‹ Œuvres de J. RacineChapitre 149 sur 390 · Cette note se rapporte à la Strophe x, vers · texte numérisé non relu

Cette note se rapporte à la Strophe x, vers

Vers 131 et 132. Ses vers sont une colonne plus blanche que le marbre de Paros.

Vers 133. (“O ypuobc Ebéuevoc.) L'or dans le feu.

Vers 135-138. L’hymne égale un vainqueur aux rois.

Vers 143. (Koptvôiots seXlvots.) L’apy! étoit la couronne des jeux Isthmiques.

Vers 148. On chante mieux ce qu’on a vu.

Vers 153-156. Poëte ou orateur invincible, — Doux à ses amis, terrible à ses ennemis.

NEMÉENNE v.

Vers 30 et 31. La vérité n’est pas toujours bonne à dire.

Vers 48-56. Hippolyte, femme d’Acaste, voulut persuader Pélée de coucher avec elle; et étant refusée, elle l’accusa auprès de son mari de l’avoir voulu violer.

NÉMÉENNE VIII.

Vers 60-62. Vie dans l'innocence, et bonne renommée après sa mort?.

1. Racine a ainsi francisé le nom latin apium, sorte de persil (en grec Gruey, mot synonyme de cé}uvoy ou ayant un sens très-voisin), Le vrai correspondant francais d’apium est ache.

2. Celles des odes de Pindare qui sont ici omisés n’ont pas été annotées par Racine. Il s’est contenté d’y souligner cà et là des passages. Dans les Zsthmiques, quelques vers de l’ode 11 ont été marqués d’accolades au crayon rouge; les autres n’ont gardé aucune trace de l’étude que Racine en a pu faire.

Ux intérêt particulier s'attache aux notes de Racine sur les tragiques grecs, à quelque temps de sa vie qu’on les rapporte, soit à celui où, s'inspirant si souvent de ces grands modèles, il pratiquait leur art sur la scène française, soit à celui où sa jeunesse ne faisait encore que se préparer à cet art par de fortes études. La question de date n’est pas tout à fait indifférente; mais nous avons déjà dit que, pour la plupart des volumes annotés, elle ne nous paraît pas pouvoir être résolue avec certitude. Si lon fait attention toutefois que les exemplaires des tragiques grecs qui ont à la marge des notes de Racine rédigées en français ne nous offrent pas dans ces notes les mêmes archsismes d’expressions et d’orthographe que les Remarques manuscrites qui sont du temps d’Uzès; que, par exemple, Racine y écrit toujours trouver et non treuver, Ménélas et non Menelaüs, ne regardera-t-on pas comme probable que ces annotations marginales sont des années où le poëte produisait ses premières œuvres théâtrales? Nous disons les premières, parce que l’écriture semble être encore celle de sa jeunesse.

Des poëtes tragiques de la Grèce, Eschyle est celui que Racine paraît avoir le moins étudié, peut-être celui qu’il goùûtait le moins. S’il en était ainsi, on n’aurait pas le droit de s’en étonner. Longtemps le génie du vieux poëte, moins régulier, plus naïf et plus audacieux dans son inexpérience, que celui de ses successeurs, a dérouté, dans nos âges modernes, et plutôt étonné que satisfait les plus grands et les plus pénétrants esprits. Dans la seule pièce où Racine ait fait choix d’un sujet qu'Eschyle avait lui-même traité, il a mieux aimé suivre les traces d’Euripide, de Stace, et surtout celles de Rotrou, que celles du plus ancien de ses devanciers; et l’on n’est pas bien sûr que, dans sa Thébaïde, il ait emprunté à celui-ci une seule expression poétique. 11 n’en est pas moins intéressant de constater que, dans le cercle très-étendu de ses études sur la poésie grecque, une lecture attentive d’Eschyle avait trouvé place. Racine, avec tout son siècle sans doute, pouvait le regarder comme un génie inculte, dont les productions marquaient l’enfance de l’art; mais il avait trop bien le sentiment de la grande poésie pour n’être pas au moins frappé de tant de traits sublimes, de grandes pensées et de magnifiques images. Quoiqu'il ne l'ait pas imité, Eschyle est donc un des poëtes dont il s’est nourri, et sans doute avec profit. Ne le rayons pas entièrement de la liste de ses maîtres,

Le Quérard (voyez ci-dessus, p. 171) cite deux Eschyle annotés par Racine, à savoir un exemplaire de l’édition de Stanley (1663), et un exemplaire de l’édition de 1552, imprimée à Paris. Nous avons vu l’un et l’autre, et nous allons rendre compte de l’annotation qu’on y trouve.

Nous serons très-bref sur l'édition de 1552. En voici le titre : Aîcyu)ou poux Gedç desuurns, Errà èmi OnBus…., etc. Parisis, ex officina Adriani

Turnebi.…. M.D,LIT. Typis regiis (in-8°), L’exemplaire annoté par Racine appartient aujourd’hui à Mgr le duc d’Aumale, qui a bien voulu nous en permettre l'examen. Les marges de deux tragédies seulement, celles de Prométhée et celles des Sept chefs, sont couvertes de notes de la main de notre poëte. Ces notes sont toutes explicatives, toutes en grec. De ces gloses, souvent assez développées, que Racine avait très-vraisemblablement empruntées pour la plupart aux anciennes scolies, nous n’avons rien à transcrire ici. Nous devons nous contenter d’y faire remarquer une preuve de plus de son application sérieuse à l’étude de la langue grecque. Placer la date d’un travail de ce genre à une époque très-voisine des leçons de Port-Royal nous paraît une conjecture très-probable.

C’est évidemment un peu plus tard que Racine a annoté l’Eschyle de Stanley, cette édition étant de 1663. A supposer même qu'il ait travaillé sur ce texte au moment où la publication en était toute récente, il venait d’entrer déjà dans la carrière du théâtre.

L’exemplaire de 1663 sur lequel on trouve des notes de Racine est à la Bibliothèque de Toulouse. C’est un in-folio de 886 pages, relié en veau, avec plats dorés. 11 a pour titre : Aisyvloy rpxyadio émré. Æschyli Tragædiæ séptem, cum scholiis græcis omnibus, deperditorum dramatum fragments, versione et commentario Thomæ Stanleii. Londini….. M DC LXTIT, Au-dessus du mot Londini est la signature de Racine. La tragédie des Choéphores à seule des annotations; elles ne vont pas plus loin que le vers 623, avec une interruption commençant au vers 149. M. Félix Ravaisson les a transcrites en 1841, et cette transcription a été insérée dans la Wouvelle Revue encyclopédique, livraison d’octobre 1846. M. Gail les avait précédemment publiées en 1819, avec quelques différences fort légères, dans le tome VI du journal /e Philologue, p. 118-121. Une copie des mêmes annotations que M. Dulaurier a bien voulu nous communiquer est conforme à celle qu’avait donnée M. Ravaisson, dont le nom suffisait d’ailleurs pour garantir l’exactitude des notes qu’il avait recueillies. On trouve çà et là toutefois quelques mots que M. Ravaisson avait omis, peut-être à dessein, à cause de leur peu d’importance, et que nous devons à la transcription de M. Dulaurier, qui nous a communiqué également les notes, sur les deux autres tragiques grecs, écrites par Racine sur des volumes appartenant à la Bibliothèque de Toulouse.

Page 1