Iliade, livre XXIV, vers 6ar et suivants
4. Tel est le texte du manuscrit. On s’attendrait À une double négation : « Ce n’est pas qu’il n’y admet; » ou plutôt : « n’y admette. »
5. Au chapitre v des Éthiopiques (livre Il), p. 107 de l'édition de Lyon, M.DC.XVI (1 volume in-8).
SUR L’ODYSSÉE D'HOMÈRE. 6r
Calasiris, devant que souper avec Cnémon, boit en l'honneur des Dieux, et aussi, dit-il, en l'honneur de Théagène et de Chariclée, qui méritent bien cet honneur. Cette cérémonie consistoit à répandre quelque goutte de vin, et puis après d'en boire un peu; c’est [ce] que les Grecs appellent e{6w, et les Latins Zibo, c’est-à-dire Zeviter degusto. Cela s’observoit .inviolablement au commencement des festins; et si Homère l'omet ici, il faut attribuer cela à l’importunité de tous ces amoureux qui mettoient le trouble partout. Sur la fin du festin, un musicien chantoit. Après qu'on avoit levé les tables, on chantoit encore, ou bien on dansoit : c’est ce que font ici tous ces importuns.
Adtèo re rôotoç xal Ednruos À Époy Évro Mynotipes, rotoiv pèv vt ppeoly dAXa peufet, : Mori v épynotés ve” 1ù yép v” dvalfuata auxôs. [Vers 150-152.]
Car ce sont là, dit-il, les embellissements d’un festin. Pour Telemachus, il avoit d’autres choses à songer; et pendant que le musicien touche son luth, il entretient Pallas, et il lui dit que ces gens-là ont bon temps, parce qu’ils se divertissent aux dépens d'autrui.
Torotsty pèv radre péder, #l0apus ta dotdf, “PP, ère dAX6TELOY Blorov vérouvoy Édouatv. [Vers 159 et 160.]
Puis il lui demande ce qu'on demandoit d’abord à un étranger :
Tle, rôlev efs &vèpüv ; ét tot rôke, ADÈ Toxifec ; Orrolne d” Er? nds avlxeo; [Vers 170 et 171.]
Après il demande si elle est des anciens amis de la maison, - parce qu'on avoit encore plus d'égard à eux; et il dit ces belles paroles à la louange d'Ulysse :
"HE véov pelénets, À nat rarpwiés êoot Sevos; êtet roXo! l'oav dvépes fuétepéy d6 AXot, Éret na netvos énlotpogos iv &v0poruv, [Vers 175-177.1
Il faisoit du bien aux hommes, c’est-à-dire qu’il les traitoit -toujours bien. Pallas lui répond qu’elle s'appelle Mentès de Taphe; et que lui et Ulysse sont amis de père. Elle l’assure
qu'Ulysse n’est pas mort, et qu'il reviendra assurément à Ithaque. Et puis elle dit à Télémaque, pour lui donner du courage, qu'il ressemble tout à fait à Ulysse :
Av ap xepady te xaÙ Opuata xxXX Éotaus Kebw. [Vers 208 et 209.]
Après Homère décrit parfaitement le caractère d’un jeune homme, en la personne de Telemachus, qui souhaiteroit d’être plutôt le fils de quelque homme riche qui lui eût laissé beaucoup de bien, que non pas d'Ulysse, qui lui a laissé une maison qui s’en va en ruine à cause de l’insolence des amants de Penelopé.
‘Qc dn Éyuy’ dpshov péxapés VS teu Éuevar vids ’Avépos, dv xtéareouy Éots Er yipas Étetue.
Nôv 3” Ôs dnotuétaros yévero Ovnrüiv vowruv. [Vers 217-219.]
Pallas le console, et lui demande qui sont tous ces gens-là qui font tant d’insolences chez lui; et elle lui fait cette demande afin de l'irriter encore davantage. Télémaque dit qu'Ulysse avoit fait une fort bonne maison, tandis qu’il demeuroit à Ithaque; mais qu'à présent on ne savoit ce qu'il étoit devenu, et qu’il étoit mort sans faire parler de lui. Il vaudroit bien mieux, dit-il, qu'il fût mort glorieusement devant Troie; les Grecs lui auroïent dressé un tombeau, et la gloire en seroit revenue à son fils. Après il parle de tous ces rivaux qui font ensemble l'amour à sa mère.
H 0° obr” dpvetrat oruyspby yépov, oùte rekeuthy Totfou dévatat * rot DE OuvÉOouo Édovres Ofxov éuév. Téya dé pe dtapbaloovat xat adrév. [Vers 249-251.]
Il fait voir là la prudence de Penelopé, qui, ayant ce mariage en horreur, ne les rebute pas pourtant tout à fait, de peur qu'ils ne s’emportent aux dernières extrémités, Pallas répond que si Ulysse revenoit au logis au terrible état où elle l'a vu quelquefois, il leur feroit d'étranges noces.
