NUI us
Au reste, notre poète a voit déjà ridiculisé cette manie de préférer en tout les choses les plus rares aux plus belles et aifx plus utiles. On n'a point oublié ces vers charmants :
Je sais que dans Hailem plus d'un triste amateur Ati fond de ses jardins s'enferme avec sa fleur; Pour voir sa renoncule avecl'aube s'éveille, D'une anémone unique admire la merveille , ^ Ou , d'un rival heureux enviant le secret.
Achète au poids de l'or les taches d'un œillet. Laissez-lui sa manie et son amour bizarre : Qu'il possède en jaloux, et jouisse en avare.
Les Jardins, ch. m. .
J. J. Rousseau se moque également {Nouv. Hél., part, iv, lett. xi) "de ces petits curieux, de ces petits fleuristes, qui se pâtnentà l'aspect d'une renoncule , et se prosternent devant des tulipes. "
('^) Est-ce Homère ou Platon? Non, c'est quelque feuillet ' ^ D'un vieu.ï tome échappé du bûcher de Servet.
Servet étoit un médecin ignorant et un pédant opiniâtre, qui s'avisa d'écrire un livre très ennuyeux et fort heureusement devenu très rare, contre le mystère de la Trinité. Ses opinions différoient sur quelques points de celles de Calvin, encore plus opiniâtre et sur-tout plus puissant que lui. Servet, s'étant échappé des prisons de Vienne, fut arrêté à Genève, où son implacable rival fit procéder contre lui avec la barbarie d'un théologien gonflé de fanatisme et d'oi'gueil. A force de tourmenter les juges, d'employer le crédit de ceux qu'il dirigeoit, et de crier que Dieu même demandoit le supplice de cet antitrinitaire , il parvint à le faire brûler vif avec tous ses ouvrages (r553). Ainsi les magistrats de Genève, qui lie reconnoissoient point déjuge infaillible du sens de TÉcriture sainte, condamnèrent au feu Michel Servet, parceque, dans l'interprétation de cette même Écriture, il ne vouloit point adopter l'opinion d'un enthousiaste qui pouvoit se tromper comme lui. Ce qui n'esttpas moins Temarquable, c'est que Calvin fit imprimer
Di: CHANT 111. 195
une apologie de sa conduite, qui fut traduite par CoUadon , l'un des juges de Servet, et qj.i'il y soutient qu'il est juste et nécessaire de faire brûler les liérctiqucs. On voit par-là que les docteurs protestants n'ont pas toujours été les apôtres de la tolérance ; que les synodes ont quelquefois pensé comme l'inquisition ; qu'il ne leur a peut-être manqué qu'un peu plus de pouvoir pour agir souvent comme elle; et que ces actes d'une démence atroce, que les incrédules affectent de reprocher à la religion , quoiqu'elle les condamne plus sévèrement que la philosophie, n'appartiennent exclusivement à aucune église, et ne doivent être imputés qu'à l'esprit barbare des siècles où ils ont été commis.
Comme on fit une perquisition sévère des ouvrages théologiques de Servet, pour les brûler comme lui, ils sont devenus fort rares, et, par cette seule raison sans doute, ils sont très estimés des bibliomanes. Les amateurs d'ouvrages échappés du bûcher ont, pour les gviider dans leurs recherches, un Dictionnaire des livres condamnés^aju feu , en deux volumes in-8°, par M. Peignot. ' • * <> • v •
('') Et l'abondance enfin les dépréciant tous , Comme il eût jeté l'or, il jette ses cailloux:
On lit, dans une lettre fort connue, «que Delille écrivoit d'Athènes à une dame de Paris (voyez la Notice, pag. xix) : « Il faut que je vous conte encore une superstition de mon amour pour l'antiquité. Au moment que je suis entré tout palpitant dans Athènes, ses moindres débris me paroissoient sacrés. Vous connoissez l'histoire de ce sauvage, qui n'avoit jamais vu de pierres ; j'ai fait comme lui : j'ai rempli d'abord les poches de mon habit, ensuite de ma veste, de morceaux de marbre sculptés, et puis, comme le saiivage, j'ai tout jeté, mais avec plus de regret que lui. "
('^) « Laissez , laissez venir ces enfants jusqu'à moi , » Disoit cet homme-dieu dont nous suivons la loi.
