LIVRE V
Tannée. N'importe, repr€nâ4l^ cela même est un éloge de savoir se passer d'hôtes^ et de tes reèevoit* toujours bien.
Séchés et rajustés, nous allotis rejoindre h inaîtré de la maison ; il nous préseinte à ^ femifte; êlte tious reçoit non pas seulement avec politesse , m^s avec bonté. L'honneur de ses coups d'<eil est pour Emile. Une mère , *dans le cas où elle est , voit rarement sans inquiétude ) ou du moins sans curio^ > entrer chez elle un homme de cel âge.
On lait hâter le souper pour Tamôttr de nous. En entrant dans la salle à manget* nous voyons dnq couverts : nous nous pla<çons ^ il en reste Wà vide. Une jeune personne entre , fbit une grande tévé^enlee , et s'assied modestement sans parler. Emile , occupé de sa faim ou de ses réponses, lasahie^ parle, etmânge. Le principal objet de son voyage est aussi knti de Isa pensée q%i'il se croit lui^-méme encot« k>in îdn terme. L'entretien roule sur l'égarement de nos voyageurs. Monsieur, lui dit le maître de là maison , vous me • pari3isse^ un jeune homme aimableet sage ; et cela me fait songer que vous êtes atrivés ici , votre gouverneur et vous, las et mouillés, comme Téèémaquè et Mentor dans l'île de Cal>^s^. Il est vrai , répond Emile , que nous trouvons ici l'hospitalité de Galypso. Son Mentor scoute. Et les charmes d'Eucharis. Mais Émiie connott l'Odyssée^ et n'a point lu Tâémaquè; il ne sait ce que c'est qu'Eucharis. Pour la jeune peN sonne , je la vois rougir jusqu'aux yeux, les baisser
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sur son assiette et n'oser souffler. La mère , qui re^ marque son embarras, fait signe au. père , et celui-ci change de conversation. En parlant de sa solitude , il s'engage insensiblement dans le récit des événemens qui l'y ont confiné ; les malheurs de sa vie , la constance de son épouse , les consolations qu'ils ont trouvées dans leur union, la vie douce et paisible qu'ils mènent dans leur retraite, et toujours sans dire un mot de la jeune personne; tout cela forme un récit agréable et touchant , qu'on ne peut entendre sans intérêt. Emile , ému , attendri , cesse de manger pour écouter. Enfin , à Tendroit oîi le plus honnête des hommes s'étend avec plus de plaisir sur rattachement de la plus digne des femmes, le jeune voyageur, hors de lui , serre une main du mari qu'il a saisie, et de l'autre prend aussi la main delà femme, sur laquelle il se penche avec transport en l'arrosant de pleurs. La naïve vivacité du jeune homme enchante tout le monde : mais la fille , plus sensible que personne à cette marque de son bon cœur, croit voir Télémaque affecté des malheurs de Philoclète. Elle porte à la dérobée les yeux sur lui pour mieux examiner sa figure ; elle n'y trouve rien qui démente la comparaison. Son air aisé a de la liberté sans arrogance; ses manières sont vives sans étourderie; sa sensibilité rend son regard plus doux , sa physionomie plus touchante : la jeune personne le voyant pleurer est près de mêler ses larmes aux siennes. Dans un si beau prétexte, une honte secrète la re«