‹ Œuvres de J. Delille (volume 3)Chapitre 3 sur 36 · V. Gaf · texte numérisé non relu

V. Gaf

Pulverulentus equis furit : omnes anna requirunt. Pars levés clypeos el spicula lucida tergunt Arvina pingui, subiguntque in cote secures: Signaque ferre ju vat, sonitusque'ajudire tubaruni.

Quinque adeo magnae positis incudibus urbes Tela novant, Atina potens, Tiburque superbuni, Ardea, Crustunierique , et turrigerae Antemnae. Tegmina tuta cavant capitum, flectuntque salignas TJmbonum crates ; alii thoracas ahenos, Aut levés ocreas lento ducunt argento.

Vomeris hue et falcis honos, liuc onmis aratri Cessit amor; recoquunt patrios fornacibus enses. Glassica jainque sonant : it bello tessera signum. Hie galeam tectis trepidus rapit; ille frementes Ad juga cogit e(|uos, cly|)eunique auroque triliceni Loricam induitur, fidoque adcingitur ense.

lia des fiers escadrons le rapide tonnerre

Sous des coursiers poudreux fait résonner la terre.

Chacun hâte à fenvi son appareil guerrier;

L'un dérouille son dard, fautre son bouclier,

f/autre déploie au vent une enseigne flottante,

L'autre embouche déjà la trompette éclatante.

Cinq cités à-la-fois sous les pesants marteaux

Font ifelfcentir Téndume et dompfent les métaux :

Toutes forgent les dards, instruments de ruine.

Le superbe Tibur et la puissante Atine,

Ardée et Criistumère, Antemne aux longues tours.

De Vulçain pour Bellone empruntent le secours.

pn emmanche les dards , on aiguise les haches ;

Là les casques creusés attendent les panaches;

Plus loin en bouclier le saule s'arrondit;

Là sur de longs cuissards l'argent pur resplendit ;

Ici l'airain brillant recouvre une cuirasse ;

IjC soc perd ses honneurs, le glaive le remplace :

Adieu, Cérès, adieu tes paisibles travaux.

Pour les moissons de Mars on recourbe la faux ;

Chacun rend alix fourneaux le glaive de ses pères,

Heureusement rouillé dans des jours plus prospères.

Tous sont prêts à partir; de leurs chefs différents

Déjà l'ordre est écrit et court dans tous les rangs.

Enfin le clairon sonne. Aussitôt on s'élance ;

L'un a saisi son casque, et l'autre prend sa lance;

Ti'un attelle à son char ses superbes coursiers :

Déjà brillent sur eux leurs riches baudriers.

Leur cotte à mailles d'or, et la gaine éclatante

Où repose Tépée à Icin- coté pendante. .

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Pandite nunc Helicona, Deae, cantusque inovete(") ; Qui bello exciti regcs, quae quemque secutae Goniplerint canipos acies ; quibus Itala jam turn Floiuerit terra alma viris; quibus aiseiit arniis. Et meministis enim , Divae , et nieniorare potestis : Ad nos vix tenuis faniae perlabitur aura.

Primus init bellum Tyrrhenis asper ab oris Gontemptor divum Mezentius, agminaque armat. Filius buic juxta Lausus, quo pulchrior alter Non fuit, excepto Lauren tis corpore Turni. Lausus, equuni domitor, debellatorque^ ferarum , Ducit x\gyllina nequidquam ex urbe secutos Mille viros; dignus, patriis qui laetior esset Imperiis, et oui pater baud Mezentius esset!

Post hos insignem palma per gramina curruni Victoresque ostentat equos satus Hercule pulchro Pulcber Aventinus , clypeoque, insigne paternum, Centum angues, cinctamque gerit serpen tibus bydram; Gollis Aventini silva quem Pdiea sacerdos Furtivum partu sub luminis edidit oras, Mixta deo mulier, postquam Laurentia victor, Geryone exstincto, Tiryntbius adtigit arva, Tyrrhenoque boves in flumine lavit Iberas.

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( ) Muses ! ouvrez-moi les fastes d'Hélicon; Uo chaque roi ligué redites-moi le nom , De quel pays l^nueux, sous quels grands capitaines Partirent les'guerriers qui couvrirent ces plaines, Et quels fiers combattants, sous les drapeaux latins, D'avance à Tunivers anuonçoient les Romains. A peine un loible bruit en transmit la mémoire ; Vous, pour qui rien n'est vieux, retracez-m'en Thistoire.

»Le contempteur des dieux, l'exemple des tyrans, Mézence, le premier, conduit ses fiers Toscans; Sous lui marche son fils, Lausus, dont le jeune âge Sur les hptes des bois essaya son poiurage; Lausus,' savant dans Fart de dompter les coursiers ; Lausus, après Turnus, le plus beau des guerriers, Digne d'un meilleur roi , digne d'un meilleur père ! Il cherche dans les camps un destin plus prospère : Mille fiers Agyllins ont volé sûr ses pas. Vain secours ! leur valeur ne le sauvera pas.

