ACTE III, SCÈNE VI
Le refroidissement de ce volage esprit , Nous dit qu'un autre objet occupoit sa pensée , Et que par d'autres yeux son âme étoit blessée. , Jugez de notre affront; enfin ce messager S'offrit à son défaut , nous croyant obliger ; Mais ma sœur, conservant une juste colère, Résolut de haïr et l'un et l'autre frère , Et traita le dernier avec tant de mépris , Qu'il éteignit les feux dont il était épris. J'ai long -temps essayé d'oublier cette injure, Et le juste dessein de perdre le parjure , Mais inutilement : l'honneur et la raison M'ont rendu trop sensible à cette trahison , Et je suis en Forez pour punir ce perfide , Sur qui si lâchement l'inconstance préside.
CLÉONIE.
O dieux ! que dites - vous ?
TIRSIS
Qui vous afflige tant?
CLÉONIE.
Timante son aîné , ce vain , cet inconstant ,
En moi devant ce temps a trouvé quelques charmes ,
Et me nommoit alors le sujet de ses larmes ;
Je l'aimois , je l'avoue , et mon seul désespoir
M'a fait souffrir son frère afin de l'émouvoir ,
Quand je vis refroidir son ardeur violente ;
Et tous les deux enfin ont trompé mon attente.
TIRSIS
Madame , de tous deux ce bras vous peut venger ; Et la douleur décroît se pouvant partager.
Souffrez que je le cherche , et dessus mon courage
Reposez- vous du soin de punir cet outrage.
Il n,e vantera plus sa force et son amour ,
Et demain, s'il n'est mort , j'aurai perdu le jour.
FIN DU TROISIEME ACTE
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