Sinite pueros venire ad me, dit le législateur des chrétiens.
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vNO'I t^
Aucune religion connue ne prêche aux hommes une morale aussi douce, aussi pure, aussi touchante que celle de l'évangile. Elle supplée -à toutes les lois humaines pour la protection du foible, et se charge seule de consoler les malheureux. Cette observation, qu'on a faite mille fois, prouve la vérité de celle contenue dans la note 12 ci-dessus.
C^) Dans 1 une tout commence , et dans 1 autre tout cesse.
On contestera peut-être à l'auteur la justesse de ce dernier hémistiche: tout ne cesse point pour le vieillard, tant que la vie circule encore dans ses veines; et sans doute l'iraap^ination doit voir en lui quelque chose qui ne descend pas au tombeau. Mais personne ne sera tenté de donner une fausse interprétation à ce fers, en se rappelant le dithyrambe de Delille sur l'ImmortalUé de tame.
Non , ce n'est point un vain système.
C'est un instinct profond vainement combattu ,
Et sans doute l'Etre suprême ,
Dans nos cœurs le grava lui-même , Pour combattre le vice et servir la vertu.
Dans sa demeure inébranlable.
Assise sur l!éternité , La tranquille Immortalité , Propice au bon et terrible au coupable , Du temps, qui sous ses yeux marche à pas de géant. Défend l'ami de la justice , F,t ravit à l'espoir du vice L'asile horrible du néant.
Oui , vous qui , de l'Olympe usurpant le tonnerre. Des éternelles lois renvprsez les autels,
Lâches oppresseurs de la terre ,
Tremblez , vous êtes immortels !
Et vpus, vous , du malheur victimes passagères , ■ Sur qui veillent d'un Dieu les regards paternels . Voyageurs d'un moment aux terres étrangères . Consolez-vous, vous êtes immortels!
DU CHANT ni. 197
Ke pot'te qui, clans \çs "jours de la plus absurde et Me \a plus honteuse dépravation, défendoit avec tant de noblesse et d'énergie une vérité qui esf la base de la religion et de la morale (voyez la Notice, page xxx, et \eé,Poésies fiKjitives , tome I, page i8i), n'a pas besoin d'être justifif- , quand il dit que tout cesse dans la vieillesse. 11 est évident qu'il ne parle que de l'affoiblissement progressif de toutes nos facultés.
" C'') Je sors, j'erre à pas lents sur celte lave immense. Triste, inhospitalière*, et calcule eusilence Les temps, les temps Ixiutaius où la stérilité Rendra ce sol aride à la fertilité.
Les laves du mont Etna deviennent régulièrement, par le progrès des années, les champs les plus fertiles de la teri'e. Mais combien faut- il de siècles pour leur donner cette excessive fécondité, puisque après deux mille ans, elles ne sont encore, en plusieurs endroits, que des rochers arides! Il y a jîrès de Catane xin espace très considérable, dont le sol n'est qu'une lave profonde, à peine couverte de quelques végétaux clair-semés, et sur laquelle il est impossible de cultiver la vigne ou le blé. Cependant le chanoine Recupero, qui a écrit une histoire de l'Etna, rapporte, d'après Diodore de Sicile, que cetfe lave ^t sortie du cratère dans une éruption du volcan, qui eut lieu pendant la seconde guerre punique. La ville de Taorinina envoyoit un détachement au secours de Syracuse, assiégée par les Roma,ins : les soldats furent arrêtés dans leur marche par ce courant de lave, qui avoit déjà gagné la mer avant leur arrivée au pied de la montagne, et qui, leur coupant le passage, les obligea de retourner par la croupe de l'Etna, l'espace de plus de cent nulles. Ce fait est prouvé par les inscriptions tirées de quelques monuments romain^ qu'on a trouvés sur cette lave, et confirmé par le témoignage des anciens auteurs siciliens. Il en résulte, en jugeant pal| analogie, que
les parties du territoire de Gatane, qui ne sont qu'une lave fertilisée, supposent des éruptions d'une antiquité prodigieuse , dont il est difficile de concilier les dates avec la chronologie sacrée. Un voyageur anglais (Brydone, Voyage en Sicile et à Malte) assure que le chanoine orthodoxe étoit fort embarrassé de ce raisonnement ; que Moïse le cliagri-, noit beaucoup et ralentissoit son ardeur à écrire l'histoire de l'Etna ; et qu'U ne pouvoit pas se persuader que sa montagne fût aussi récente que la création du monde. Ce n'est pas ici le lieu de s'occuper des scrupules du chanoine Recupero, dont les doutes ont été facilement éclaircis et les objections victorieusement réfutées.