Après eux s'avançoit le fils du grand Alcide, Le bel Aventinus, qui, de son char rapide, Guidant les beaux coursiers ^cent fois victorieux. Leur promet des lauriers eucor plus glorieux. Quand le dieu de Tirynthe, illustrant son courage, Du triple Géryon eut terrassé la rage.

Et vint baigner, pour prix de ses faits triomphants, Ses taureaux d'Ibérie au fleuve des Toscans, Unie avec ce dieu, Rhéa, simple mortelle, (jonçut sur TAventin cet enfant beau comme elle. Cent serpents, sur son casque enlaçant leurs replis, Du fier vainqueur de l'hydre ont annoncé le fils.

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Pila manu saevosque gerunt in bella dolones , Et tereti pugnant mucrone, veruque Sabello. Ipse pedes tegunien torquens inniane leonis, Tcrribili inpexum saeta, cuni dentibus albis, Indutus capiti , sic regia tecta subibat Horridus, Herculeoque hunieros innexus amictu.

Turn gemini fratres Tiburtia niœnia linquunt, Fratris Tiburti dictani cognomine genteni, Gatillusque, acerque Coras, Argiva juventus; Et priniani ante acieni densa inter tela feruntur; Geu duo nubigenae quuni vertice mentis ab alto Descendunt Gentauri, Homolen Othrymque nivaleni Linquentes cursu rapide : dat euntibus ingens Silva locum, et magno cedunt virgulta fragore.

Nec Prœnestinae fundator defuit urbis, Vulcano genitum pecora inter agrestia regeni, Inventumque focis, omnis quem credidit aetas, Gaeculus. Hune legio late comitatur agrestis; Quique altum Praeneste viri, quique arva Gabinœ Junonis, gelidumque Anienem, et roscida rivis Hernica saxa colunt; quos, dives Anagnia, pascis; Quos, Amasene pater. Non illis omnibus arma, Nec clypei currusve sonant : pars maxima glandes Liventis plumbi spargit; pars spicula gestat

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Un bois creusé lançant le poignard qu'il recélf , Un javelot sabin, leur armure fidèle, Distinguent ses soldats. Au premier rang placé, Des poils d'un lier lion son front est hérissé; Et du monstre, en deux rangs^la gueule menaçante Étale de ses dents la blancheur eff^'ayante. Dans cette potnpe horrible il arrive au palais. Et sous rhabit d'Hercule il en offre les traits.

Puis vient l'ardent Coras, et Catillus son frère : Nés à Tibur, Argos a vu naître leur père; Tibur reçut son nom d'un prince de leur sang. Tous deux suivis des leurs marchent au premier rang : Tels, d'Homole ou d'Othrys quittant les rocs sauvages, Deux centaures altiers , fiers enfants des nuages, Foulent aux pieds la neige, et des bois renversés Ecrasent à grand bruit les rameaux fracassés.

Et toi Préneste, aussi, de tes riches frontières Tu vis, fier de grossir ces phalanges guerrières, Partir ton fondateur, qui, parmi les troupeaux. Au trône destiné, naquit dans les hameaux; Cécule, en un foyer trouvé dans son enfance. D'où l'on crut qu'à Vulcain il devoit la naissance. Et Préneste, et Gabie où préside Junon, Anagnia qu'entoure un fertile vallon.

Les monts Herniciens arrosés d'eaux fécondes, Les bords que l'Anio rafraîchit de ses ondes, Et l'Amasène enfin, d'agrestes combattants Pour cet illustre chef ont dépeuplé leurs champs. Tous, ils n'ont pas un char, un pavois, une lance: L un fait voler le plomb qrte la fronde balance ;

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Bina'manu ; fulvosque lupi de pelle galeros Tegmen habent capiti , vestigia nuda sinistri Instituere pedis, criidiis tegit altera pero.

At Messapus equum domitor, Neptunia proles, Queni neque fas igni cuiquani nee sternere ferro, Jam pi idem resides poj^ulos, desuetaque bello Agmina in arma vocat subito, ferrunique rétractât.

Hi Fescenninas acies, iEquosque Faliscos;

Hi Soractis habent arces, Flaviniaque arva ,

Et Gimini cum monte lacum, lucosque Gapenos.

Ibant aequati numéro, regemque canebant.

Geu quondam nivei liquida inter nubila cycni Quum sese e pastu referunt, et longa canoros Dant per colla modos; sonat amnis, et Asia longe Puisa palus.

