‹ Œuvres de J. Delille (volume 3)Chapitre 4 sur 36 · ÎINEIDOS LIB. V^II. v · texte numérisé non relu

ÎINEIDOS LIB. V^II. v

Eductiim Egeriae lucis, hunientia circum Litora, pingiiis ubi et placabilis ara Dianae. Namqueferuntfania Hippolytuiii , postquani artenovercaj Occident, patriasque explerit sanguine pœnas Turbatis distractus equis, ad sidéra rursus iEtheria et superas cœli venisse sub auras, Paeoniis revocatum herbis et amore Dianae.

Turn pater oninipotens, aliqueni indignatus ab umbris Mortaleni infernis ad luniina surgere vitae, Ipse repertorem medicinae talis et artis Fulmine Phœbigenani Stygias detrusit ad undas. At Trivia Hippolytum secretis aima recondit Sedibus , et nympliae Egeriae nemorique relegat ; Solus ubi in silvis Italis ignobilis œvum Exigeret, versoque ubi nomine Virbius esset.

Unde etiam 'JViviae templo lucisque sacratis Gornipedes arcentur equi , quod litore currum Et juvenem monstris pavidi effudere marinis.

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Que des bois d'Ejjérie et de ce riche autel,

Où, Tobjet assidu d'un culte solennel,

La sœur du dieu du jour, pour prix de leurs ollrandes,

De ses adorateurs exauce les demandes,

Aricie, envoya dans les champs de Thonneur.

Victime, nous dit-on, d'un discours suborneur,

Hippolvte périt en proie à la colère

D'une injuste marâtre et d'un crédule père;

Et, ministres fougueux de leurs cruels transports,

Ses chevaux effrénés déchirèrent son corps.

En faveur de Diane et des pleurs d'Aricie,

L'art puissant de Péon le rendit à la vie.

Jupiter, indigné que cet art criminel

Osât aux lois du sort arracher un mortel ,

En plongea l'inventeur dans ce même Cocyte

Dont le fils d'Apollon affranchit Hippolyte ;

Mais Diane cacha l'objet de tant de pleurs

Dans les plus noirs abris de ses bois protecteurs ,

Et la nymphe Lgérie en fut dépositaire.

C'est là que, loin du monde, inconnu, solitaire.

Le héros coule en paix ses jours mystérieux;

Mais, pour tromper l'oreille aussi bien que les yenx.

Appelé Virbius par la belle Egérie ,

Il prit un autre nom avec une autre vie.

Les coursiers cependant sont bannis de ces bois :

Diane se souvient qu'un dragon, autrefois,

Excita leur frayeur à déchirer leur maître.

Nourri comme son père en ce réduit champêtre,

Le nouvel Hippolyte y vécut sans témoins :

Mal instruit par l'exemple, il n'en aime pas moins

Filius ardentes liaud secius seqiiore cam pi Exercebat eqiios, ciirruqiiein bella ruebat.

Ipse inter primos praestanti corpora Turnus Vertitur arma tenens, et toto vertice supra est. Gui triplici crinita juba galea alta Ghimœranî Sustinet, /Etnaîos efflanteni faucibus ignis : Tani niagis ilia Ireniens, et tristibus effera flanimis, Quam niagis effuse crudescunt sanguine pugnse. At leveni clypeuni sublatis cornibus lo Auro insignibat, jam saetis obsita , jam bos, Argunientum ingens, et custos virginis Argus, Gaelataque amnem fundens pater Inachus urna.

Insequitur nimbus peditum , clypeataque totis Agniina densentur campis, Argivaque pubes, Auruncaeque manus, Rutuli, veteresque Sicani, Et Sacranae acies , et picti scuta Labici ; Qui saltus, Tiberine, tuos, sacrumque Numici Litus arant, Rutulosque exercent vomere colles, Gircaeumquc jugum; quels .liippiter Anxiirus arvis

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Ces fougueux animaux; et, désireux de gloire, Son char rase les champs et vole à la victoire.

