‹ Œuvres de Jean Lemaire de BelgesChapitre 67 sur 89 · DR LA DIFFERENCE DBS SCHISMES · texte numérisé non relu

DR LA DIFFERENCE DBS SCHISMES

tresreuerend père en Dieu, monseigneur Iulian Cardinal, Diacre, au tiltre de saint Ange, Légat du saint siège Apostolique : Lan de grâce mille quatre cens trente et vn. Et voicy les propres termes de ladite autorité.

Frequens çeneralium eonciliorum eelebratio, agri domMd prmeipua cultura est, qua vêpres, spinas et triantes haresum, errorum et echismatum extirpât, ewcessus corriçit, deformata reformât , et vineam domini ad frugem vbcrrimm fertilitatis adducit. Ittorum ver à neglectus, pramissa disséminât, atçue fouet. Sac prateritarum recordatio, etprasentium consideratio, ante ocnlos nostros ponunt, etc.

Par les brieues paroles dessusdites, nous est demonstré combien de fruit peult procéder à la Chrestienté, de la fréquente itération des conciles généraux. Attendu que par iceux est cultiué le champ de nostre tressainte foy Chrestienne : Et par tel moyen sont extirpées di celle, les ronces, les espines, les chardons des hérésies, des erreurs, et des schismes : les excès corrigez, et les difformitez reformées. Et la vigne de Dieu par ce moyen est produite en abondance de fertilité : Mais dautre part, le nonchaloir et loubli desdits saints conciles semé, produit et nourrit tous les maux et inconueniens dessusdits. Lesquelles choses sont mises deuant noz yeux par le record et rememoration des choses passées, et par la considération des présentes.

Considérant donques en moy mesmes, que ce semble chose estrange et bien nouuelle, que par le moyen des Vénitiens, qui est la plus dangereuse nation du monde (comme iay monstre assez clerement en leur Légende , imprimée à Lyon) il y ayt ores discorde et guerre presquee ouuerte, entre le souuerain Prélat de leglise Romaine, et

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le 8onuerain patron et protecteur Royal de leglise Gallicane : et que plusieurs sesmerueillent, dont peult procéder vne si grand et si obstinée audace au Pape, et dautre part, vne si iuste confidence au Roy treschrestien. A fin de monstrer apertement dont procède la racine et fondation de lorgueil des ministres de leglise Romaine : et que^ce nest pas de maintenant que telles choses aduiennent : et oultreplus, que cecy désigne et prognostique le futur trèsgrand vingtquatrieme schisme en leglise catholique et vniuerselle, dont les vaticinations des Prophètes et Sibylles, et les prognostiques d'Astrologie, ont tant parlé. Et que ceste présente dernière oultrageuse ambition de leglise Romaine, sera prochainement cause finale de sa terrible persécution, rebat et humiliation, auecques reformation. On pourra entendre et gouster les choses qui sensuiuent : Cestasauoir, que pour toutes lesdites raisons iay entreprins à layde de Dieu monstrer en ceste œuure trois choses principales.

Sensuti ce gui sera contenu eu chacune des irais parties de ce

TraicU.

En la première partie sera prouué, comment les richesses données à Leglise, mesmement par lempereur Constantin le grand, et ses successeurs, Pépin, Charlemaigne, Loys le débonnaire, et autres bons Princes, combien que premièrement elles ayent esté engendrées souz ombre de sainteté, preudhommie et chasteté, ont neantmoins procréé sinistrement plusieurs mauuais enfans : Cestasauoir, Orgueil, Pompe, Arrogance, Hérésie, Mespris des Princes, Tyrannie des subietz, et Impudence, cestadire non honte. Apres lesquelles choses est suruenue obmission des conciles gène-

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raux. Et toutes telles choses ensemble , ont esleué les schismes, diuisions, bendes, séparations, empeschemens, et partialitez entre le peuple Chrestien. Par lesquelles choses sont suruenus beaucoup de maux, tribulations, inoonueniens et persécutions en Chrestien té.