De deux traits meurtriers d'autres arment leurs mains; La dépouille d'un loup les coiffe de ses crins; D'un côté leur pied nu des airs brave l'injure, De l'autre un cuir {jrossier est l'infornie chaussure. Fils du dieu qui commande à l'abîjne des mers, Et savant à dompter les coursiers les plus fiers, Messape, qui ne craint ni le fer ni les flammes, Des peuples dont la paix a refroidi les âmes , Rallume le courage, aiguillonne les cœurs. Et veut goûter encor le plaisir des vainqueurs. Ceux qui de Flavinie habitent la campagne. Et ceux qui du Soracte ont peuplé la montagne, Falisque, Fescenriin, célébrés tant de fois, L'un pour ses chants d'hvmen, et l'autre pour ses lois. Et les Ciminiens, dont la troupe aguerrie » ^

Quitte à l'envi le mont, le lac de leur patrie. Et ceux qui de Capène habitent les forêts , D'un monarque invincible innombrables sujets, Dans un ordre guerrier alignant leurs phalanges, Marchoient, suivant ses pas et chantant ses louanges. A leurs chants, on croiroit entendre dans les cieux De cygnes argentés un chœur mélodieux.

Qui, revenus le soir de leurs verts pâturages , Va, glissant doucement à travers les nuages. Ont quitté le Caïstre, ou les roseaux fangeux Qui bordent d'Asia les flots marécageux, Et du son de leur voix et du bruit de leurs ailes De loin font retentir les rives paternelles. A leur nombre on croit voir, non des rangs de soldats Sous leurs armes d'airain s'avançant à grands pas,

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Ncc qûisquam œratas acîes ex agmine tanto Misceri pûtct; cteriamsed gurgite ab alto Trgeri volucruni rautanim ad litora nubeni.

Ecce, Sabinoium piisco de sanguine, magnum Agnien agens Glausus, magnique ipse agminis instar, Claudia nunc a quo diffunditur et tribus et gens Per Latium, postquam in partem data Roma Sabinis.

Cna ingens Amiterna cohors, priscique Quirites, Ereti manus omnis, olivifcraeque Mutuscse; Qui Nomentum urbem, qui rosea rura Velini, Qui Tetricae borrentes ru pes, montemque Severum, Gasperiamque colunt, Forulosque, et flumen Himellae; Qui Tbybrim Fabarimque bibunt , quos frigida misit Nursia , et Hortinœ classes, populique Latini ; Quosque sccans infaustum interluit Allia nomen: (^uam niulti Libyco volvuntur marmore fluctus, Saevus ubi Orion hibernis conditur undis;

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Mais ces essaims ailés, enfants des eaux profondes, Qui, de la haute mer a])andonnant les ondes, S'élancent dans les airs en bruyants tourbillons , Obscurcissent les cieux de leurs noirs bataillons'. Et, poussant vers la terre im cri rauque et sauvajje. Comme un nua(;e épais vont s'abattre au riva{je.

Voyez le noble auteur d'un nom cher aux Rouiuiii,-,, Ce Clausus qui, sorti du vieux sang des Sabin>, De leur race guerrière, à vaincre accoutumée, Forme une armée immense, et vaut seul une armée. Depuis que Rome antique en ses jours triomphants Associa son peuple aux droits de ses enfants, Le Tibre voit encor briller du même lustre Et sa tribu nombreuse et sa famille illustre : Sous lui marche Amiterne et ses nombreux essaims. Les Cures, d'où naîtront les Quirites romains; Érétum, Mutusca, dont le peuple héroïque Quitte pour le laurier son arbre pacifique; Ceux dont le Vélino baigne les champs heureux, Ceux qui de Tétrica peuplent les rocs affreux; Ceux qui bordent l'Himelle, ou qu'éleva Nomeute , Que nourrit Caspérie, ou que Forule enfante , Ceux qui boivent le Tibre et le clair Fabaris , Et des froids Nursiens les soldats aguerris; Les bataillons d'Horta, les bandes valeureuses Qu'enfermoient des Latins les cités populeuses , Et ceux que de ses flots, fameux par nos destins. Sépare l'Alha , nom fatal aux Romains.

Leur nombre égale aux yeux les vagues que soulève L'orageux Orion quand sa course s'achève.

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Vel quum sole novo densae torrentur aristae , Aut Hermi campo, aut Lyciae flaventibus arvis. Scuta sonant, pulsuque pedum conterrita tellus.

Hinc Aganieninonius, Trojani noniinis hostis, Curru jungit Halesus equos, Turnoque féroces Mille rapit populos ; vertunt felicia Baccho Massica qui rastris, et quos de collibus altis Aurunci niisere patres, Sidicinaque juxta iEquora, quique Gales linquunt, aninisque vadosi Adcola Volturni, pariterque Saticulus asper, Oscorunique nianus. Teretes sunt aclydes illis Tela, sed haec lento nios est aptare flagello ; Laevas caetra tegit; falcati cominus enses.

