‹ Œuvres de J. RacineChapitre 56 sur 390 · Enéide, livre LL, vers · texte numérisé non relu

Enéide, livre LL, vers

SUR L’ODYSSÉE D'HOMÈREF. . . 87

fait pleurer. Le fils de Nestor répond pour lui, parce qu'il est mieux séant qu'un tiers dise qui il est. Il est vrai que c’est lui, dit-il; mais il est sage, et ne veut pas se vanter devant vous, que nous écoutons comme un dieu :

Neueooëtar d ëvt Oupü, #Q5 E0bv +d rpürov, érecboklas àvapalvetv ’Avza cé0ev. [Vers 158-160.]

Et Nestor m'a envoyé pour l'accompagner, et il est venu vous demander des nouvelles de son père, dont l'absence lui est insupportable, et le fait souffrir beaucoup. Menelaüs s’écrie aussitôt :

7Q rôror, À péha dn lou dvépos vide Eudv D&

"1x0, ds élvex” dueto nokets épuéynoev &é0douc. [Vers 169 et 170. La reconnoissance de Menelaüs paroïît par ces paroles.

J'avois résolu, dit-il, de l'aimer plus que personne, et de

l'emmener hors d’Ithaque, lui et sa famille, et son peuple, et

de lui donner une de mes villes, afin que nous vécussions en-

semble.

OÙ dE uev fus ANRO DÉAPIVEV QUAÉOVTÉ TE TEPTOLLÉVE TE, Holy y ôte dn Bavéroto p£hav vépos duperdhuber. [Vers 178-180.]

Mais quelque dieu nous a envié ce bien-là, et l'a privé de son retour. Ces paroles tendres les font pleurer tous quatre.

Qc opéro. Totar d näoiv de” Uuepoy ose yot0.

Kaate pèv ’Apyeln ‘Elévn Ads éxyeyauta,

Kate dè Thheuayôç te xa ’Atpeldnc Mavéhaoc,

OÙ’ &pà Néctopos vids ddaxphtu Éyev docs. [Vers 183-186.]

Car il se souvenoit de son frère Antilochus, et il dit à Menelaüs : Croyez-moi, changeons de discours; car je n'aime. pas de pleurer après (ou durant) le souper,

OÙ yèp Éywye Téonou’ Odupéuevos ueradépntos [vers 193 et 194];

mais demain au matin, tant que vous voudrez; ear -je h'em-

pèche point qu'on pleure les morts, vu que c’est là leur récompense :

Toëté vu a yépac otoy étCupotot Bporotat Kelpactlal <e x6punv, Bañéeuw +’ àrd Dérpu rapaüv. [Vers 197 et 108.]

Menelaüs loue son discours, et dit ces belles paroles :

Petx © Splyvwros yévos dvépos dite Kpovtowy "OXov értxAbon yapéovrl re yeuvouév re. [Vers 207 et 208.]

Tel qu'est Nestor, à qui Dieu a fait la grâce de vieillir longtemps et agréablement dans sa maison, et d’avoir des enfants également sages et vaillants. Ainsi ils lavent les mains et soupent; et pour leur faire oublier leur affliction, Hélène jette dans leur vin une drogue d’une herbe qui ôte toute la douleur et la colère :

Nnrevdés +’ pokôv re, au EriAn0ov érévrwv [vers 221],

de sorte qu'après cela un homme auroit passé tout le jour sans pleurer, quand il verroit mourir ou sa mère [ou son père], et qu'on tueroit cruellement son frère, où même son fils à ses yeux. Quelques-uns croient que cette herbe, qui a été appelée nepenthes, n'est autre que la buglose; au moins Pline dit qu'elle a les mêmes qualités. Voici ce que Pline en dit 1. XXV k c. 3, où il la décrit : Homerus quidem, primus doctrinarum et antiquitatis parens, multus alias in admiratione Circes, gloriam herbarum Ægypto tribuit; et un peu après : Mobile illud nepenthes oblivionem tristitiæ veniamque afferens, et ab Helena utique omnibus mortalibus. propinardum ; il en parle encore 1. XXI, c. 211. Homère dit donc que cette herbe, avec plusieurs autres, avoit été donnée à Hélène par Polydamna, princesse égyptienne.

Tf rAstora péper Celdtwpos &povox et 230.] Pépparxx rod uèv ÉONX epuyuévx, roAX D Avypé. [Vers 22.

Plutarque? applique ce passage à la lecture des poëtes, où

1. Nepenthes illud prædicatum ah Homero. Dans d’autres éditions ce passage est au chapitre xcr ; et le précédent au chapitre v du livre XXL. 2. Comment le jeune homme doit écouter les poëmes, chapitre 1.

lya beaucoup de bonnes choses à prendre, et beaucoup de mauvaises. Homère dit qu'en Égypte chacun y est fort habile médecin, car ils descendent tous de Pæon. Aussi les Égyptiens passoient partout pour des devins et des enchanteurs, comme on voit dans le Calasiris d’'Héliodore; cet auteur assure qu'Homère étoit Égyptien, et le prouve !.

Puis elle leur parle, et leur dit ces mots qui sont fréquents dans Homère :

’Avopüv 20 dv raîdec (drèp fee MAT” Er” EM 237], Leds &yalôy re zaxbv te Didot+ Düvatau väp éravta) [vers 236 et

pour montrer que la misère et le bonheur n'ôtent et n’ajoutent rien à la vertu d'un homme, puisque ce sont des choses que Dieu donne à qui il veut. Hélène loue Ulysse, et surtout lorsqu'il se lacéra lui-même, et que, déguisé en gueux, Géxtn [vers 248], il entra dans Troie, où il fit grand ravage.

Et elle dit qu'elle s’en réjouissoit, desirant alors de revenir

avec son premier mari, et déplorant le jour que Vénus l’avoit emmenée à Troie; car elle fait l’honnête femme, et veut dire qu’elle avoit été enlevée par force. Menelaüs dit que ce fut “bien autre chose lorsqu'ils étoient enfermés dans ce grand cheval de bois, où il fermoit la bouche à tous ceux qui vouloient répondre à Hélène, qui, par je ne sais quel instinct, les appeloit tous, en contrefaisant la voix de leurs femmes. Telemachus dit alors : Et le pis, c'est que tout cela ne lui a servi de rien :

"Akytov * où yép of T1 Ty” Horece Auypby Ekelpov. [Vers 299.]

Après ils se vont tous coucher. Du matin Menelaüs se lève, et vient demander à Telemachus le sujet de son voyage. Il le lui conte tout au long, comme à Nestor. Menelaüs, indigné de l'impudence de tous ces beaux amoureux, dit :

0 rôrot, À pLéka dn xoutepéppovos àvDpbs èv ebvf "HBehoy edvn0var dvéluides ado éévres. [Vers 333 et 334.]

Ainsi, dit-il, lorsqu'une biche vient mettre ses petits dans

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