‹ Œuvres de J. RacineChapitre 334 sur 390 · DE RACINE A MADEMOISELLE RIVIÈRE · texte numérisé non relu

DE RACINE A MADEMOISELLE RIVIÈRE

À Paris, ce 16. août [1685].

Je ne vous écris qu'un mot par Mme de Passy”, pour vous prier, ma chère sœur, de ne me point envoyer d'argent pour le surtout de M. Rivière, que je lui enverrai la semaine prochaine. J'en ai besoin dans le pays où vous êtes. Donnez quatre ou cinq pistoles, selon que vous le jugerez à propos, à cette des Fossés* que

Lerrre 54. — 1. Cette lettre a été publiée pour la première fois par M. Aimé-Martin dans sa cinquième édition des OEuvres de Racine, tome VI, p. 425. Elle lui avait été communiquée par M. Feuillet de Conches, possesseur de l’autographe.

2. Racine s’est occupé en d’autres temps encore des affaires du grenier à sel, dans lesquelles il y avait à défendre les intérêts de son beau-frère. Cependant il nous a semblé probable que cette lettre est de la même année que la lettre 52, où il est dit (p. 529) que « l'affaire sera portée au Conseil. » Dans celle-ci nous lisons qu’elle est au greffe du Conseil. Cela paraît assez bien se rapporter.

3. Mme de Passy doit être cette demoiselle Vitart à qui Racine a adressé plusieurs des lettres de sa jeunesse. En 1685, elle était veuve, depuis deux ans, de Nicolas Vitart, seigneur de Passy (Passy en Valois, canton de Neuilly-Saint-Front). Nous avons eu sous les yeux un acte du 18 août 1684, qu’elle a signé : Marguerite le Mazier de Passy.

4. Nous ne savons si cette des Fossés est la même que Racine, dans deux lettres qu’on trouvera au tome suivant, datées de 1697, nomme « ma cousine des Fossés, » et «la pauvre cousine des Fossés. » Il y eut une cousine germaine de Racine, Agnès Racine, fille de Claude Racine, et de Geneviève Castel, qui épousa d’abord Jean Scart, officier chef de paneterie chez la feue Reine, et, en secondes noces, le chevalier des Fossés, capitaine des chasses au comté de Nanteuil. Voilà certainement une cousine des Fossés. Mais, née en 1664, elle avait vingt et un ans en 1685 : ce n’est donc point la femme « fort âgée » dont Racine parle ici. Quoique nous n’ayons pu savoir à quelle époque se fit son second mariage, il ne paraît pas non plus que ce puisse être « la pauvre cousine » des lettres de 1697. Les des Fossés étaient sans doute alliés aux Racine avant le mariage du capitaine des chasses de Nanteuil avec la fille de Claude Racine.

vous dites fort âgée et fort mcommodée avec son mari. Est-ce la fille qui fut mariée à Neuilly, il y a deux ans, qui est maintenant veuve? Mandez-le-moi; car si elle est dans le besoin, je tàcherai encore de l’assister. Je vous enverrai® de l'argent tant que vous en jugerez à propos. Je me repose sur vous de tout cela. J'espère que les affaires du grenier à sel seront bientôt terminées. On dit que cela est au greffe du Conseil, Adieu, ma chère sœur : Je suis tout à vous.

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