‹ Œuvres de J. RacineChapitre 26 sur 390 · M. Aimé-Martin a corrigé ayeuls en aïeux · texte numérisé non relu

M. Aimé-Martin a corrigé ayeuls en aïeux

Il ne faut pas se servir de discours bas et rampants! en chantant les victoires d’Épharmostus, citoyen d'Oponte, capitale des Locres.

?Eyd d£ vor fav rékv Makcoats èmuphéYEV &otdats, Ko &yévopos {trou 0&ocov Kai vads drorTépou ravta ’Ayyeklav réphe Taitav,

Et oûv rue potptdlw rakdua Etupéruv? Xaplrwv vépopat Kärov: near ap Graoav Tè zéprv”. ’Ayadot dÈ

Kat covo xatà daluov’ vdpes Eyévoyco.

Pour l'honneur de cette ville, et pour la faire éclater ® par mes chansons illustres, je veux répandre partout la victoire d'Épharmostus, et en faire voler la nouvelle plus vite qu'un cheval léger, ou qu’un navire ailé, pourvu que je sois assisté des Grâces; car les grands hommes sont tels par le secours des Dieux. Autrement Hercule auroit-il pu résister tout seul contre trois dieux, contre le trident de Neptune, l'arc d’Apollon et la verge de Pluton?

OÙ Atdas dntvérav Exe 64680, Boôrex cpal & natdyet Kolhay robs &yutv Ovaszévrwv À.

Dans la rue ténébreuse, c'est-à-dire dans la sombre demeure des morts.

Ar pot AOYOV Toëroy, otôpa, Élpov.

1. Racine a suivi le sens donné par une scolie et par la traduction latine de l'édition de 1599.

2. ’Efapétuv, au lieu de éfalperoy, est la lecon de notre manuscrit et de l'édition de 1599.

3. Éclater, au sens de briller, « pour faire briller cette ville, faire éclater sa gloire. » Voyez plus bas, p. 45, ligne 1.

4. Racine a écrit par mégarde Evnsxévrwv, au lieu de Ovasnévru,

4o REMARQUES

Pindare se repent d’avoir parlé de ces dissensions des Dieux, comme d'une chose qui leur est injurieuse.

’Exet réye Aotdopñioat Oeods, Ey0pà oovla- rat To xavyao0at rap xapoy Mavlastv bronpérer.

C'est une mauvaise sagesse de mal parler des Dieux, et c'est une espèce de fureur de faire gloire de cette impiété. Yroxpéxe veut dire approche, comme quand on accorde un instrument on cherche le son de l'oreille, et on approche du vrai ton: Cet endroit est beau contre ceux qui font les esprits forts.

M vôv Aakdyer rà toradr”. "Ex réepov, uéyay re räca, Xwpis Aavétwv.

Il faut laisser là les dissensions des Dieux: ou plutôt : il ne faut point admettre de dissension entre les Dieux. Il faut plutôt faire l’éloge d'Oponte, ville ancienne, où Deucalion et Pyrrha s'établirent lorsque le déluge fut passé.

’ATEp A edv&c Guédauor Kriodoûav Aldtvoy yévoy - Auot à ôvéuachey.

Mais il quitte ce sujet comme top commun, pour en traiter un autre.

Atver dè rahatdv :

MÈv oëvov, äv0ex D Guvwv Newtépuv.

= C'est ce que dit Homère, au [livre] I. de l'Odyssée!. Il décrit donc la généalogie de la ville d'Oponte, qui venoit d’une fille de Jupiter ; car Jupiter enleva Protogénée, femme de Locrus, et lui fit un enfant, de peur que Locrus ne mourût sans enfant. Cette charité de J upiter est fort plaisante.

que veut le dialecte de Pindare, et qui est la leçon de 1599 et en général des diverses éditions.

1. Vers 351 et 352. — On verra plus bas, p. 64, que Racine a noté ces mêmes vers dans ses Remarques sur POdyssée,

MA xaDékor pv aidv, rôtuov éodbac, 'Oppavov yeveas. "Eye AÈ orépuux HLÉYLITOY Akoyos.

Jupiter la ramena à son mari, lequel, croyant que c’étoit son enfant, l'appela du nom de son grand-père maternel, Opuns, fils de Deucalion.

Yrépoavrov dVÈpa pLopp& Te xat épyotot.

Cet enfant fut un homme extraordinaire pour sa beauté et pour ses actions. Il habita la ville d’Oponte, et force étrangers se rangèrent auprès de lui; mais il honora surtout Ménœtius, père de Patrocle. Pindare fait cette digression pour embellir son sujet, qui seroit trop stérile d’ailleurs; et il parle de la valeur de Patrocle, qu'il montra contre les Mysiens, leur résistant seul avec Achille. Depuis ce temps-là, Achille l'aima et lui commanda de ne se mettre jamais en bataille qu’auprès de lui. Patrocle étoit citoyen d'Oponte.

?EË 06 Oértos yévos ou tv èv pet Iapayogetro, prote Zoetépus dreple rakiodohar

Aupasiu6pôtou alyuäs.

Achille lui dit ces paroles dans Homère * :

« MA oûy" dveubev dueto AkaleoQar rokeulteuv Two ouhortokotov druuétepov Dé pre Üfonc. »

Il souhaite une grande éloquence pour dignement louer les victoires d'Épharmostus.

Env Ebpnoterhs dvayeiodau Ilpocopos èv Moto dlopu

1. Jliade, chant XVI, vers 89 et go. Ces vers sont cités dans une .des scolies. Racine, reproduisant une faute de l'édition de 1599, a écrit &tuauwTepoy.

Topo d nat duprhaphs dovats “Esroito.

Plût à Dieu que je pusse inventer de belles paroles pour chanter dans le chariot des Muses, c’est-à-dire au style des Muses, qui marche comme dans un char roulant, au lieu que la prose marche à pied; et que la hardiesse me suivît avec l'abondance et la fécondité! car l’un ne suffit pas sans l’autre.

Il parle des diverses victoires qu'il a remportées comme garcon et comme homme.

’Apyet 7” Ecyee xdos àv- Spy: rats d' Ev ’Aldvarc.

“Qpatos Ebv xat

Kalds, xdAAOTÉ Te Éébus.

Étant beau garçon et ayant fait de fort belles choses. Il parle de ses autres victoires, et conclut ainsi :

To dÈ qua xpériotov Era.

HoXdot dE didaxtats Avlowruwv dpetats xAË0s Qpovoay Ékéodar. <

Aveu D cod, ocotyapévov y’, où oxatÔtepoy Xpñpe ÉxxoTov.

Tous les commentateurs sont fort empêchés de dire le sens de ces deux derniers vers, qui sont en effet fort obscurs. Il dit donc que ce qui est naturel est toujours le meilleur. Plusieurs ont voulu acquérir de la gloire par des qualités! qu'ils avoient apprises où empruntées de l’art; mais les choses qui se font autrement que par la nature (car Dieu ne veut dire autre chose que la nature) doivent plutôt être ensevelies dans le silence que publiées. Cela se doit appliquer à toutes sortes de sciences, soit à la poésie, soit aux jeux, et ainsi du reste. C'est pourquoi il ajoute que chacun doit s'appliquer aux choses où il a plus de disposition naturelle.

En yèp Sat ‘OdGvy 630) Repaltepar.

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