‹ Œuvres de J. RacineChapitre 33 sur 390 · VAINQUEUR À LA COURSE DU CHARIOT ET AUX CINQ JEUX · texte numérisé non relu

VAINQUEUR À LA COURSE DU CHARIOT ET AUX CINQ JEUX

Il appelle Corinthe &ÿhaéxoupov, c’est-à-dire pleine de belles filles ou de beaux garcons; il dit que la police y règne.

’Ev rade d ! Edvoula voler, xaolyvntal te, Pédoov row

’Acpa%s Alxx, ao ôpué-

tporos Elodva, Tara

’Avdpéor rhoûtov, pose

Iloîdes eb6oulov Oéuros.

PElédovrt d' &AEetv Y6ptv, Képou Matépa Opasopulo.

Ce n’est pas l’Insolence qui est mère de la Saturité?, mais la Saturité qui est mère de l’Insolence. | Homère À :

Tlxrer tot Kôpos "Y'épuv, Gta xœxûs 8AGos Eorro,

1. Racine a écrit ë +4, au lieu de èv r3de , que donne l’édition de 1599, comme toutes celles qui n’ont pas èv t& yép.

2. Injuriam Saturitatis matrem, dit la traduction latine de l’édition de 1599. C’est ce mot Saturitas qui a suggéré à Racine celui de Saturité, au lieu de Satiété. La remarque par laquelle il redresse la parole de Pindare est empruntée à une scolie, où le vers Tlure tot Képos..…. est également cité.

3. C’est sur la foi du scoliaste que Racine attribue ce vers à Homère; mais 1l est de Théognis. C’est le vers 53 dans les Senfences

C'est-à-dire que ces deux filles de Thémis, la Justice et la Paix, bannissent l’'Insolence, mère, ou plutôt fille de la Saturité1,

’Auayov à xpôbar td ouyyevès A00c.

Il dit cela au sujet des Corinthiens qui ne démentoient point leur bon naturel, ou il s'entend lui-même, disant que c'est son naturel de louer les excellents hommes.

Lol 9’ y Kapôlars dvdo&v ÉGxlov “Qpat rohvdvleuot &p- Xaix soplouaf”. “Anav d ebpôvros Épyov.

Le temps a mis au jour beaucoup de belles inventions des anciens ; mais quoiqu'elles soient maintenant communes, toutefois la gloire en appartient aux inventeurs. Les Corinthiens avoient trouvé les poids, les mesures, et beaucoup d’autres choses. Pindare dit ici que ce sont eux qui ont inventé les danses en rond, qu'il appelle dithyrambes. Il dit qu'ils ont aussi trouvé l’art de brider les chevaux et de les conduire, et d’avoir mis les premiers un double aigle? dans les temples des Dieux. Il dit aussi que les sciences et l’art militaire y fleurissent :

?Ev dè Mots” &dürvoos, ?Ev © ’Apns àvet véwy Oùklars alypatoy àvopüv.

Il invoque Jupiter, afin qu'il soit favorable à ses hymnes et aux louanges de Xénophon, lequel a vaincu et a remporté les cinq prix : ce qui n’étoit jamais arrivé à un homme seul.

Oùx Avre6éAncey Tv àvp Ovards oÙruw Ti TpOTEpOY.

de ce poëte (Theognidis Megarensis Sententiæ. Parisus, M, D. LXXIX, Apud Joannem Bene-natum).

1. Racine a écrit : « fille de l’Oisiveté. » Mais ce ne peut être qu’un lapsus. Son intention a été sans doute de répéter le mot Saturité.

2. Dans l'édition de M. Aimé-Martin, on a imprimé aide, au lieu * d’aigle. ;

Il raconte le grand nombre de ses autres victoires, et dit à lt fin qu'il est aussi malaisé de les compter toutes que de compter le gravier de la mer. Cette hyperbole est démesurée. Aussi il ajoute que la médiocrité est une bonne chose, et qu'il est bon de la connoître et de la suivre partout, c’est-à-dire qu’il n’en veut pas dire davantage.

"Enetor D êv Exdotuw pétpov. Nofñat DE xatpdS GpLITOS.

Il se jette sur les louanges de Corinthe et de ses anciens habitants, comme de Sisyphe, qu'il appelle adroït comme un dieu, de Médée, et de Bellérophon, qui, voulant monter le cheval Pégase, n’en pouvoit venir à bout, jusqu'à ce que Pal- . Jas lui en donna en dormant une bride, qu'il appelle gtxpov irretov*, laquelle étoit d’or, dapaciopova pucov.

Car les Dieux rendent aisé ce qui paroissoit hors d’espérance :

IAnpot dà Oeüv diva nat Tèv rap’ Gpxov Kai rapà EArlda x0ÿoav xT{ouw y’.

En effet, le généreux Bellérophon ayant mis cette bride à la bouche du cheval ailé, il sauta dessus tout armé, et lui faisoit faire la volte; et il alla dessus faire la guerre aux Amazones, à la Chimère et aux Solymes. Je ne dirai rien de sa mort, et cela sans doute à cause qu’elle n’étoit pas glorieuse pour Bellérophon, qui tomba de dessus le cheval Pégase, et se rompit la cuisse.

Horace dit, ode x1, lv. IV? :

Terret ambustus Phaeton avaras

Spes; et exemplum grave præbet ales

Pegasus, terrenum equitem gravatus Bellerophontem ;

Semper ut te digna sequare..…

Homère décrit bien au long l’histoire de Bellérophon, au [livre] VI. de l’Zliadeÿ, en la personne de son petit-fils Glaucus,

1. Ce mot est accentué semblablement dans l'édition de 1599. 2. Vers 25-29. — 3. Vers 155-205.

qui s’alloit battre contre Diomède; et c’est aussi au sujet de Glaucus que Pindare en parle, disant que Glaucus se glorifioit parmi les Troyens d'être petit-fils de Bellérophon; et il fait cela pour imiter Homère.

Tov à’ àv Ourw odrvar Znvos dpyatar Déyovrar.

Il parle du cheval Pégase, car il fut changé en astre, et Aratus dit que même parmi les astres il y en a quelques-uns qui s'appellent des ânes. Mais, dit-il, je m'arrête trop hors de mon sujet, ayant entrepris de louer les Corinthiens et de prêter ma main aux Muses, &yAwo0oôvos, pour les louer : Motos ÉGuv enixoupos. Il loue donc les diverses victoires des Corinthiens, et s'engage de louer celles qu’ils remporteront encore. Puis il finit priant Jupiter qu'il donne de l'agrément à ses vers?, et qu'il les fasse estimer.

JANXX zobvorouv ÉxvEdouL Too), Zeÿ, téker, aid@ dtdobs Ko TÜyay Tepxvüv hvuetoy.

Il dit xoüvotouv most, c'est-à-dire qu'il finisse son hymne en

sorte que personne n y treuve à redire et n'en soit choqué.

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