‹ Œuvres de Jean Lemaire de BelgesChapitre 29 sur 89 · A HECTOR DE TROYE. (1Z · texte numérisé non relu

A HECTOR DE TROYE. (1Z

Ta mort, iadis vilainement forgée Par Achilles, Myrmidon desloyal, Qui onques n'eut cœur noble ne Royal.

Grecz légers, qui tant auez menti, Vostre vanter (combien qu'il soit basti Par artifice extrême, incomparable) Toutesfois vainc vérité désirable.

Tant qu auez peu, vous auez déprimée La gloire haute, et clere renommée Des bons Troyens, et la force Hectorine Plus cler luisant, que Soleil en verrine.

Mais voz fatras, voz fauts controuuemens Pource qu'ilz n'ont nulz fermes fondemens, Sont ia tombez en telle irrision, Que vraye histoire, et pleine vision En sont d'autant ores plus exaltées, Com' par auant estoient occultées.

Si donc les Francs eussent par leurs escrits Tant exaulcé leurs armes et leurs cris.

Que fust ce d'eux ? ou quelles nations Eussent produit plus hautes actions ?

A ce peult on congnoitre homme parfait, Qui ne dit guère, ains se montre à l'effect.

Par ainsi donc si les Turqz peu ciuiles Vous ont en main, et vous tiennent si viles, Que faites vous T pourquoy ne resuscite Vostre Achilles, à tout son exercite ?

Le Turq, se dit Troyen à toute force, Et nul de vous contre luy ne s'efforce.

Ha poures Grecz, s'vn Turq Troyen bastard Vous ha batus, que fera tost ou tard L'hoir légitime ? et qui ne vous veult batre Ains vostre iniure, et leur orgueil abatre. (1)

!1) Louis XII ne voudrait que confondre l'orgueil des Turcs.

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