PRESENT TRAICTÉ
Des cinq première concile* de la sainte Eglise Gallicane, tenus, à Orléans, dont le tiers fut par le commandement du Boy C louis premier Chrestien.
Les nobles historiens mettent que Clouis premier Roy Chrestien, des François, en linterualle de temps qui courut entre le quatrième et cinquième schisme spécifiez en la première partie, fut aussi le premier des Roys qui fiût assembler concile en la cité d'Orléans. Cestasauoir lan de nostfe Seigneur, quatre cens quatre vingts et six. Régnant à Constantinoble lempereur Zenon Isauricus, et séant au piège Apostolique, le Pape Félix, troisième de ce nom : et enuiron le temps du Roy Artus de la grand Bretaigne. Si présida audit concile vn saint Euesque, nommé Mellanius. La raison est à présupposer, que cestoit pour quelque grand bien de Leglise, et de Chrestienté.
Si nestoit ce pas le premier qui sestoit tenu audit Orléans, mais le tiers : Car le premier auoit esté du temps du Pape S. Syluestre, auquel présida leuesque Marinus : au second Aurelianus euesque : au tiers le dessusnommé Mellanius. Et depuis au quart Albinus euesque d'Angers : et au cinquième Honoratus archeuesque de Bourges , comme il appert au Décret, en la distinction quinzième, et au chapitre, sewta Synodus.
(1) Dans les éditions antérieures, même en 1548 : Cy commence la..
BT DBS CONCILES DE LYGLISE. 373
Du concile de leglise Gallicane et Germanique, tenu du tempe
de Charlemaigne Boy dee François.
Iasoit ce que le pais de Francone oultre le Rhin, en Germanie, ne soit pas des appendences de Gaule, toutesuoyes le (1) Roy des François Charlemaigne, dominant sur toutes les deux langues, feit audit pais de Francone (de laquelle la cité capitale, et cathédrale, est Herbipolis) (2) assembler vn concile des Prélats, de lune et de lautrë nation : cestasauoir Germanique, et Gallicane, du temps du Pape Adrian, premier de ce nom (comme met Platina) lequel concile les Grecz appellent la septième Synode. Et illec fut condemnee terreur Felicienne, qui soustenoit, que es églises de Chrestienté ne doit auoir aucunes images.
Certain temps après ledit concile, le Pape Léon troisième de ce nom, successeur du dit Adrian, vint en France vers le Roy Charlemaigne, se pleindre de loutrage qui luy auoit esté fait par trois prostrés Cardinaux : lun nommé PaischaKs, lautre Primicerius, et le tiers Campulus, qui bâti* rentet oultragerent vilainement ledit Pape Léon, en faisant la procession des Letanies iadis instituées par S. Gregoire. Dont ledit Roy Charlemaigne fut tresmal content. Et de fait, se tira à Romme à main armée, pour remettre ledit Pape en son siège. Parquoy il mérita destre nommé Empereur et Auguste de lempire Occidental : et donna plusieurs grans biens à leglise Romaine, comme son père Pépin auoit fait au parauant, ce que depuis leurs successeurs ont continué daugmenter .
(1) noble dans les éditions antérieures.
(2) Wûrzbourg.
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Du grand concile tenu à Aix la Chapelle, du tempe de Utnpereur Loys le Débonnaire^ fifa de Charlemaigne.
Aix la Chapelle, nommée en Latin Aquisgranum, là ou le corps de saint Charlemaigne est sépulture , combien quon y vse de langue Germanique, si est ce toutesuoyes des pertinences de la Gaule Belgique. Or y fut célébré vn concile, duquel Platina en la vie des Papes, et Gaguin en la chronique de France, font mention, par [le commandement de Loys le Débonnaire Empereur de Romme, et Roy de France, auquel sasssemblerent tous les Princes et Prélats de sa subiection : en la présence duquel concile il eslut, et establit pour consort et participateur de son Empire, Lothaire son filz aisné, et le couronna Roy d'Italie : Pépin le second, il le nomma Roy d'Aquitaine : et Loys le tiers, Roy de Bauiere. Et comme les ambassadeurs des Sarrasins, habitans à Cesarauguste et Barcelone en Espaigne, fussent venuz luy supplier de paix audit concile, il la leur ottroya. Ausurplus ledit tresnoble et tresuertueux Prince, ordonna en ladite assemblée, estre fait vn liure de lordre et des cerimonies ecclésiastiques. Lequel il commanda estre doublé par plusieurs volumes et exemplaires, en toutes les principales citez et villes de son Empire et Royaume : et que les constitutions diceluy fussent obseruees par chacun poinct.
Le personnage qui eut charge de composer ledit liure, sappelloit Amaralius (1), diacre, flourissant pour le temps dadoAques, tant en estude de lettres, comme de la notice des institutions sacrées et cerimonies ecclésiastiques. Et
(l) Amalarius, dans les autres éditions.
