‹ uvres de Jean RotrouChapitre 301 sur 422 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

Hé! quelle occasion vous amène en ces lieux? Sire, excusez ici mon désir curieux?

LE ROI

Combien , pour rendre hommage aux beautés de la terre ,

De dieux sont descendus d'où se fait le tonnerre!

Que ne peut pas l'Amour sur de jeunes esprits?

Clorimand, c'est l'auteur du conseil que j'ai pris,

Ne juge point, ami, ce voyage impossible,

Ou ne me juge pas avoir l'âme sensible;

Mais je suis découvert par le dieu que je suis.

La reine me connoît, elle a su qui je suis :

Une ardeur mutuelle enflamme sa pensée.

Elle offre du remède à mon âme blessée;

Elle veut cette nuit alléger mon souci,

1 Et c'est l'occasion qui m'a conduit ici.

CLORIMAND.

, Pareille occasion dans le palais m'amène :

Une dame a promis de soulager ma peine; j Elle a dessus mon cœur un empire absolu: ' Ce soir consommera notre hymen résolu.

LE ROI

Puissions-nous vivre heureux, et que les destinées Eilent à nos amours un long siècle d'années! Mais tu sais le danger dont ton bras m'a tiré, Par-là notre entretien doit être différé. Adieu; suis, Clorimand, ton amoureuse envie; La reine est à la porte.

(La leine vient à la porfe avec Filéraon.) LA REINE.

Est-ce pas toi, ma vie?

LE ROI

Je la viens recevoir de vos rares appas.

(Il entre.)

Suis Filémon là-haut, j'y monte de ce pas. Que l'enfer désormais s'oppose à mon attente , Clorimand est à moi, mon amour est contente.

(Elle entre.)

CLORIMAND, seul avec Ljsis. M

Clorimand est à moi! Dieux qu'entendé-je ici? Ses amoureux transports la font parler ainsi: Elle veut dire Alfonse, et je suis téméraire Si j'ai l'opinion seulement de lui plaire. Mais soit quelques voleurs, ou quelqu'amant jaloux, J'entends du monde encor, Lysis ; retirons-nous.

(Il se cache dans l'ombre avec Lysis.)

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