LIVRE V
19 avril.
Homère revient à Ulysse, et laisse là sa femme et son fils. Les Dieux s’assemblent, et Pallas obtient son retour. Il commence par la description du matin :
’Hôs © x Acyéwv rap’ &yavod Tevoto ’Qow0’. [Vers x et 2.]
Pallas déplore la misère d'Ulysse, que Calypso tient captif. Jupiter envoie aussitôt Mercure dire à cette nymphe qu’elle le renvoie. Mercure part avec cet équipage qui lui est ordinaire. Voici comme Homère le dépeint :
Adtix” Ene0” Ord rosotv Édiouto a Xà rédiho,
1. 11 y à cet, et non cette, dans le manuscrit, Voyez le Lexique.
’AuGpéoix, ypbaeta" té puy pÉpOV AHÈV g" bye,
HO èr” dnelpova yaiav, &ux rvorfis &véu.oto.
Etkero dù Béédov, 19 T dvèp@v dpuara BéAyE,
*Qv 28e, robe D adre xat brvovras éyelpet. [Vers 44-48.]
Et voici comme Virgile l'a traduit mot à mot au [livre] 4. de l’Énéide! :
Primum pedibus talaria nectit
Aurea, quæ sublimem alis, sive æquora supra,
Seu terram, rapido pariter cum flamine portant.
Tum virgam capit : hac animas ille evocat Orco
Pallentes, alias sub tristia Tartara mittit ;
Dat somnos, adimitque, et lumina morte resignat.
Virgile a encore traduit la suite, et raconte, aux mêmes termes qu'Homère, de la façon que Mercure part du ciel : ils le comparent tous deux à un plongeon; mais Virgile a ajouté cette belle fiction du mont Atlas, où il le fait reposer :
Heic primum paribus nitens Cryllenius alis Constitit; hinc toto præceps se corpore ad undas Misit ?,
Il arrive dans l’île de Calypso :
__ *Hrepévèe Hey: dppx uéya oréos Lasto, to Eve Nôuon Naïsy ürhôxauos. [Vers 56-58.]
Cette île s'appelle autrement Ogygie; au moins Pline dit que plusieurs ont cru qu'Homère l’appeloit ainsi. Calypso, quam Ogygiam appellasse Homerus existimatur®. Elle est devers l'Italie, près des Locres, qui en sont une province. Ce qu'Homère appelle ici du mot de caverne n’en étoit pas une sans doute; mais c’étoit quelque grande grotte que la nature avoit faite, et que Calypso avoit ornée pour en faire son palais. Ainsi les nymphes de la mer logeoient véritablement dans des grottes, mais ces grottes étoient riches et comme enchan-