choisi son temps. Concluons : jamais ces mots si mémorables, Catonis nobile letum, n'eussent figuré dans une ode d'Horace, si le poëte courtisan avoit cru faire, en s'exp rimant ainsi, quelque chose de désagréable pour son patron.
"Il, ne nous reste plus que la bataille d'Actium, ce terrible et dernier choc, qui décida de l'empire du monde. C'étoit l'objet principal du poëte; c'est aussi celui sur lequel il s'est le plus étendu. Il s'est piqué, dans les autres descriptions, d'une concision telle, qu'il m'a laissé le soin de les développer. Il se proposoit sur-tout, comme je crois l'avoir prouvé, de poser d'abord les fondements de l'empire romain , et de laisser Auguste maître de l'univers. Heureusement pour le poëte, son maître pouvoit n'être considéré, dans cette lutte décisive, que comme le vengeur t^e Rome et de la liberté, contre un citoyen rebelle, aidé d'une force étrangère. Virgile a profité habilement de cette heureuse réunion de circonstances , pour introduire le sénat et le peuple, les déités tutélaires des grands et des petits intérêts, unissant leurs vœux communs pour le succès de l'entreprise d'Auguste. 11 nous représente son héros , environné de ce concours de divinités ; c'est Apollon lui-même, et Auguste aimoit à se reconnoitre dans cet emblème.
llinc Augustus agcus Ilalos iu pia>lia ,(Jœsar, Cum patribus, populoque, penatibus et magnis Dis Stans celsa in puppi : geiniiias (.'ui teiiipora fTamnias La'ta vomunt, patriuinqur aperitiir vortire si<Uis.