SCÈNE III
Les mêmes; ÉBROIN.
(On entend du bruit.) SIGISMOND.
Mais qu'est-ce que j'entends ?
ÉBROiF, derrière le théâtre.
Qu'on épargne sa vie , Soldats.
A.MALOW, derrière le théâtre.
Hélas ! je meurs.
LES G K'B.ii^s, derrih^e le théâtre.
O dieux ! quelle infamie !
Une femme !
ÉBROiw, Vépée a la main.
Arrêtez , madame , revenez.
Ebroin !
ÉBROIN.
Dieux! que vois -je! Ah! seigneur, pardonnez , Souffrez qu'à vos genoux mon âme rassurée Rentre dans le respect dont elle est égarée.
SIGISMOJVD.
Cesse de t'étonner , et fais que promptement INous sortions avec toi de ton étonnement. Dis , qu'est -il arrivé ?
ÉBROIIV.
Le duc à l'agonie , Frappé d'un coup mortel , rend le sang et la vie.
SIGISMOND
Ah , traîtres ! nos palais ne sont pas assurés , Pour éviter les coups que vous nous préparez. Mes soldats auroient-ils , sans attendre mon ordre, Par un zèle indiscret causé tout ce désordre ? Ah ! ma sœur , punissez cet amour fraternel Qui voulant vous venger devient si criminel , Et pour vous secourir cause votre ruine.
ÉBROIN.
Seigneur, vous connoîtrez le bras qui l'assassine.
SIGISMOIYD.
Mais quoi! le traître enfin vous est -il échappé ?
ÉBROIN.
Bien plus : vous baiserez la main qui l'a frappé ; Bien loin de la blâmer elle aura votre estime Quand vous aurez appris l'auteur d'un si beau crime. C'est la fille du comte.
SIGISMOIVD.
O dieux! que me dis -tu?
ÉBROIJY.
Elle-même, seigneur, ou plutôt sa vertu.
SIGISMOND
Quel que soit son mérite , épargne sa louange ; Ne brave pas un sang...
LÉVIGILDE.
Qui presse qu'on le venge.
Oui , seigneur , vous devez en écouter la voix :