I.IVRE V. a
peu tentés d'embrasser un état si déplaisant? A force d'outrer tous tes devoirs., le christianisme les rend impraticables et vains ; à force d'interdire aux femme^ le chant, la danse et tous tes amHsemens du monde, il les rend maussades, grondeuses,, insupportables dans leurs maisons. U n'y a point de reli* gion où le mariage soit soumis à des devoirs si sévères , et point où un engagement si saint soil si méprisé. On a tant fait pour empêcher les femmes d'éCre aimables, qu'on a rendu les maris, indifierens^ Gela nfi de'vroit pas être ; j'entende fert bien : mais moi je dis({ue cela devoir être , puisque enfin les chrétiens soat liommes» Pour moi , je voudrois qu'une jeune Ângkoise cultivât avec autaM de soin les talens agréables pour plaire au mari qu'elle aura , qu'une }eune AJhanoise les cukive pouf le harem d'Ispahan. KiCS maris, dira^t^on, ne se soucient point trop de tous ces. lalens. Vraiment je le crois, quand ces tiilens, loin d'être employés à leur plaire, ne servent que d'araoïrce pour attirer chez eux déjeunes impudens <pù les déshoaofîent. Mais pensez-^vous qu'une femme aÂnable et sage, ornée de pareils talens , et qui les coQsacreroit à TaHUisenoent de son mari , n'ajouteroit pas.au beo&lieur de sa vie , et ne l'empêcheroit pas , sortant de son cabinet k tête épivisée , d'aller ckerchev des récréations hors de chez lui ? Personne n'at-il vu d'heureuses familles ainsi réunies, où chacun sail foumiv diu sien stw, amusenkens commiona? Qu'il dise si la confiance et la familiarité qui s'y joint , si IX. 1 7
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Tinnocence et la douceur des plaisirs qu'on y goûte, ne rachètent pas bien ce que les plaisirs publics ont de plus bruyant.
On a trop réduit en art les talens agréables; on les a trop généralisés; on a tout fait maxime et précepte , et l'on a rendu fort ennuyeux aux jeunes personnes ce qui ne doit être pour elles qu'amusement et folâtres jeux. Je n'imagine rien de plus ridicule que de voir un vieux maître à danser ou à chanter aborder d'un air refrogné de jeunes personnes qui ne cherchent qu'à rire , et prendre pour leur enseigner sa frivole science un ton plus pédantesque et plus magistral que s'il s'agissoit de leur catéchisme. Est-ce , par exemple , que l'art de chanter tient à la musique écrite ? ne sauroit-on rendre sa voix flexible et juste , apprendre à chanter avec goût, même à s'accompagner, sans connoitre une seule note? Le même genre de chant va-t-il à toutes les voix ? La même méthode va-t-elle à tous les esprits? On ne me fera jamais croire que les mêmes attitudes , les mêmes pas , les mêmes mouvemens , les mêmes gestes , les mêmes danses, conviennent à une petite brune vive et piquante, et à une grande belle blonde aux yeux languissans. Quand donc je vois un maître donner exactement à toutes deux les mêmes leçons , je dis : Cet homme suit sa routine , mais il n'entend rien à son art.
On demande s'il faut aux filles des maîtres ou des niaîtresses. Je ne sais : je voudrois bien qu'elles n'eus«