LE PEEB1IEE COMTE DE CUPIDO ET 1>'ATE0P
Il attaingnoit de mortelle sagette
Ou homme ou femme, à qui la mort approcha.
Et à tous coups que faulse Atropos iette, Elle faisoit homme ou femme amoureux, Bradant en flamme, à Cupido subiette.
Maint beau ieune homme alaigre et vigoureux Y veis ie choir, atteint de mortel dard, Et maint vieillard d amours tout langoureux.
quel abus, de voir vn tel souldard Seruir Amour, et le ieune mourir, Laissant Venus et son grand estandart !
Mais quel remède! on n'y peult secourir, Ainsi est on gourmande en ce monde, Par deux mesohans qui nous font tous périr.
Or vous allez par grand tristeur profonde Désespérer de leurs folz accidens :
Sage n'est pas qui trop auant s'y fonde.
Mort et Amour sont lourds et imprudent, Sans raison nulle, et tous deux aueugles, Yurongnes tous, et coquars euidens.
Si Mort est lieffre, (1) et ses faits desreigles. Si est Amour dangereux et farouche, Et tous deux sont d'inconstance accombles.
Mort ne void goûte, et Cupido est louche :
L'vn me menasse, à moj l'autre ne conte :
L'vn met en terre, et l'autre met en couche.
Ainsi, seigneurs, ay acheué mon conte. (2)
(1) lieffn. Gourmand, glouton, sans gêne, libéra f
(2) Conte d'Aquilano Seraphino (1446 f 1500).
FIN
LE SECOHD GONTS DE COP1DO ET D ÀTROPOS. 43