('7) Viens donc, viens, charme heureux des arts et des amours: Je te chantai deux fois , inspire-moi toujours.
Une dame, distinguée par la tournure originale et brillante de son esprit, a presque fait un système de l'influence de la mélancolie dans la littérature et dans les beaux-arts. Elle assure d'abord qu'il n'y a rien de grand et de philosophique sans mélancolie. Réunissant ensuite ce principe avec celui de la perfection progressive de l'esprit humain, elle prétend qu'on étoit moins mélahcolique'au siècle d'Alexandre qu'au siècle d'A«gu§te, et que, parmi les Romains, Sénèque est plus mélancolique que Cicéron. Bientôt les quatre âges qui ont le plus honoré l'humanité, ceux de Périclès, d'Auguste, de Léon X, et de Louis XIV, lui paroissent inférieurs au nôtre ; d'où l'on pourroit au moins conclure que nos auteurs ont atteint la perfection de la mélancolie. Cette opinion peut être soutenue avec succès pour la littérature du Nord, mais nullement pour la littérature française. On trouve rarement, dans nos plus grands poètes du xviii'^ siècle, cette douce et profonde mélancolie qui respire si souvent dans Virgi^^. On ne la rencontre pas plus dans nos plus grands prosateurs. Seulement elle a inspiré des pages éloquentes à J.*3. Êousseau et à Bernardin de Saint-Pierre;
mais, plus profonde dans le premier, plus douce-duns le second, elle n'est la principale qualité d'aucun des deux. Au reste, si quelque chose pouvoit nous permettre de croire que les modernes, en ce {jenre, ne sont pas toujours inférieurs aux anciens, ce sont les vei's de Delille qui ont fourni l'occasion de cette note. On aimera sans doute à leur comparer ceux de La Harpe sur le même sujet.
C'est là, c'est daus l'obscurité, Que , fuyant le tumulte , et dans soi recueillie , Vient s'asseoir la Mélancolie , ' Pour y rêver en liberté.
Ses maux et ses.])laisirs ne sont connus qne irelle.
A ses chagrins qu'elle aime elle est toujours fidèle ,
Ne se plaît que dans l'ombre et dans les lieux dcjci ta; '*•'
Elle verse des pleurs qui ne sont point amers; ^
Tout entière à l'objet dont elle est possédée ,
Ne redit qu'un seul nom, n'entretient qu'une idée,
Et chérit son secret qui s'échappe à moitié.
Son regard triste et doux inspire la pitié ;
Elle étouffe sa plainte et soupire en silence;
Elle n'ose qu'à peine embrasser l'espérance.
Et tremble en adressant un timide désir,
Vers un bonheur lointain qui toujours semble fuir.
Ces vers ont , comme ceux de Delille , le caractère et le charme péntîtrant de la mélancolie: les deux poètes l'inspirent en la définissant.