Dont pour obuier ausdits inconueniens, ha esté mestier aux Princes, dassembler plusieurs synodes, conciles, et congrégations de preudhommes, et gens estimez en literetare et sainteté, desquelz conciles de leglise catholique, et yniuerselle, les premiers et les principaux sont spécifies en la première partie de ceste œuuvre, auecques les sept premiers schismes.

La seconde partie de ce Traicté contiendra la déclaration de tous, ou aumoins des principaux et mieux congnu conciles, tant vniuerselz comme particuliers, célèbres par leglise Gallicane et Françoise : et du proufit, honneur et gloire, qui en sont sortis et aduenuz à toute la chose publi* que de nostre foy catholique. Parquoy la fréquentation diceux est vtile et nécessaire.

En la tierce partie seront comprins, les schismes de leglise, depuis le huitième iusques au vingttroisieme inclusiuement desia passez. Et est faite (1) mention du vingtqua* trieme schisme futur, plus grand de tous les autres. Et de • la persécution horrible et merueilleuse de leglise Romaine, selon les prophéties. Apres lesquelles choses sera paix et tranquillité yniuerselle, par tout le monde : et le saint Euangile accompli, qui dit : Vnum ouile etvnus pastor.

<1) Serafmetê (les entras Mitions, satMnres à Ifrlty.

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Comment sur trois autoriiez principales ce présent Traieti

prend sa fondation.

Trois choses singulièrement ont fait grand dommage h leglise vniuerselle : cestasauoir, Ambition, mère dauarice : Obmission des conciles généraux, et Interdition de mariage légitime aux prostrés de leglise Latine. De toutes lesquelles choses nous parlerons amplement en toute ceste œuure. Dont pour fonder ce présent Traicté sur les raisons dessusdites, tant en gênerai comme en particulier, nous alléguerons trois principales autoritez inuincibles. La première est, de Pape Pie deuxième de ce nom, natif de Senes (1) en Toecane, lequel (comme recite Platina, en la vie dudit Pape Pie) souloit dire, pour vne sentence graue et sérieuse, à manière de prouerbe :

Vértutee elerum ditasse, ntia pauperem faeere : Sacerdotibus magna rations sublalas nuptias, maiori restituendas tdderi.

La seconde autorité, de messire Gaguin,(2) homme graue et autorisé, tant en Théologie comme en histoire : Lequel met «a la vie du Roy Charles septième ces mots exprès :

VestnsUssima enim eontentio d$ vniuersali concilia et Jtamano pontifies, vtrun maius sit t hactenus inter ecclesiasticos perse**rat. çno (mea sententia) factum est, vt générales spnodos cogère, pontifie* det rodent, formidantes suam tam latê patente* (ne Ocarn tsnrpntam) auctoritatem conciliorum decretis cokiteri. Itaqne en est hodie Mo mm sublimitas et amplitudo, ni parmi htàitk regibus, lioere ris omnia glorientur.

La tierce autorité est de Platina, tresnoble historien, lequel ha composé les vies de tous les Papes en beau style

(1) Sienne.

A) JU-ebrqajgmr et diplomate aitejten Robert Qaguin.

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élégant, et sans rien flatter. Si dit en la vie du Pape Benedict quatrième de ce nom :

SanctUate enim et doctrina, qum non nisi magnis laboribus consummataçue virtute comparantur, pontifient* decus, $in$ vllii opiius primé quiim auctum est, inter tôt hottes obstinatosque perseeutores Ckristiani nominis. Mox verà vbi entn ipsis opilms lasciuire eœpit eeclesia Dei , versis eins cultoribus à seneritate ad luxuriant, peperit nobis tanta lieentia peccandi % nullo principe Jtagitia kominum tum cofreente, (1) kee monstra, km por tenta. (Glossa, scilicet Pontifices kuius temporis) à quibus ambitions et largitione sanctissima Pétri sedes occupata est 9 potins quàm possessa % etc.

