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SCÈNE IL CLORIDAN, LE PAGE

CLORIDAN, seul.

Solliciter mes sens à trahir ma constance ;

Croire que ces moyens vainquent ma résistance ;

Qu'un souverain pouvoir offert en ta maison

Bannisse de ce cœur l'amour et la raison ;

Que ta voix me fléchisse, et que tes pleurs éteignent

Le plus saint des brasiers dont les amans se plaignent;

Simple, ta passion , choquant un si beau feu,

M'importune beaucoup, et profite bien peu;

Ah! ne prolonge point mon séjour davantage,

Ici la courtoisie est pire que l'outrage ;

Et ce cœur ne sauroit avoir trop tôt quitté

Un air contagieux à la fidélité.

Mais non, ta passion peut achever nos peines ,

Fais que le fer agisse où les flammes sont vaines ;

Et , si tu veux toi-même abhorrer ton dessein ,

Sois un peu plus cruelle et me perce le sein.

Que cette violence oblige ta manie.

Et t'accorde ce cœur que l'amour te dénie.

Lors, s'il te reste encore un sentiment humain,

Si tu n'as le courage aussi dur que la main;

Quoi qu'osent conseiller tes ardeurs insensées ,

Crois qu'un soudain respect bornera tes pensées;

Et qu'il n'est point ici d'esprits si dépravés,

Qui n'adorent les traits qu'on y verra gravés :

Perside y défend bien qu'un autre le partage

Ses tresses que nature a teintes dans le Tage;

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