‹ Œuvres de J. RacineChapitre 80 sur 390 · C’est ainsi que Racine a écrit ici · texte numérisé non relu

C’est ainsi que Racine a écrit ici

que : elle est pourtant fort ordinaire dans Homère. En effet, nous voyons que dans nos poëmes, et même dans les romans, on ne parle non plus de manger que si les héros étoient des dieux qui ne fussent pas assujettis à la nourriture : au lieu qu'Homère fait fort bien manger les siens à chaque occasion, et les garnit toujours de vivres lorsqu'ils sont en voyage. Virgile en fait aussi mention, quoique plus rarement qu’Homère, et il ne le fait que dans des occasions importantes, comme au [livre] r*", après le naufrage, Énée tua des cerfs qu'il donna à ses gens, qui en avoient bien besoin; ensuite le souper de Didon, où cette princesse devient amoureuse : et c’est ce qui lui fait dire au [livre] 4°, pour éviter les répétitions :

Nunc eadem, labente die, convivia quærit 1;

au 3°, le dîner des Harpies; au 5°, en l'honneur d’Anchise: au 7°, pour accomplir la prophétie :

Heus ! etiam mensas consumimus © !

et au 8, le sacrifice d'Évandre. Voilà, ce me semble, tous les endroits où il est parlé de manger dans Virgile. Mais dans Homère il [en] est fait mention presque partout, et plus encore dans l'Odyssée que dans l'Aiade, parce qu'ici Homère ne parle presque que d’affaires domestiques, au lieu que l’Ziade est pour les actions publiques. En cet endroit, on recommence par trois fois à boire, à l’occasion d'Ulysse et des libations qu'on faisoit aux Dieux; en suite de quoi chacun se va coucher. Ulysse demeure seul, et Arété et Alcinoüs auprès de lui. Arété reconnoît le vêtement que sa fille lui avoit donné, et qu'elle-même avoit fait de ses mains. Elle lui demande donc qui le lui a donné : Ne dites-vous pas que vous avez [été] jeté par l'orage en ce pays-ci? Et Ulysse lui répond, et lui dit de quel pays il vient. Il y a assez loin d'ici une île qu'on appelle Ogygie, où demeure la nymphe Calypso, fille d’Atlas,

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Mioyetar, oÙre Oeüv, oùte Ovnrüv avOporuwy.

AAN êuè tbv Déornvoy Épéoriov Ayaye Axtuwov Otov. [Vers 246-249.]

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