Lesquelles dessusdites veridiques sentences, ce tresnoble orateur de la langue Françoise, maistre Alain Charretier, en la fin de son Hure, appelle Lexil, ha exprimé si bien, quon ne sauroit mieux : Dont le texte de mot à mot, touchant ce passage, sera mis en la fin de la troisième partie de ce traie té.

Or -commencerons nous maintenant au premier schisme, par lequel sera congnu le fondement de tous les autres : et les irregularitez, et desordres depuis suruenuz en leglise, dont les saints conciles ont esté les vrays remèdes et antidotes.

Le temps du premier schisme et diuision en Leglise catkoUque, iusques au deuxième. Et des persécutions et tribulations de Ckrestienti. Et des saints conciles tenus pendant ledit temps : auquel sera comprime la donation de Lempereur Constantin faite au Pape saint Syluestre.

Cest chose assez commune et quotidienne, de voir et ouir que toutes choses mauuaises, prennent leur origine et com-

(1) Nullo principe fiagitia kominum tum coercente, ajouté daiu l'éd. 1549.

ET DBS CONCILES DE LEGUEE. 247

mencement, par quelque mauuais personnage : Comme il appert de Nouatus hérétique, prestreet Cardinal de Romrae. Lequel fut le premier qui viola lintegrité de la sainte église Romaine, par sa détestable ambition et hypocrisie. Car comme il pretendist à paruenir à la dignité Papale, souz ombre de sainteté et seuerité, cestadire, rigueur et conscience estroite, il (auecques les complices de sa secte) esleua deux Antipapes alencontre du saint père Cornille : lun nommé Nouatian (1) à Romme, et lautre Nicostratus en Afrique. Et se sépara ledit Nouatus de la communité de leglise Romaine, et sappella Monde, cestadire net, pur et saint, auecques ses disciples. Il soustenoit par grand hérésie, que les apostate, cestasauoir, ceux qui ont vne fois renoncé la foy, comme il aduint à saint Pierre, et depuis à plusieurs Chrestiens, de peur destre martyrisez, et comme font maintenant les Mameluz, et autres, ne doiuent iamais estre receuz à pénitence : qui est directement contre le saint Euangile.

Pour lequel erreur extirper, fut mestier dassembler vn concile à Romme de soixante Euesques. Par lequel ledit Nouatus fut condamné, et ne treuue point quil y eust autre concile tenu en Leglise catholique au parauant, sinon peult estre en leglise primitiue, par les Apostres et disciples. Si demoura ledit Pape Cornille Romain en son entier. Nonobstant quil souffrit beaucoup de maux, par la tribulation du schisme, et des Antipapes esleuez contre luy par ledit Nouatus Cardinal. A cause dequoy ledit Pape saint Cornille, fut enuoyé en exil : et depuis receut couronne de martyre souz lempereur tyrant Decius, après auoir sey au siège Apostolique deux ans et trois iours. Dont comme on

(1) NouUus dans les autres éd. — Sur Philippe chrétien cf. A. Graf, Borna nella nmoria $ nelle innagintsioni del medio 090, II, 75.

S4ft di fea MfrtfttUtÉ ttS MttsMs

lé menoit au dernier suppliée; il laissa M feéëtiriiMl 8éH tréédrt à Bêtiénne Sdtt étthidiâéfré.

{fteqttéfc ft dé temps nf fthéit eu àtnbitftttt ellfaté ott 6éft* trodit à câtisé dé la dignité P&jfelë; mai* ié dWJr 4«» Mi dtoses estaient desi* pértténtaes à ée poitact, qéé ltt»itê Pépes qui paranant restaient raàifctéttué eta hdtofltté * poureté* festoient détienne riches* et thééftéfiSéiértt tel Itte* 4èhs donne* ft légiiee par la déttottota dttl Ght^UMM: 0W éneoftte m ttnoieat lésdits Pfep* âtiëtitië éfeoàë eft pttéfe* stott térrtédtté. flt éé te nié flrtt dit*} pbdfc* 4*é M àbsMé* nattante Pape Fabiah état par donation tai «Pesé!* Ah &»* péHfers Phelippe* père et fils premiei* GftWStlete. 0étt fiotef esciaflrib Ihistoire^ nette tébcbereKS bffétaénMMkt fléMftt fihnperetare .