Nee tu carniinibus nostris indictus abibis, OEbale , quern générasse Telon Sebethide nynipba , Fertur, Teleboum Gapreas quum regna teneret Jam senior ; patriis sed non et fdius arvis Gontentus, late jam tum ditionc premebat Sarrastis populos, et quae rigat aequora Sarnus, Quique Ruf'ras , Batulumque tenent , atque arva Gelennae, Et quos raalil'erae despectant mœnia Abellae:

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Les épis lyciens du soleil colorés, Et ceux que voit mûrir THennus aux flots dorés : Leurs pas, leurs boucliers retentissent ensemble; L'air au loin en fréinit, et la campagne tremble.

Puis vole sur son char un tils d'Agamemnon, Halésus, qui de Troie abhorre encor le nom. Sur ses pas ont couru cent peuples redoutables, Ceux dont Massique emplit les coupes délectables , Massique, à qui Bacchus prodigue ses bienfaits; fi'Auronce descendu de ses rudes sommets. Le Sidicin des mers bordant Thumide plage, Ceux qu'envoya Calés, ceux que sur son rivage Rassemble le Vulturne aux courants sablonneux, Et l'âpre Saticule, et les Osques nombreux, Dont le long fouet, sifflant dans leur main intrépide. De loin à l'ennemi lance un trait plus rapide ; Leur bras d'un cuir durci se fait un bouclier, Leur glaive offre de près son croissant meurtrier.

Toi-même, illustre chef d'une ligue fatale. Toi-même dans mes vers tu revivras, OEbale; OEbale qu'ont produit, pour l'honneur de leur nom, La nymphe Sébéthis et le vieux roi Télon , Quand des Téléboëns la colonie obscure Dans Caprée enfermoit sa puissance future : Mais au fils du héros ce roc ne suffit pas; Bientôt il réunit à ses naissants états Les Sarrastes, les bords où le Sarne circule, Les peuples de Rufras, les enfants de Batule , Les tribus de Célène, et les plants fructueux Dont Abelle a couvert son terrain montueux.

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Teutonico ritu solid torquere cateias ; Tegmina quels capltum raptus de siibere cortex , iErataeque iniçant peltae, niicat sereus ensls.

Et te niontosae misère in praella Nersae, " Ufens , insigneni fania et felicibus arniis ; Horrida praecipue cui gens, adsuetaque multo Venatu neniorum, duris /Eqiiicula glebis. Armati terram exercent, seniperque récentes Gonvectare juvat praedas, et vivere rapto.

Quin et Marrubia venit de gen te sacerdos , Fronde super galeani et felici conitus oliva , Archippi regis missu, fortissinius Umbro : Vipereo generi et graviter spirantibus bydris Spargere qui sonmos cantuque nianuque solebat, Mulcebatque iras , et morsus arte levabat. Sed non Dardaniae niedicari cuspidis ictuni Evaluit; neque eum juvere in volnera cantus Somniferi, et Marsis quœsitœ montibus berbae. Te nemus Anguitiae, vitrea te Fncinus unda, Tc Hquidi flevere lacus.

Ibat et Hippolyti proles pulcherrima bello Virbius, insigneni queni mater Aricia misit,

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Aussi bien que leurs lois , ces peuples ont leurs armes, Et leurs bras lont voler au milieu des alarmes Ces pesants javelots lancés par les Teutons : La dépouille du liège enveloppe leurs fronts, L'airain cliarge leurs bras d'une brillante armure. Et des glaives d'airain pendent à leur ceinture.

Et toi, dont la victoire illustra les drapeaux, Brave Ufens, de Nersa tu quittas les coteaux; A tes lois obéit le sauvage Équicole, Chasseur infatigable et soigneux agricole, Hardi déprédateur et soldat indompté; Le soc est dans sa main , le glaive à son côté : Au sortir de ses champs il revole au pillage , Et sa vie inquiète est un long brigandage.

Religieux au temple et terrible aux combats , Dans les champs du carnage Umbro porte ses pas; Lui qui, pontife auguste et guerrier invincible, Au casque belliqueux joint l'olivier paisible; Citoyen de Marrube, Archippe étoit son roi. L'hydre, le fier dragon reconnoissent sa loi : Il sait par ses doux chants conjurer leurs morsures, Assoupir leur colère, et guérir leurs blessures ; Mais ses magiques sons , ses sucs assoupissants , Contre le fer troyen resteront impuissants. Ah! malheureux, quel deuil va couvrir ta patrie ! Le Fucinus limpide , et la sombre Angitie , Les lacs aux flots glacés, et les monts, et les champs, Pleurent encor ta perte, et regrettent tt^s chants.

Comme lui, brave chef d'une brillante élite, Marche aussi Virbius, digne fils d'Hippolvte,

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