‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 77 sur 465 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

Les mêmes, DON BERNARD, DON LOPE, LAZARILLE, Solda^ts

DON BERNARD, uiix pied^ de don Pedre.

Seigneur!

DON PÈDRE

Vous à mes pieds! gloire de cet état, Vous de ma dignité le plus brillant éclat! Heureux restaurateur et soutien de mon trône. Je vous fais amiral.

DON BERNARD

Moi , sire ?

DON PÈDRE, le relevant.

Et duc d'Ossone.

DON BERNARD

O ciel !

DON PÈDRE

Joignez aux miens ces invincibles bras.

Qui par tant de travaux et par tant de combats Ont si bien soutenu le faix de mon empire.

DON BERNARD

A ma confusion ils sont plus chargés, sire,

Du faix de vos bienfaits que du faix des lauriers

Que vous ont moissonnés vos illustres guerriers : Bien plus qu'eux et que moi votre nom est la foudre Qui tonne, étonne, frappe et réduit tout en poudre: Don Pèdre seul, absent, porte plus de terreur Que de nos bras présens la plus chaude fureur; Et par votre faveur, tant de fois confirmée, Vous me payez les prix de votre renommée. Et me reconnoissez de vos propres exploits. Puisque votre seul bruit range tout sous vos lois.

DON PÈDRE

Faisons qu'avec le temps l'Aragon puisse apprendre

Qui de nous saura mieux ou recevoir ou rendre.

Et qui d'affection aura mieux combattu ;

Je ne me lasserai qu'après votre vertu,

Et de ce seul combat vous envîrai la gloire :

De celui de Sardaigne apprenez-moi l'histoire.

Donnez un siège au comte.

DON BERNARD

A peine vos vaisseaux , Déradés, traversoient le vaste champ des eaux, Que les vents ennemis de cette humide plaine. Selon notre besoin mesurant leur haleine. D'irrités qu'ils étoient aussitôt apaisés, Firent voir le respect que vous leur imposez. Cette sèche forêt eut enfin de Neptune L'inconstante faveur à tel point opportune, Qu'avec un seul soleil, une nuit seulement Vit et notre arrivée et notre embarquement : L'aurore alloit sortir quand je fis prendre terre A ces Mars espagnols , ces démons de la guerre , Fléaux des attentats et des rébellions.

Que l'honneur d'être à vous rend autant de lions.

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