Turnus, plus beau, plus fier, et plus impétueux, Lève au-dessus d'eux tous un front majestueux : A Teffroi qu'il répand son casque ajoute encore. Tel que TEtna lançant le feu qui le dévore, Sur son cimier, où flotte un panache à trois rangs, La Chimère vomit ses tourbillons brûlants; Et, plus dans le combat s'échauffe le carnage, Plus s'irritent du monstre et les feux et la rage. Sur l'orbe éblouissant de son bouclier d'or L'art présente un tableau plus magnifique encor; C'est la trop belle lo transformée en génisse : Ses poils, son front'crdissant commencent son supplice. Du courroux de Junon rigoui'cux instrument, Argus de ses cent yeux la veille incessamment; Inachus l'aperçoit, et d'un air taciturne Ce père joint ses pleurs aux ondes de son urne. Turnus avec orgueil voit l'auteur de son sang; Impatient, il part, vole de rang en rang.

Des plaines , des vallons , du sommet des montagnes , Ses alliés en foule inondent les campagnes; Les fils de Serranus, les vieux Sicaniens, Les Au ronces fougueux, les jeunes Argiens, Et les Sacraniens dévoués à Cybéle, I jC Labique peignant son armure fidèle; Ceux qui du Numicus peuplent les bords sacrés. Ceux par qui de Circé les monts sont labourés; Et les tribus d'Anxur, où se montre à la terre Sous les traits d'un enfant le maître du tonnerre;

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Praesidet, et viridi gaudens Feronia luco;

Qua Saturae jacet atra palus, gelidusque per imas

Quaerit iter valles atque in mare conditur ITfens.

Hos super advenit Volsca de gen te Camilla , Agmen agens equitum, et florentes aere catervas, Bellatrix : non ilia colo calathisve Minervae Feraineas adsueta manus; sed praelia virgo Dura pati, cursuque pedum praevertere ventos.

Ilia vel intactae segetis per summa volaret Gramina, nee teneras cursu laesisset aristas('^); Vel mare per medium, fluctu suspensa tumenti , Ferret iter, celeres nee tingeret aequore plantas.

Et les bergers voisins du fleuve dont les eaux

De la superbe Rome abreuvent les troupeaux;

Et le Rutule actif, dont le soc se promène

Suj les coteaux ingrats qui forment son domaine;

Ceux ijui de Satura bordent les noirs marais ,

Ceux à qui Féronie en ses vertes forêts

Offre 1 abri sacré de leurs riants ombrages;

Enfin les habitants de ces frais pavsages,

Ovi des humbles vallons TUfens suit les détours,

Et dans les vastes mers va terminer son cours.

Des V^olsques après eux marchoit la reine altière. L'intrépide Camille : une troupe guerrière. Dont les fiers escadrons aux rayons du soleil De leurs armes d'airain font briller l'appareil, Suivoit sur ses coursiers la superbe amazone. Dès Tenfance exercée aux joutes de Bellone, Camille préféroit, amante des combats, La lance belliqueuse aux fuseaux de Pallas, Les travaux de la guerre à des arts plus tranquilles. Moins prompts sont les éclairs , et les vents moins agiles Elle eût, des jeunes blés rasant les verts tapis. Sans plier leur sommet, couru sur les épis; Ou, d'un pas suspendu sur les vagues profondes. De la mer en glissant eût effleuré les ondes; Et, d'un pied plus léger que l'aile des oiseaux, Sans mouiller sa chaussure, eût volé sur les eaux. Son air fier et décent, sa démarche imposante. De son manteau royal la pourpre éblouissante, Sou carquois lycien , l'or en flexibles nœuds Sur son front avec grace attachant ses cheveux,

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Illani omnis tectis agrisque effusa juventus Tiirbaque niiratur matruiii, et prospectât eunteni, Adtonitis inhians animis; ut regius ostro Velet honos levés humeros , ut fibula crinein Auro internectat ; Lyciani ut gerat ipsa pharetrani, Et pastoralein praefixa cuspide myrtum.

Son mvrte armé de fer, qui dans ses mains légères

Fait ressembler sa lance au sceptre des bergères,

Des guerriers, attroupes au faîte des remparts,

Sur elle ont réuni les avides regards :

L'œil étonné se plaît à ses graces hautaines.

Des hameaux d'alentour, des bourgades lointaines,

Tout un peuple empressé, sitôt qu'elle a paru,

Pour fêter son passage en foule est accouru.

Son audace aux Latins promet un sort prospère;

Le jeune homme s'enflamme, et le vieillard espère;

Et la mère, admirant tant d'attraits réunis,

La voudroit pour sa fille, et la montre à son fils.

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T. V. KNKIOE Iir.

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