‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 421 sur 465 · LÉVI GILDE · texte numérisé non relu

LÉVI GILDE

Mais avec ce soupir chasse -le de ton âme,

Ne verse plus pour lui que des pleurs de pitié,

Et change désormais l'amour en amitié.

Imite sa vertu ; fais pour lui , si tu l'aime ,

Le généreux effort qu'il a fait pour toi - même.

Commence à le haïr pour le mieux conseiller ,

Et consens de le perdre afin de le sauver.

Le prince le chérit, mais sa perte est certaine

S'il sait qu'il est lui seul la cause de ta haine.

Si le malheur d'un père en ce danger pressant

Pour te pouvoir fléchir n'est pas assez puissant ,

Ecoute ton amour , c'est lui qui t'en conjure ,

Et ne fait qu'emprunter la voix de la nature.

C'est par moi qu'il te parle. Adieu. Dans un moment

Tu l'oiras à tes pieds parler sans truchement;

Oui , lui-même, Flaucat , touché de ma misère,

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