Pheiippéé premier de <A nom EmpéreM 'dés RéHWnné; 4A là nation d'Arabie; commença & fegtaér Itt dé âWtfé Seigneur tfétt* «eh» qttarantésix. CétfASâtaèir àpflfe ce IfVfi état tdé par trahison «on propre teigne** et mtifttfe WKfyertftrf Gtertmnus. Neantmnîtis ftfdit Phelipp»; flrt lé pNMftt dés Empereurs Romains \\xi laissa lidoiàtHte, M Mt ééMmtâ à la foy {Sbrestienne; et baptisé àueô ton Mé dé éfAtablMNé nom* lé^nei H adoit fait participant dé iéta Btuptft*. ffitM âtiàbtemént tesdite tfèu* fempèretafs Pbàifipto-, pèft-è et «te fatodi tefribuez de semblable gnérdoà quife ttta4Mlt VMM& ateor Prince Gwdfènua : ftfr Hz Mreht tafcè ft&iiWélfc-, pek* Oechft lé iyt*nt\ tttttif de H6ngrté\ létal* sMtét m ^Hftpsfcii et dopais success e u r en Leriiplr*.

rurinams v ifi£ tetuntéwe inaffe né fvomné', wt tswéy ^«n baptisa lesdits dont fimperètffls Pholippée, pwfe^t 4Hk. ttrtPquelz (quand ilz se virent persécutez sans remède, par le èmtètit tyftàt Dftâftb) Molleréùt bïïs leuft tHSBW audit

if WJ OOHCH.M M WMUi 149

Pl$e Ftbian, qui ftestoient pas petig, oohum il est vraysemblable. Dont tant pour iotux recouurur, eodime par detyit de èe que ledit Pape Fabian les auoit reeelez et rstittÊ, tertperéttr Dettes Payen* cruel et tyrannique, excita ptf tbflt le ffidftie Vniliertél, la septième persécution sur M CHrartttMf, deptitl ift première que Neroû eatàtùa. BX p6W le |Mfti^ ( ledit Deciûê feit aiearir par ertiel mar» tyre, H»to/ P&pé Fàbian, et fat le tingtetunieme dé* Fàpfe ÏMkrtjW, èujpaans ton lettre depui* saint Pierre, 81 défebPe et sft teste le vingtième leur 4e Iannief, aueo «lie ée «tint Beetfttlee. Gensequemuient aprua furent nartyti» Mfc, ewifc ledit Deeies, le Pape saint Coroille dessus «ett* tWMé-, fetetre lequel ledit Gardinal faerettquu Nuuatus eHknt le pfrelÉier settetoé, et sainte Agathe, saint» Apol- Mflft, et pttsieti* antres* qui m pouuoient Mats, de œ que le Pife saint FaMaft* àuoit retiré les trésors des Buipe» tWht eeee olntos de ttestre religion Chrestienne.

Oeste toefueHtease hqy*e ebgendfte audit Empereur et ffflbt Sertie ééntre les Ghrefctiens* dam longuement en Mk tHtëe t ftjUÉl é . Car letapereer Vaietian* successeur de H êÊ êM s ufttntianda ta huitième persécution i ut fait atarty* ftor te saint pet* Sixte, premier ée ue «enà* eaitit Laureas Ha dl ue wiv 'teyiel moit di st r ib u e les tttsetu de fagliss a*fc ftaft%st uafet Hiflw* ytu, ut plusieurs autres. Puis-afres lempereur Aurelianus «sfttf idp P alu ia a u tHfcrtsdeuufauo cfMfpeMH* des AeuMtas* ftodlrteei* tTQrlueM ans* la riaiere de tofo» m FtaM*, et de Gtaneueeur le lae un âauejne* ut euue oa s b ur 4s l ' em p ere ur Claude 4etic«eftie tie te neua, Mt fÉMiet \k n du u i e U e perse&Kiea des Ohrsstieas>

