‹ uvres de Jean RotrouChapitre 357 sur 422 · ACTE V, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL

Ma foi t'est conservée , elle est au même point ; Ce monarque importun ne me possède point; Il se travaille en vain , de quelque appât qu'il use ;

( Lui montrant la couionne. )

Tu peux voir ce qu'il m'offre, et ce que je refuse;

Je me ris des efforts que ces présens me font,

Et je crois plus devoir à ton cœur qu'à mon front.

ALC ANDRE, tirant une lettre de sa poche. Vous espérez en vain de retenir ma plainte, Votre hymen consommé vous défend cette feinte; J'ai su la vérité par cet écrit fatal: Il ne me permet plus de douter de mon mal.

RosÉLiE , après avoir lu.

Je ne m'étonne plus de ta fausse croyance Puisqu'un écrit si faux causoit ta défiance ; Crois qu'il n'a jamais eu que le pouvoir de roi, Je ne reconnois point de plus étroite loi; Qu'il vante les faveurs qui lui sont accordées, Il en obtient beaucoup s'il se repaît d'idées; Que le faux nom d'époux le rende satisfait, Mais s'il l'est de pensée, tu le seras d'effet.

ALCANDRE

Excuse, ma déesse, une ardeur insensée.

Pour la dernière fois j'ai sondé ta pensée; Mon absence a prouvé ta générosité, Je ne puis plus douter de ta fidélité. Je n'ai cru ton hymen que dans la Dalmatie , Mon âme s'est depuis là-dessus eclaircie; Avant que de revoir tes célestes appas , J'ai bien su que le roi ne les possédoit pas; Aussi je n'accusois ta passion fidèle ,

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