‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 83 sur 465 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Et pouvoir opposer à sa rigueur extrême

Le bien qu'elle me fait en un autre moi-même.

Avec plus d'espérance épargnez ma douleur, Et croyez que je tiens à sensible malheur De pouvoir opposer à sa faveur extrême Le mal qu'elle me fait en un autre moi-même.

LE COMTE

Il est vrai que jamais vertu n'avoit produit De si fameux succès avec si peu de fruit, Et que d'un art savant et d'un pinceau fidèle Don Bernard en a fait la peinture si belle, Qu'enfin, sans vous flatter, il faut qu'à ce récit Quelque grand soin du prince ait diverti l'esprit, Pour en avoir laissé la gloire sans seconde Si stérile pour vous, et pour lui si féconde.

DON LOPE

Le favorable accès qu'elle a dans vos esprits

Me la rend trop fertile et m'est un prix sans prix.

DON BERNARD

Nous reverrons le roi : la prière obstinée Succède quelquefois et vainc la destinée : Ce vous sera du moins un fruit de son refus , Si nous n'obtenons rien , que de n'espérer plus. Mais il repose; adieu.

DON LOPE

Le ciel vous soit propice, Et me fasse acquitter de cet heureux office!

(Don Bernard sort.)

O foiblesse ! ô contrainte indigne d'un grand cœur , D'avoir pour la vertu recours à la faveur! Lâche, devrois-je encor....

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