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ausurplus, ledit tresdebonnaire Empereur et Roy, quand il vid et congnut que les Prélats et autres de moindre dignité excedoient la mesure de modération sacerdotale, en pompe de vestemens trop précieux, trop superflux, et en trop grand monstre et excessiuité dor, de gemmes et pierres précieuses aux doigts, il leur commanda à baisser ladite pompeuse ostentation, trop orguilleuse, et se vestir dhabillemens plus humbles et plus conuenables à leur vocation. Et que chacun fust content dun anneau seulement, pour indice et enseigne de sa prelature.
Selon ce que ie puis entendre par lhistoire de Platina historien, le Pape Estienne, quatrième de ce nom, natif de Romme, et successeur dudit Léon le tiers, estoit présent et assistant audit concile : car pour fuyr la fureur des Romains, il vint en France : et trouua ledit Empereur et Roy Loys le Débonnaire, à Orléans, lequel le receut en grand honneur et magnificence, et le traie ta bien aucun temps, puis luy donna faneur et ayde pour retourner à Romme, ensemble vne croix de valeur inestimable, que ledit Empereur enuoyoit pour offrande à leglise S. Pierre.
Du mauvais et exécrable concile ie Compiengne, tenu par les Prélats de France^ contre ledit Empereur et Eoy Loye h Débonnaire*
Il y evt enuiron ce temps tenu à Compiengne vn autre concile, mais il fut détestable et pernicieux : et se peult plustot appeller conuenticule et monopole : car ce fut fait sans autorité, par les mauuais Prélats de France, du temps dalors, qui conspirèrent alencontre de leur seigneur souuerain, Empereur et Roy Loys le Débonnaire : car lesdits Prélats, comme il est vray semblable, marris et indignez de
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oe que au concile précèdent il les auoit * corrigez de leurs pompes et superfluitez , et leur auoit fait laisser leurs anneaux , conspirèrent contre luy, et firent par grand cruauté armer les enfans contre le père, et le prendre et tenir en garde estroite à Soissons, aydant et consentant à tel maléfice le Pape Grégoire, quatrième de oe nom. Lequel Roy nauoit pas ce mérité enuers Leglise Romaine : car il auoit fait plusieurs biens et donations au Pape Paschai au siège Apostolique : Et mesmement conferma la donation de Constantin, comme met vn acteur nommé Raphaël de Vol a terre. Et finalement audit malheureux concile de Compiengne auquel ilz sestoient assemblez sans autorité supérieure, lesdits Euesques et Prélats ooniares, condamnèrent leur souuerain Prince et seigneur» de poser les armes et la ceinture militaire, et se despouiller de la dignité Impériale, et en ce lieu prendre et affubler la cuculle, ou le froc dun moyne.
faulse et malicieuse pharisienne hypocrisie sacerdotale : Ce nest pas de maintenant que tu conspires en grand desdain contre ceux qui te reprennent et corrigent : car tu commenças au chef, cestasauoir à nostre Seigneur Iesvs Christ. Cela est dit pour les mauuais. Et la narration de ce. peruers concile, est pour donner lustre aux autres, lesquelz ont esté de bonne conséquence : Car après lesdits esclandres, ledit Empereur et Roy fut restabli en son entier, (1) par la iustice diuine, et par vn autre meilleur concile des Euesques et Prélats de France.
(1) Las éditions 1528 et 1549 ont ici : comme a lup très raisonnablement appartenait.
ET DBS COHCILES DE LBGLIfcB. 2?7
Du concile de Troye en Champaigne, tenu in temps in Ray
Loyt le Bègue.
Av temps du Roy Loys le Bègue, filz de Charles le Chauue, vint en France le Pape Iean neuuieme de ce nom, natif de Romme, eschappé des prisons du peuple Romain, qui le hayoit, poijrce quil vouloit couronner Empereur ledit Loys le Bègue, Roy de France, et ilz aymoient mieux auoir Charles son frère Roy de Germanie. Dont tant poftï ceste cause, comme pource que deux Contes d'Italie, luH nommé Lambert, et lautre Helbard, vsurpoient tous le* iours par tyrannie, sur le patrimoine de Leglise : et à ceste cause les auoit excommuniez, il se vint sauuer en France, ou il demoura par lespace dun an, et se tint pre* mierement en Arles : et de là vint à Lyon, là ou il enuoya vn ambassadeur prier le Roy, quil se y voulsist trouuer. Mais le Roy estant à Tours, ny peut (1) venir, à cause dune maladie quil auoit eue. Toutesuoyes, certain temps après quand le Roy fut venu à bonne conualescence de sa maladie, luy et le Pape se trouuerent ensemble en la cité de Troye en Champaigne, et illec sassembla le concile de leglise Gallicane.
Audit concile de Troye en Champaigne, furent conclus beaucoup de saints Décrets, lesquelz messieurs les Dedretistes trament au dh>it Canon, en la distinction cinquantième, et au chapitre, Miror. Et (2) en la dixseptieme question, chapitre quatrième, commençant, Si guis. Dont entre les autres choses qui y furent establies, Platina his-
(1) oneques (1528).
(2) conseqnemment (XbAS).