LE ROI, UN PAGE
LE ROI
Détache ton bandeau, fier tyran de nos âmes; Pèse ma qualité , considère mes flammes ; Vois qu'entre tes sujets un roi souffre le plus, Que j'ai cent fois reçu la honte d'un refus. Esclave infortuné d'une de mes sujettes, 3 'ai cent fois découvert mes passions discrètes; J'ai poussé des soupirs, j'ai langui, j'ai pleuré, J'ai ses yeux inhumains à genoux adoré , Et je trouve toujours son cœur inexorable. N'es-tu pas satisfait, tyran impitoyable ! Si tu n'as résolu de me priver du jour, Change bientôt , cruel , sa haine ou mon amour.