VOLVPTÈ A CELLE DE LA PART D'ATROPOS
Combien que soje amplement aduertie D'auoir affaire à gent moult peruertie, Obtenebree en toute desraison, le pense amours que le ray de raison Luyra si oler à ma félicité, Qu'on congnoitra leur grand peruersité, Et quelle aura en un honte et vergongne,
(1) Leurs armes.
DB CUFIDO ET D ATROPOS. lit
Do quereler vnc in Juste beson'gne,
Et de vouloir par force retenir
Ce qu'à autruy on scait appartenir.
le parle à toy, ô furie infernale,
Orde Megere, ayant charge totale
Par Atropos, comme la plus peruerse,
"Pour soustenir iniuste contronerse,
Et pour donner par malice maudite,
Couleur et fueille à querele interdite.
Tu scez aises qu'à son grand vitupère.
Elle retient Tare de mon noble pore,
Injustement contre tout ciail droit,
Comme ie vueil le prouuer orendroit.
Le premier poinct dont îe te vueil poursuiure,
Est qu'vn enfant mineur d'aria, foi, ou yvre,
Est pleinement releué de léger,
De ce qu'il ba peu vendre et estranger.
Item depuis qu'on void par apparence,
Que rne eschange ha grosse différence,
Et que l'vn passe en tout l'autre à prys Juste,
Tel changement est faux, vain et iniuste.
Item il faut, sans croire le contraire,
Qu'eschange soit tout pur et vol un ta ire,
Franc, libéral, et qu'il soit présenté
De l'vn à l'autre en franche voulante.
Or est il cler, et à chacun patent,
Que Cupido fut le pleige d'autant
Par Atropos, et tant pressé de boire,
Qu'il en perdit le sens et la mémoire,
Mesmes alors que sans penser au cas,
Eschange feit de son arc et carcatz,
Lequel combien à cil de Mort répugne
La preuue en est cy tresclere et commune,
Que dire puis sans faueur et enuie,
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Qu'ilz sont pareilz, ainsi que mort et rie.
Aussi ne fut onques le vouloir tel
A Cupido, de prendre Tare mortel,
Pour délaisser à son desauantage
Le sien ioyeux à la Mort en hostage,
Pour ces raisons et autres que ne dits.
Pour abbreger la somme de mes dits,
le quiers que l'arc d'Amour Dieu des humains,
De$ maintenant soit restabli es mains
De moy sa fille, illustre et délicate,
En ce pour luy establie aduoeate.
A tant flna Volupté le sien dire.
Alors Megere escumant par grand' ire,
De cœur félon, et d'arrogance fiere,
Luj feit response en semblable manière.
MEGERE A VOLVPTÈ.
I'auroye bien cause assez d'estre esbahie (0 Volupté de tout homme haïe, Venin d'honneur, de vertu la poison) D'ouyr ainsi ton friuole blason, (1) Garni d'iniure en extrême amertume, Contre tout droit, loy, statue et coustume, Si ce n'estoit que ie scay sans doutanec.
Qu'en toy n'y ha ne vertu ne constance, Et que tu es vne garse affaitee. (2) Mais pour venir au droit nœud de la cause, Et te respondre à chacun poinct et clause, A ce premier que dis estrangement, Lors que des arcs fut fait l'eschangement,
(1) remontrance. Palsgrave cite l'apocope fréquente : fauroy.
(2) achevée, bien dressée, habile. — Vers isolé.