‹ Œuvres de J. RacineChapitre 89 sur 390 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

Ulysse commence le récit de ses voyages, comme Énée fait à Didon; mais au lieu que le récit d'Énée ne tient que deux livres, PE d'Ulysse en tient quatre. Il répond à Alcmoüs sur ce qu'il avoit fait cesser le musicien : Grand prince, dit-il, il est toujours beau d’entendre les musiciens, surtout celui-ci qui chante d’une voix égale aux Dieux; car, dit-il, je ne crois pas qu’il y ait rien de plus beau au monde que de se réjouir -dans les festins et dans les concerts, lorsque le peuple cependant est en repos et réjouissances :

Où yèp Éywyé tl onu Télos yaprédrepoy eiva,

H ôtav edppooivn pèv Exn xéta dfpLoy étavra,

Aarouôves D &và dopat’ doudCwvrat &oudod,

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Toëré rl por xéNMaTOv A gpeoiy elderer elve. [Vers 5-11.]

Il dit son nom et son pays. Je suis Ulysse, dit-il :

Eï” ’Odvoebs Auepridôns, ds raot d6)ototv ’Avopéroust Lu, nal eu Ados obpavby Tuer. [Vers 19 et 20.]

Adlos se prend là en bonne part, pour adresse, prudence. Je suis bienvenu de tout le monde, à cause de mes adresses ; et ma gloire est répandue partout.

Sum pius Æneas,.… fama super æthera notus*.

Il décrit la situation d’Ithaque : Elle est rude, dit-il; mais elle est bonne pour élever des enfants, tpnyet, GAN dyabà xouporpigoc?. C'est peut-être à cause de cette rudesse même ; car il n’y a rien qui soit moins propre à l'éducation de la jeunesse qu’un pays mol et délicieux. Enfin, dit-il, je ne vois rien de plus charmant que mon pays; et c’est en vain que Calypso, grande déesse, et Circé, tout de même, m'ont voulu retenir dans leurs grottes, souhaitant que je fusse leur mari. Elles n’ont jamais pu me fléchir de ce côté-là :

Os oddèv yAbxLov %s ratpldos odDÈ Toxfwv Tlvetou, eïncp nal tis éxéxpolt xlova otxoV Taln &v &Aodar valet axdveule toxfwv. [Vers 34-36.]

E Il commence le récit de ses voyages :

Duôôev pe pépuwv &venos Kixôveoot réaooev, ’louéow. [Vers 39 et 40.]

Il pilla cette ville, prit force butin, et vouloit s’en aller; mais ses compagnons se mirent à boire et à faire grand chère. Cependant les Cicons allèrent appeler leurs voisins, Kixoves Kixôvecor yeywveuv*; et ils vinrent charger en grand nombre les gens d'Ulysse, autant qu'il y a de feuilles et de fleurs au printemps. Ils se battirent jusqu’au soir :

FHyos D fékos merev{oseto Bouhutévès. [Vers 58.]

Alors les gens d'Ulysse eurent du dessous : il en périt plusieurs, et le reste gagna les vaisseaux, non sans avoir appelé

1. Virgile, Énéide, livre I, vers 398 et 379. 2. Vers 29. — 3. Vers 47.

par trois fois chacun de leurs compagnons qui leur manquoient. Quand ils furent en haute mer, la tempête vint; ils furent obligés de prendre terre et d'attendre le vent durant deux jours et deux nuits :

Kelue0” ôp0ù xapdruw te xaÙ dAyeot Oupbv Édovres. [Vers 75.]

Au troisième jour, il se remit en mer, et le vent le poussa, à la fin, à la terre des Lotophages; il envoya quelques-uns de ses compagnons pour savoir quels peuples c'étoient. Les Lotophages ne leur firent point d’autre mal que de leur faire manger de leur fruit. Ce pays est une île devers l'Afrique, appelée ainsi à cause d’un fruit qu’elle porte, que les Grecs appellent Zotos. Il est si délicieux que cela a donné lieu à la fable de dire que ceux qui en avoient une fois mangé ne se souvenoient plus de leur pays. Il y a en Égypte une herbe qui porte le même nom, et qu'Homère met au nombre de celles qui naissent pour le plaisir des Dieux, à ce que dit Pline, 1. 22, c. 21. En effet, Homère, au [livre] 14. de l’Iiade, parlant de Jupiter et de Junon, dit ces paroles :

Totor 2’ brd Ov dix gbev veolnAËa rolnv, Autôv 0° Époñevra, 1ë xp6xov, 0° Déxrvbov Tluxvbv al palaxdv, ds nd yÜovbs bé Éepye !.

Mais en cet endroit de l'Odyssée, c’est un arbre qui portoit ce fruit merveilleux, qui fait oublier toutes choses à ceux qui en mangent, de sorte qu’ils veulent demeurer avec les Lotophages. Ulysse fut obligé de ramener par force ses compagnons, qui pleuroient, et de les lier dans leurs vaisseaux; et faisant rentrer tous les autres de peur qu’ils ne mangeassent de ce fruit, ils s’en allèrent devers l’île des Cyclopes, qu’il appelle des tyrans et des gens sans lois, lesquels, dit-il, se fiant aux Dieux immortels, ne plantent et ne labourent point de leurs mains :

OT fa Qeoïor rexoudôtes dÜavdrouotv, Oùre purebouaw yepoty qurbv, ot’ äpéwaiv. [Vers 107 et 108.]

On dit que la Sicile fut autrefois habitée par des gens cruels

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