('') Telle, sur un rameau, Philomela éplorée
Accuse son malheur, et le pâtre inhumain, etc. ^
Il n'est personne qui ne reconncyisse ici cett^lotichaiilc comparaison de Virgile, Géorcj. IV, 5i i :
* Qualis populea mœrens Philomela sub umbra
Amissos queritur fetus, quos durus arator Observans nido iniplumes detraxit; at ilia Flet noctem, ramoquc sedcus miserabile carmen Intégrât, et mœstis late loca questibus iitlplet. i
Delille I'avoit rendue par ces vers pleins de douceur et d'harmonie :
Telle sur un rameau, durant la nuit obscure, ,
Plii'oméle plaintive attendrit la nature;
Accuse en gémissant l'oiseleur inhumain,
Qui, glissant dans son nid une furtive main, •
Ravit ces tendres fruits que l'amour fit éclore , '
Kt qu'un tendre duvet ne couvroil pas encore.
La critique lui reprocha d'avoir négligé quelques circonstances de cet intéressant tableau, telles que observans jiido, miserabile carmen^ late (oca qurstibiis iinplel; et sur-tout la coupe savante du vers latin :
At iUa
Flet nociem, ramoque sedens, etc.
Delille répondit en grand poète, et traduisit avec une rigoureuse fidélité, ce qu'il avoit d'ahord imité avec tant de charme et d'élégance.
('9) Délié de Shakespeare, ô toi, qui des ténèbres Aimes l'effroi tragique et les scènes funèbres.
Aucun poëte tragique n'a, depuis Eschyle, porté la terreur aussi loin que Shakespeare. Mais c'est dans son Macbeth sur-tout, qu'il a déployé tout ce que ce grand moyen renferme de puissance et d'énergie: peut-être même a-t-il franche l<?s bornes, et n'a-t-il pas su s'arrêter où commence l'horrible. Le passage de Delille qui donne lieu à cette note, nous trani^orte avec le poëte, dans la caverne où les trois magiciennes de Shakespeare pi'éparent leurs noirs enchantements, au milieu des éclats de la foudre, et des accords barbares d'une musique infernale. Dans la scène suivante, plus terrible encore, les magiciennes, consultées par Macbeth, évoquent et font paroitre devant lui les ombres menaçantes de ses nombreuses victimes. Ducis n'a pas osé ten-
ter l'imitation de ces grands effets : nos convenances théâtrales lés eussent repoussés.
Nos musas colimus severiores.
(io\ L'un sur l'autre abattus,
Gent ministres sanglants jonchent le sanctuaire; Dulau tombe content dans les bras de son frère.
Dans le cours de cette longue et mémorable révolution , il n'y a pas eu peut-être de scènes plus horribles et plus faites pour glacer d'effroi les contemporains et la postérité, que les massacres commis le 2 et le 3 septembre 1792 : cent quatre-vingts persoitnes furent égorgées à l'Abbaye, et deux cent quarante-quatre dans le jardin des Carmes et au séminaire de Saint-Firmin. On comptoit parmi celles-ci cent quatre-vingt-cinq prêtres, dignes d'avoir h leur tête le vénérable archevêque d'Arles (M. Dulau), et les évêques de Saintes et de Beauvais, deux prélats dont les mœurs et les vertus sembloient rapprocher de nous les premiers siècles de l'Église, Ils étoient frères, et de cette illustre maison de Larochefoucauld, dont le nom, également cher à la religion, à l'état et aux lettres, se mêle depuis quatre cents ans à tous les souvenirs glorieux de la monarchie. L'évêque de Saintes n'avoit pas été arrêté, mais voyant son frère en prison, il voulut partager son sort. Le jour du massacre, ils étoient réunis au pied de l'autel avec leurs compagnons d'infortune. Les assassins firent sur eux une décharge de leurs fusils presqu'à bout portant. L'évêque de Beauvais ne fut point atteint; celui de Saintes eut la jambe cassée: il fut porté tout sanglant sur un lityoisin. Une espèce d'ordre, dernier degré de la scélératesse réfléchie, s'établit alors dans cette exécrable exécution. Tous les prêtres fuient enfermés dans l'église des Carmes : on les en tira deux à deux pour les conduire au jardin , et les bourreaux les attendoient sur l'escalier, où ils les égorgeoient avec cette cruauté froide et mesurée qui fait frémir d'horreur et d'indignation.
