‹ uvres de Jean RotrouChapitre 358 sur 422 · Tome Î. Sa · texte numérisé non relu

Tome Î. Sa

Qu'à dessein seulement que tu parlasses d'elle; Car j'ai toujours soumis tes plus rares discours, A celui qui me dit que tu m'aimes toujours.

Puisqu'enfin nos esprits se sont tirés de peine, Achève un dernier point, parle-moi de la reine; Comment t'arriva-t~il de quitter ses pays?

( Le roi entre avec sa suite. )

Mais, dieux! voici le roi.

ALCANBB.^, se cachant derrière Rosélie.

Tous mes soins sont trahis.

LE EOI.

Enfin, toujours constante et toujours inhumaine, Vous ne consentez point à la fin de ma peine ?

ROSÉLIE.

Sire, qu'un autre objet ait l'honneur de vos vœux; Ne possédant qu'un cœur, je n'en puis donner deux.

LE ROI

Si je travaille en vain , cruelle , âme de souche ! Que j'apprenne le nom de l'amant qui te touche ?

ROSÉLIE , lui donnant la lettre d' Alcandre.

Sire, vous le verrez au bas de cet écrit.

LE ROI lit.

Alcandre !

ROSÉLIE.

C'est lui seul qui règne en mon esprit.

LE ROI

Mais , puisqu'il est rangé sous les lois d'hyménée , A qui sera qu'à moi ta beauté destinée? Pour un autre que toi ses esprits sont blessés , Sa lettre que tu vois te le témoigne assez.

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