Tusculanes, livre I, chapitre
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Et lorsqu'il vit entrer Ulysse et les autres chefs de l’armée grecque, il se leva, ar? cbv oopuryyt*.
Mais ici Homère, par un bel incident, et pour surprendre davantage l’esprit du lecteur, fait chanter la guerre de Troie, qui étoit une chanson, dit-il, dont la gloire montoit déjà jusqu’au ciel. Il l'a déjà fait chanter dans la maison d'Ulysse ; mais c’est quelque chose de plus étonnant qu'on la chante parmi les Phéaques. Virgile, qui a voulu imiter cette invention, a mis des tableaux à Carthage où Enée voit la guerre de Troie :
Quæ regio in terris nostri non plena laboris Ÿ ?
Le musicien chante la dispute d'Achille et d'Ulysse, Agamemnon se réjouissant de les voir ainsi aux mains, à cause que l’oracle lui avoit prédit que la ruine de Troie seroit proche alors : L
Tére yép fa xvXlvdeto rhmaros àpyà Tool te xat Aavaotot, Aubs peyékou à BouAds. [Vers 81 et 82.]
Cela fait venir les larmes aux yeux d'Ulysse, et il fait comme son fils faisoit chez Menelaüs : il met sa robe devant ses yeux :
Kélube D xx1ù rpéswra:
Aôero yep Palnnas, br’ Ôppüar déxpua Aelôwv. [Vers 85 et 86.]
Quand le musicien cesse de chanter, il se découvre le visage; et prenant un verre, [il‘] boit en l'honneur des Dieux ; mais sitôt que le musicien recommencoit, car on se plaisoit à l'entendre, et on le faisoit recommencer souvent, Ulysse se
. Iliade, livre IX, vers 186-191.
. Ibidem, vers 194.
. Énéide, livre I, vers 460.
. I yaet, au lieu de i/, dans le manuscrit.
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cachoit encore pour pleurer. Personne n’y prenoit garde ; mais Alcinoüs, qui étoit auprès de lui, s’en aperçoit et l’entend soupirer. Il fait donc cesser, et dit qu’il faut aller s’exercer aux jeux, afin que l'étranger puisse réciter à ses amis combien les Phéaques sont excellents à la lutte, au combat de main, à la danse et à la course. Tout le monde va donc pour voir les jeux, et le héraut, prenant le chantre par la main, l'amène avec les autres. Toute la jeunesse, dont Homère conte les noms, s'apprête à combattre, et entre autres trois enfants d’Alcinoüs, Halius, et Clytoneus, et le beau Laodamas, qui étoit le mieux fait de tout le peuple. On commence par la course :
Totot à nd woons! téraro dpépos: of à Eux rüvres . Kaprakluws érétovro xovlovres xedloto. [Vers 121 et 122.]
Clytoneus passe les autres de beaucoup. Ensuite on joue aux trois autres jeux, et Laodamas est vainqueur aux poings?, pugilatu ; et il dit à ses amis qu’il faut demander à l'étranger s’il sait quelqu'un de ces jeux, y étant assez propre de son corps, soit pour les cuisses et les jambes, les mains et le cou robuste, et outre cela étant encore dans la force de la jeunesse, si ce n'est que ses travaux ne l’aient beaucoup affoibli : Car, dit-il, je ne crois pas que rien affoiblisse plus un homme que la mer, si fort qu'il soit. Euryalus, le vaillant, loue son dessein. Ainsi Laodamas vient prier Ulysse de montrer son adresse : Car, dit-il, il n’y a point de plus grande gloire à un homme que d’être adroit des pieds et des mains. Et en cela il parloit sans doute comme un jeune homme qui n’est jamais sorti de son pays. Aussi Ulysse lui répond qu'il le prie de l’excuser :
Kaôeé por nat pZAoy êvt opeolv, Arep &ebhor 5. [Vers 154.]
Et maintenant que je suis ici pour obtenir le secours dont j'ai besoin, il me siéroit mal de me jouer et de combattre contre vous autres. Euryalus lui dit incivilement qu’il n’a point l'apparence
1. À carcere. (Note de Racine.) — 2. Dans le manuscrit : poins.
3. En tête de la page 89 du manuscrit, qui commence par ce vers, et où se trouve le passage grec suivant (vers 169-173), sur l’homme éloquent, Racine a écrit : « V4. Éloquence. »
d’un galant homme; mais que c’est sans doute quelque marchand qui ne sait que trafiquer sur mer, puisqu'il ne sait pas les exercices des honnêtes gens. Ulysse se sentant piqué, lui répond qu’il parle un peu trop en étourdi :
Orus où révreoot eds paplevra dldwouv
Avôpdotv, oÙte ou, oÙt” do opévas, oùt” &yopnTuv:
*ANoc uèv yép Tv Efdos dudvétepos rÉhet avi,
’AAAà Oeds poppñv Éreot atépet” of dE Tr” ÈS adrov
Teprôpevor Aetosovouwv 6 d’ dopakéuws Gyopever
Aidot petAtyin, meta DÈ mpéret dypomévoroty,
’Epyxôpevov à &vè dotu, Oebv dc, eloopéwotv-
AXoc D ad etdos pèv &yrtos ABavétoraty”
AA où of épis dupirepiotéperar Enéesow. [Vers 167-175.]
On voit bien que Dieu ne donne pas ses grâces à tout le monde, ni le bon naturel, ni l'esprit, ni l’éloquence ; car l’un n’aura point de beauté sur le visage, et Dieu en donne à ses discours ; tout le monde l'écoute et le regarde avec plaisir; et lui, parle avec assurance, et néanmoins avec une modestie charmante, et il fait ce qu’il veut de son assemblée ; et lorsqu'il va par la ville, on le regarde comme un dieu. Cet endroit est admirable sans mentir, et l’éloquence ne sauroit pas être mieux décrite. Surtout cette belle pensée : 6 D dopakéwc dyopeust Aidot petlryin..…, qui montre bien qu’il faut toujours parler avec confiance, mais néanmoins avec une agréable modestie qui gagne les cœurs. Au contraire, d’autres ont fort bonne mine; mais ils n’ont point de grâce dans leurs discours. Vous êtes de ceux-là, dit-il; car vous êtes beau et bien fait, mais vous n'êtes pas assez sage : dumodaxhs yap pÜos!, car vos discours sont offensants. Cependant je suis plus habile que vous ne pensez, et, tout fatigué que je suis, je ne laisserai pas de vous le montrer. Disant cela, il prend un palet ?, et le jette extrèmement loin. Pallas, déguisée en homme, y met une marque, afin qu'on le voie, et l’assure de la victoire. Ulysse s'en réjouit, étant bien aise d’avoir là treuvé un homme qui lui fût favorable.
Kat tôte xoupétepoy perepdvee Daufxeoot. [Vers 20r.]