‹ Œuvres de J. J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 127 sur 233 · IX · texte numérisé non relu

IX

gner les uns aux autres, et voilà surtout de quoi les pères et les mères sont tenus d'instruire leurs enfans« Qu'une vierge soit la mère de son créateur , qu'elle ait enfanté Dieu , ou seulement un homme auquel Dieu s'est joint; que la substance du père et du fils soit la même, ou ne soit que semblable ; que l'esprit procède de l'un des deux qui sont le même, ou de tous deux conjointement , je ne vois pas que la déci^ sion de ces questions, en apparence essentielles, importe plus à l'espèce humaine , que de savoir quel jour de la lune on doit célébrer la pâque, s'il faut dire le chapelet, jeûner, faire maigre, parler latin ou françois à l'église , orner les miirs d'images , dire ou entendre la messe , et n'avoir point de femme en propre. Que chacun pense là -dessus comme il lui plaira : j'ignore en quoi cela peut intéresser les autres ; quant à moi , cela ne m'intéresse point du tout. Mais ce qui m'intéresse , moi et tous mes semblables , c'est que chacun sache qu'il existe un arbitre du sort des humains, duquel nous sommes tous lesenfans, qui nous prescrit à tous d'être justes, de nous aimer les uns les autres , d'être bienfaisans et miséricordieux , de tenir nos engagemens envers tout le monde , même envers nos ennemis et les siens ; que l'apparent bonheur de cette vie n'est rien; qu'il en est une autre après elle , dans laquelle cet Être suprême sera le rémunérateur des bons et le juge des méchans. Ces dogmes et les dogmes semblables sont ceux qu'il importe d'enseigner à la jeunesse , et de persuader à

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