‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 247 sur 465 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

COSROÈS, SIRA, SARDARIGUE, Gardes.

COSROÈS, à part y dans un accès de démence.

JNoiRES divinités, filles impitoyables,

Des vengeances du ciel ministres effroyables ,

Cruelles , redoublez ou cessez votre effort ,

Pour me laisser la vie ou me donner la mort.

Ce corps n'a plus d'endroit exempt de vos blessures ,

Vos couleuvres n'ont plus où marquer leurs morsures ,

Et de tant de chemins que vous m'avez ouverts

Je n'en trouve pas un qui me mène aux enfers.

Ce n'est qu'en m'épargnant que la mort m'est cruelle ;

Je ne puis arriver où mon père m'appelle.

Achevez de me perdre , et dedans son tombeau

Enfermez avec lui son fils et son bourreau.

SIRA, à Cosroes.

Chassez de votre esprit les soins mélancoliques Qui montrent à vos yeux ces objets chimériques. C'est une illusion dont ils sont effrayés , Et vous ne voyez rien de ce que vous voyez.

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