‹ uvres de Jean RotrouChapitre 393 sur 422 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ÉROTIE, MÉNECHME Ravi.

MÉNECHME Ravi.

Ayez de moi , madame , un meilleur sentiment ,

L'amour n'a pas si fort troublé mon jugement;

S'il me devoit réduire à ce point de manie,

Je me dégagerois de sa force infinie.

Mais j'ai des yeux encor pour voir ce que je fais,

Je sais que de ce pas j'arrive du palais :

On se propose en vain de tromper ma mémoire.

Ce que je n'ai point fait, je ne le saurois croire.

ÉROTIE.

Vous ne l'avez pas pris pour le faire émailler? MÉNECHME Ravi.

Que vous êtes savante en l'art de vous railler! Si vous avez porté la qualité d'épouse, Figurez-vous l'humeur d'une femme jalouse; Et que, si je ne rends ce poinçon que j'ai pris, La mienne tous les jours m'étourdira de cris; Exemptez-moi des bruits de cette femme avare. Je vous en promets un plus exquis et plus rare.

ÉROTIE.

Monsieur, je n'entends rien à ces jeux déplaisans, Ne m'importunez plus, et gardez vos présens. Votre joyeuse humeur s'est assez exercée , D'autres soins maintenant m'occupent la pensée ; Adieu.

( Elle rentre chez elle. )

556 LES MENECHMES,

MÉiYECHME Ravi.

Madame, un mot!... O rigoureux destin!

Q'un astre infortuné m'éclaire ce matin! O ciel! que nous devons révérer ta justice, Et que tu me punis d'un sévère supplice ! Oii me dois-je adresser, que dois-je devenir? Quel avis faut-il prendre, et quel chemin tenir? Chacun me traite en fou, tout le monde me raille, On me ferme la porte en quelque part que j'aille; Tout conspire à venger le vol que j'ai commis i Il me faut là-dessus consulter mes amis.

riN DU TROISIEME ACTE.

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