Lorsque le tour de l'évêque de Beauvais fut ai-rivé, on vint le prendre au pied de l'autel qu'il tenoit embrassé ; il se leva tranquillement et alla mourir. L'évêque de Saintes fut un des derniers appelés; il répondit aux assassins qui lui ordonnoient de les suivre : « Vous voyez l'état où je suis ; j'ai une jambe cassée, aidez-moi, je vous prie, à marcher, et j'irai volontiers au martyre.» Deux brigands le soutinrent et le conduisirent sur l'escalier , où le reste de son sang fut confondu avec celui de son frère et de ses compagnons. C'est à ce prélat vénérable, et non à M. DiUau, que doit s'appliquer le vers de Delille.
Quant à l'archevêque d'Arles ,' il fut le premier que les cannibales demandèrent en entrant dans la chapelle. L'abbé de La Pannonie, auquel ils s'adressèrent, étoit en ce moment à côté de lui. Persuadé que, s'il pouvoit donner le change aux bourreaux, il sauveroit, par sa mort, les jours du prélat, cet homme généreux baissa les yeux sans répondre, imitant ainsi la grandeur d'ame que madame Elisabeth avoit montrée, le 20 juin de la même ann^, lorsqu'elle défendit, au péril de sa vie, de détromper les brigands qui la prenoient pour la reine. Mais à son âge, à ses cheveux blancs , au signalement qu'il en avoit peut «être, un des assassins reconnut l'archevêque: «C'est donc toi, lui dit-il, qui es l'archevêque d'Arles? — Oui, messieurs, c'est moi. — C'est toi qui as fait verser le sang des patriotes du Midi? — Je n'ai jamais fait verser le sang de personne, ni fait de mal à qui que ce soit au monde. — Eh bien! je vais t'en faire, moi ! " A ces mots, ce misérable lui porte un coup de sabre sur le front. Le prélat le reçoit et reste immobile. Un second coup le fait chanceler ; un troisième le renverse: il tombe en s'appuyant sur sa main gauche, sans pousser un cri, sans proférer une plainte. Alors un de ces scélérats lui enfonça sa pique dans la poitrine avec tant de violence, que le fer y resta,; il monta sur son corps palpitant et le foula aux pieds !...
Ainsi périt ce digne archevêque, à l'entrée de la chapelle , presque sur les marches de l'autel, et pour ainsi dire au pied de la croix, étendard auguste et monument sacré de la mort du Dieu pour lequel il avoit combattu. On assure qu'on lui avoit proposé souvent les moyens de sortir de sa prison , en alléguant son âge et ses infirmités. Jamais il n'y voulut consentir. "Je suis bien ici, répondit-il constamment; je dois l'exemple, et je suivrai du moins celui que me donnent mes respectables compagnons. »
(") Reçois donc mon tribut , ô toi , de qui la main , Sur leur roc plus solide et plas dur que l'airain, Grava mes foibles \ers !
Plusieurs voyageurs de différentes nations ont gravé , sur les Pyramides, ce beau vers du poëme des Jardins, relatif aux monuments de l'ancienne Rome, mais plus applicable encore à ceux de l'Egypte :
Leur masse indestructible a fatigué le temps.
(-^) Et toi, terrible mer, séjour tempétueux. Déjà j'ai célébré tes champs majestueux...
Voyez dans le chant III de VHomme des champs, le magnifique morceau où le poète décrit les grandes révolutions des mers, formant dans leur sein des montagnes par d'énormes amas de coquillage, etc., ensuite délaissant les continents qu'elles ont couverts , pour en envahir d'autres qu'elles abandonneront à leur tour.
('-') Aux mouvements des cieux tes mouvements répondent,
Phébé régie tes flots; tes flots suivent son cours, ♦
Et, toujours menaçants, obéissent toujours.
L'auteur du poëme de la Navigation s'exprime ainsi (Chant I ) sur le phénomène des marées :
Secret de l'océau , ô Hus uiyslérieux ! Daigueras-tu jamais dévoiler à nos yeux