AN rot pèv tadra Oedv êv yobvacr xetrat. [Vers 267.]
Ce vers est assez fréquent dans Homère, pour marquer la
providence des Dieux, de qui dépend toute chose. Après elle conseille à Telemachus d’assembler le lendemain tous les rivaux, et de leur dire hardiment que chacun s’en aille chez soi, et qu'il dise à sa mère que si elle se veut marier, elle s’en aille chez ses parents, qui lui feront tel avantage qu'ils voudront; qu'après cela il aille chercher qui lui apprendra des nouvelles de son père: si on lui dit qu'il vit encore, qu'il ait patience; que, s’il est mort, il lui fasse des funérailles, et qu'il tâche après de se défaire de tous ces importuns, sive dolo, sive palam. Car vous n'êtes plus enfant, dit-elle,
OÙdé tt 0€ pp Nnridas dpéeuv, êret oùx Ete rnAlxos col. [Vers 296 et 297.]
Ne voyez-vous pas, dit-elle, quelle gloire s’est acquise Oreste en vengeant la mort de son père?
Kai ob, oflos (péka yép ©” épéw xx A6 te péyav TE) Aupos Eoo”, La tls de xat bryévuv ed elxn. [Vers 307 et 302.]
Telemachus la remercie de ses conseils, et lui veut faire un présent avant qu’elle s’en aille; mais elle remet cela à une autre fois; car jamais Homère ne laisse sortir un étranger qu’on ne lui donne un présent, afin qu’il se souvienne de celui qui l’a reçu à sa maison, et que ce soit à l'avenir une marque de leur amitié. Aussitôt Pallas s’envole comme un oiseau, lui inspirant dans l’âme de la hardiesse et du courage.
Vrépynoév té Ë ratpds M&Xov Er’ à to répoullev. [Vers 321 et 322.] Et lui s’apercoit bien que c’est une divinité, et il va trou ver les rivaux.
Toto à doudde dede repixhurds, oÙ dE ot Elo’ &xoÿovtes. [Vers 325 et 3:6.]
Ce vers exprime bien l'attention qu’on a dans une grandë assemblée lorsque quelque musicien chante. Celui-ci chantoit
1. Racine a écrit: « de qui dépend toutes choses, » — Avant ces mots, le texte de M. Aimé-Martin est de Dieu, et non des Dieux. Le singulier est aussi la première lecon du manuscrit; s et x ont été ensuite ajoutés : est-ce de la main de Racine?
le retour des Grecs après la prise de Troie. La-dessus vient Penelopé, qui descend de sa chambre; car elle demeure toujours dans une chambre d’en haut, toute seule avec ses servantes, et n’a point de communication avec ses amants, si ce n’est qu’elle descend quelquefois pour voir ce qui se passe dans le logis, comme présentement pour entendre ce musicien; et elle n’entre jamais dans la salle, mais se tient toujours à l'entrée, ayant deux servantes à ses côtés, telle qu’elle est dépeinte en cet endroit:
Klpara d nAhv xate6fouro oto dépouo,
Ox oin, ua rfye xat Suplrodkot DL’ Erovro.
H © Ëte D pynotpas dolxero dia yuvaxüv,
2x fa rapè oTalpby Téyeos rûz& roumtoto,
’AVTa Tapetduwv cyoUÉVn ATapà 2pdEUVE*
’Auolrokos à &ox of xedvn Exdrep0e rapéotn. [Vers 330-335.]
Homère lui fait toujours tenir un voile ou un mouchoir devant ses joues, pour montrer qu’elle pleuroit presque toujours son mari. Elle dit en pleurant à ce musicien qu'il prenne un autre sujet, parce que celui-là est trop douloureux pour elle. Mais Telemachus, qui veut commencer à prendre quelque autorité dans la maison, et qui est bien aise même qu’on chante la gloire de son père, afin d'entretenir le deuil et l'affection! de Penelopé pour son mari, dit qu’elle laisse faire ce musicien. Car, dit-il, ce n’est pas sa faute si vous pleurez; mais il s’en faut prendre aux Dieux qui font les faveurs qu'il leur plaît aux hommes d'esprit, en les inspirant. Outre cela, ditil, les hommes n'aiment rien plus qu'une nouvelle chanson :
Tv yap dodhv paXRov EruxXelovo” vÜpwroe, "Hits dxovévrecot veurétin dupréAnter. [Vers 351 et 352.]
C'est-à-dire qu’en matière de poésie les plus nouvelles sont toujours les plus estimées. Mais, poursuit Telemachus, remontéz à votre appartement, ayez soin de votre ménage, et laissez l'entretien aux hommes, et à moi surtout, qui suis le mattre du logis :
AV eg ofxov loboa tà oavris Épya xôpute,