‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 68 sur 465 · DON PÈDRE, LE COMTE, PÉRÈS · texte numérisé non relu

DON PÈDRE, LE COMTE, PÉRÈS

DON PÈDRE

Quoi! je règne, et régnant n'ose dire que j'aime! Je sers, et ne puis plaire avec un diadème!

(A Përès.)

Toi de ce triste écrit funeste messager, Auteur de mon ennui, travaille à l'alléger. Et si tu veux qu'encor quelque attente me flatte, Va m'obtenir, Pérès, de cette belle ingrate La faveur de passer en son appartement. Et sans l'incommoder lui parler un moment.

(Përès sort. ) (Au comte.)

Va, j'attends sa réponse. Ah! comte, est-il possible

Que ce front couronné cache un cœur si sensible,

Et qu'une dépendante et sujette beauté

A de si longs efforts en cache un indompté?

Par quel droit vantons-nous, malheureux que nous sommes,

L'avantage des rois sur le reste des hommes.

Si, sujets comme vous à notre passion,

Nous soutenons si mal cette présomption.

Que d'un simple regard qu'un bel œil nous envoie

Nos libertés souvent sont la honteuse proie?

LE COMTE

Le malheur de souffrir pour d'aimables objets Est le sort aussi-bien des rois que des sujets.

DON PÈDRE

Ma plus sensible peine, en ce que je propose,

Est que mon dessein même à mon dessein s'oppose.

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