IX
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homme, et ne lui dis que des choses nouTellés; c est précisément parce qu'elles ennuient les autres qu'il doit les trouver de son goût.
Voilà comment je lui fais doublement gagner dû temps , en retardant au profit de la raison le progrès de la nature. Mais ai-je en efiet retardé ce progrès? Non ; je n'ai fait qu'empêcher l'imagination de l'accélérer; j'ai balancé par des leçons d'une autre espèce les leçons précoces que le jeune homme reçoit d'ailleurs. Tandis que le torrent de nos institutions l'entraîne, l'attirer en sens contraire par d'autres institutions, ce n'est pas l'ôter de sa place, c'est l'y maintenir.
Le vrai moment de la nature arrive enfin; il faut qu'il arrive. Puisqu'il faut que l'homme meure, il faut qu'il se reproduise , afin que l'espèce dure et que l'ordre du monde soit conservé. Quand, par les signes dont j'ai parlé , vous pressentirez le moment critique, à l'instant quittez avec lui pour jamais votre ancien ton. C'est votre disciple encore , mais ce n'est plus votre élève. C'est votre ami, c'est un homme ; traitez-le désormais comme tel.
Quoi ! faut-il abdiquer mon autorité lorsqu'elle m'est le plus nécessaire ? Faut-il abandonner l'adulte à lui-même au moment qu'il sait le moins se conduire , et qu'il fait les plus grands écarts ? Faut - il renoncer à mes droits quand il lui importe le plus que j'en use ? Vos droits ! Qui vous dit d'y renoncer ? ce n'est qu'à présent qu'ils comVnencent pour