‹ Œuvres de J. RacineChapitre 83 sur 390 · Vers {r · texte numérisé non relu

Vers {r

A l'heure même, on va équiper le vaisseau, et puis tout le monde vient chez Alcinoüs, jeunes et vieux :

ToXo D So? Esav véor, 488 rakatol. [Vers 58.1

Alcinoüs fait tuer une douzaine de brebis et sangliers, ou plutôt des porcs, &yptéSovrac act, et deux bœufs. Le héraut amène le chantre. Il semble qu'Homère se soit voulu dépeindre sous la personne de ce chantre, s’il est vrai qu'il étoit aveugle, comme on dit : Car les Muses, dit-il, l’aimoient uniquement et lui avoient donné du bien et du mal. Elles l’avoient privé de la vue, et lui avoient donné l’art de bien chanter :

KhpuË à Eyyédev FA0ev, dywv 2pénpov éoudév:

Toy zépe Moûo’ 2ofAnce, Dldou à dyalôv te xax6v re” 0phapüv ph ducpse, Bdou D fderav &oudfv. [Vers 62-64.]

Le héraut lui donne un siége, 6pévov &eyuoénhov?, au milieu de la salle, contre un pilier où étoit pendu un luth, qu’il lui met entre les mains, et met une table auprès de lui, garnie de viandes et de vin, afin qu’il bât quand il voudroit. Sur la fin du dîner, il commence à chanter :

Moÿo” 49° doudbv dviuey derdépevar x\éx avèpv, Ofuns, tüs tôt” Sox hÉ0 odpavby edpbv Txave - Netxos "Odvooos xat InAslôcw AyiAños. | Vers 73-75.]

C’étoit la coutume de ce temps-là de toucher le luth et de chanter tout ensemble; et les chansons ordinaires étoient la louange des belles actions. Ainsi, au [livre] 9. de l’Xiade, Homère représente agréablement Achille qui jouoit du luth, lorsque les principaux des Grecs le vinrent voir dans sa tente. Il semble que les autres poëtes aient tenu cela au-dessous de leurs héros, car ils ne leur donnent jamais cette qualité, qui étoit néanmoins affectée des grands hommes, comme Cicéron remarque de Thémistocle, qui, ayant déclaré en bonne compagnie qu’il n’en savoit pas jouer, habitus est indoctior$. Cela convient fort bien à Achille, pour le divertir durant tout le temps qu’il demeuroit seul dans son vaisseau.

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