La dixième ensuiuant fut trescraellement ordonnée par Ws 4BKprt*etirt, iMMMtian et Wlftittufll xte te euftteii Dal-

matique, successeurs de Varus de Narbone : et dura par lespace de dix ans. Diocletian (qui se faisoit adorer comme Dieu, et baiser les piedz comme font les Papes modernes, en ensuiuant larrogance barbare des Roys de Perse) faisoit exercer ladite persécution en Orient, et Maximian en Occident. Si fut faite si treshorrible occision et boucherie, des gens de la religion Chrestienne, que cest vne chose exécrable, et presques impossible à la reciter. Car en lespace de trente iours en diuerses prouinces, il y eut dixsept mille personnes, liurez à dolent martyre. Tellement que la foy fut presques du tout esteinte en la grand Bretaigne, quon dit maintenant Angleterre, et en Gaule, que ores on nomme France : et les liures de nostre foy brûlez par tout. - Et encores de ce, non content lennemy de nature humaine, feit oultreplus sourdre enuiron ce temps en Leglise, antres tribulations occultes et intestines, par semences dheresies. Gomme si ledit premier schisme fust père de tous maux : car les Sabelliens hérétiques, nyoient que issus christ fust fllz de Dieu. Et les Manichees (1) mettaient deux principes, lun de bien et lautre de mal. Si fut célébré vn concile en Antioche, contre vn nommé Paule Samosetan euesque : lequel contredisent à la virginité de la vierge Marie. Dont pour lesdits affaires y eut vn autre* concile, de cent quatre vingts et dix euesques, tenu en la cité de Si -nuesse, en la Campaigne de Naples.

Durant le temps de ceste dixième persécution, qui perseuera iusques à lempire de Constantin le grand (car Maxence, fllz de Maximian la continua) receurent la couronne de martyre saint Marcellin, S. Marcel, et S. Mel-

(1) Manichwu (dans 1m autres édit.). Spnssse en la Champagne (1548).

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eiades tous trois Papes. Sainte Agnes, sainte Anastasia, sainte Barbe, S. Crespin et S. Crespinien, S. Sebastien, S. Chris tofle, S. Cosme et S. Damien, Sainte Catherine, Sainte Luce, Sainte Marguerite, S. George, S. Maximilian, S. Quentin, S. Biaise, S. Maurice, auec la légion de Thebes : S. Vincent, et autres sans nombre, dont les noms son escrits au liure de vie.

Aucuns historiens tiennent, que lesdits Empereurs furent ainsi furieusement esmuz à persécuter les C h restions, pource quilz les estimoient (ou on leur faisoit acroire) quilz estoient enchanteurs, magiciens et vsans de mauuais art. Et sur ce pas, les prestres des Payons controuuerent et donnèrent faulsement à entendre ausdits Princes, que les Chrestiens auoient par art magique, fait brûler le grand Palais Impérial, en la cité de Nicomedie. Toutesuoyes Platina tresnoble historien en la vie des Papes, y assigne vne autre raison bien diuerse. Et dit en allegant pour son acteur Eusebius, que ladite persécution ne procéda dailleurs, sinon de la punition diuine. Mesmement à cause de ce que les Chrestiens et principalement le clergé et gêna ecclésiastiques, estoient montez et tombez en si grand orgueil, arrogance, hayne et mespris de leurs voisins, et tyrannie et maltraitement de leurs subietz (souz ombre et couleur de nostre foy catholique et religion Chrestienne) que impossible estoit aux Payons, qui dominoient en la temporalité, de les plus supporter en aucune manière. Parquoy (1) ne se faut esmerueiller si au temps présent les Princes sont de semblable courage, attendu quilz voyent semblables fautes.

