SCÈNE III
A DR AS TE, venant pour voir sa maîtresse; CLORIMAND, LA REINE, LYSIS.
ADRASTE
Bons dieux! si je trouvois sa passion changée!
Si dessous d'autres lois Amour l'avoit rangée!
L'ayant entretenue en ce lieu si souvent.
Pourquoi n'y suis-je plus mandé comme devant?
Quelques amans nouveaux auroient-ils pris ma place?
Ah! je lui fais du tort croyant qu'elle m'en fasse.
Je dois plus de croyance à sa fidélité:
On ne voit point changer une divinité.
Mais, quoi qu'en sa faveur ma passion me die,
Je trouve depuis peu son humeur refroidie;
Pour flatter en ce lieu ma chaste affection ,
J'en avois tous les jours une assignation:
C'est là qu'elle m'ouvroit ses plus douces pensées;
C'est là que nous avons de longues nuits passées.
Je l'accuserois bien d'oublier son devoir.
Si j'avois cette nuit le bonheur de l'y voir.
LA REINE, « Clorimand.
Quelle peur fut jamais à la mienne pareille? Retirez-vous, un bruit a frappé mon oreille.
CLORIMAND, Venant a Adraste.
Je reviens de ce pas. Cléonte, est-ce pas vous? Ah! que je veux de mal à votre esprit jaloux! Que votre confidence est une vaine fable! Que je trouve aujourd'hui votre amitié coupable,