SCENE PREMIERE
COSROÈS, SIRA, SARDARIGUE, Gardes.
COSROÈS, à part y dans un accès de démence.
JNoiRES divinités, filles impitoyables,
Des vengeances du ciel ministres effroyables ,
Cruelles , redoublez ou cessez votre effort ,
Pour me laisser la vie ou me donner la mort.
Ce corps n'a plus d'endroit exempt de vos blessures ,
Vos couleuvres n'ont plus où marquer leurs morsures ,
Et de tant de chemins que vous m'avez ouverts
Je n'en trouve pas un qui me mène aux enfers.
Ce n'est qu'en m'épargnant que la mort m'est cruelle ;
Je ne puis arriver où mon père m'appelle.
Achevez de me perdre , et dedans son tombeau
Enfermez avec lui son fils et son bourreau.
SIRA, à Cosroes.
Chassez de votre esprit les soins mélancoliques Qui montrent à vos yeux ces objets chimériques. C'est une illusion dont ils sont effrayés , Et vous ne voyez rien de ce que vous voyez.