(1) il (dans les antres édit.)

MK IéA MmftBNGft MM tCMlflBS

Meeupiêulatiou des ckoeee dessusdites : Bt de la donsMmée Constantin, laquelle (comme il semble A plusieurs cens) tu esté cause des autres schismes, diuisions, hérésies, partiale te§ 9 et autres maux depuis aduenuz en Chrestieuté.

Apres que nous auons veu par le dessus narre comment les trésors mobiles, portatifz et transitoires des Empereurs Phelippes, et lacception diceux, par le Pape Fabian, causèrent le premier schisme, oontre le Pape Comille son successeur. Et ce par lambition et auarice du Cardinal Nouât us. Et que pour paruenir à ses fins, il se feit pçemie» rement hypocrite, et depuis hérétique. Et esleva deux Antipapes alencontre dudit saint Comille : Cestasauoir Nouatian à Romme, et Nicostratus en Afrique. Dont en la fin ioeluy Nouatus fut infâme et rebouté de sa prêtante, par rn concile publique. Et depuis suruindrent autres grandes persécutions et tribulations en leglise Chrestienne. Il sera désormais plus facile À persuader la vérité de nostre intention, qui est de donner à entendre, que la donation des grans seigneuries temporelles, que les Papes prétendent leur auoir esté eslargies par lempereur Constantin le grand, ha bien esté cause des autres schismes xxin. en nombre, depuis ladite donation prétendue.

le dis voulentiers ce mot, pource que aucuns tiennent, que onques donation nen fut faite : Mesmement Laurens Valle citoyen Romain, homme de grand literatnre et liberté, lequel ha de ce composé vu Hure exprès par grand audace : et semble alléguer raisons presques inuincibles. (1) Toutesuoyes la commune opinion et la possession dont les

(1) Laurent Valla publia à Rome en 1443 une DecUmatio de/also crédita et ementita Constantini donations. En 1447, il fut nommé •ecrétaire apottoliqne et chanoine de St Jean-de-Latran.

H DM OORCILW M LNUII.

Papes iouyssent, semblent assez eonfermer ladite donation. Et ce nonobstant, iose bien affermer, quelle fut plustot oause et semence de mal que de bien : Et qne deslors fat semé en leglise, par la procuration du diable, le venin duquel elle ha esté toute empoisonnée. Et qne depuis belle, la sainteté et deaotion des Ecclésiastiques ha esté amortie et diminuée pour la plus part, et ha esté cause des schismes! débats et contentions entre les Ecclésiastiques, et gais séculiers. Tous lesquels moyens ont esté précurseurs, et depuis promoteurs et angmentateurs de la faulse secte des Mahomethistes, bastarde, de lheresie Àrrienne, et de la secte des Iuifz : et de plusieurs autres tribulations en Chrestfenté : mesmement de faire cesser la primeraine sainteté des Papes. Laquelle chose se peult prouuer ainsi :

Constantin le grand fut baptizé par le Pape saint Sylvestre, lan de nostre Seigneur cccxviii. Et est lopinion vulgaire faulse et mensongère qui dit, que ledit Empereur futguery de meselerie par saint Sylueetre, comme met expressément Platina en la vie du Pape Adrien, premier de oe nom. Depuis son baptizement, il sen alla habiter es Constantinoble par luy fondée, à fin dentretenir lempire Oriental, alencontre des Persans, durant lequel temps précédant le baptesme de Constantin, il y eut tremée et trois Papes de sainte vie, et qui tous reeeureat couronne de martyre, pour soutien!** *t attester la foy ChrestienM, dont le premier fut saint Pierre, Prisoe des Afeeties. Btlê dernier fut saint Melchiades, prédécesseur dudit saint Syluestre. Et de ce temps là, comme met saint Grégoire, cestoit chose louable de désirer la Papalité, maintenant on nen voudroit point pour le prys.

Depuis ledit temps, selon lopinion des meillnan hifto-

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