‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 454 sur 465 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes; ÉBROIN.

(On entend du bruit.) SIGISMOND.

Mais qu'est-ce que j'entends ?

ÉBROiF, derrière le théâtre.

Qu'on épargne sa vie , Soldats.

A.MALOW, derrière le théâtre.

Hélas ! je meurs.

LES G K'B.ii^s, derrih^e le théâtre.

O dieux ! quelle infamie !

Une femme !

ÉBROiw, Vépée a la main.

Arrêtez , madame , revenez.

Ebroin !

ÉBROIN.

Dieux! que vois -je! Ah! seigneur, pardonnez , Souffrez qu'à vos genoux mon âme rassurée Rentre dans le respect dont elle est égarée.

SIGISMOJVD.

Cesse de t'étonner , et fais que promptement INous sortions avec toi de ton étonnement. Dis , qu'est -il arrivé ?

ÉBROIIV.

Le duc à l'agonie , Frappé d'un coup mortel , rend le sang et la vie.

SIGISMOND

Ah , traîtres ! nos palais ne sont pas assurés , Pour éviter les coups que vous nous préparez. Mes soldats auroient-ils , sans attendre mon ordre, Par un zèle indiscret causé tout ce désordre ? Ah ! ma sœur , punissez cet amour fraternel Qui voulant vous venger devient si criminel , Et pour vous secourir cause votre ruine.

ÉBROIN.

Seigneur, vous connoîtrez le bras qui l'assassine.

SIGISMOIYD.

Mais quoi! le traître enfin vous est -il échappé ?

ÉBROIN.

Bien plus : vous baiserez la main qui l'a frappé ; Bien loin de la blâmer elle aura votre estime Quand vous aurez appris l'auteur d'un si beau crime. C'est la fille du comte.

SIGISMOIVD.

O dieux! que me dis -tu?

ÉBROIJY.

Elle-même, seigneur, ou plutôt sa vertu.

SIGISMOND

Quel que soit son mérite , épargne sa louange ; Ne brave pas un sang...

LÉVIGILDE.

Qui presse qu'on le venge.

Oui , seigneur , vous devez en écouter la voix :

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