CLORIDAN, CLÉONICE,PERSIDE, ALIASTE, LE PAGE
PERSIDE
Que fais-tu, beau sujet de mon plus doux souci ? Languir en un cercueil, et ta vie est ici !
CLORiuAN, sortant du cercueil.
Ah! propos qui me charme! est-ce toi, ma déesse?
Quel supplice ne dois-je à ta longue paresse ?
Quels assez doux baisers pourront servir de prix
Aux divines fureurs dont je me sens épris ?
Qui t'a, chère beauté, si long-temps possédée;
Et sur quoi ta froideur a-t-elle été fondée ?
Quel sort injurieux nous a pu désunir ?
Tu ne peux m'empêcher ici de te punir :
Ces lieux sont destinés au châtiment des âmes :
Je condamne la tienne à d'éternelles flammes.
Tu le veux bien, mon ange : ah! ces ris innocens
Me témoignent assez les remords que tu sens ;
Et souffrir ces baisers avec tant de licence,
Répare assez l'ennui d'une si longue absence.
Eloignons-nous, mon cœur, de ces esprits jaloux,
Et me laisse arriver à des plaisirs plus doux.
Au fond de ces enfers trouvons un lieu plus sombre,
Et n'ayons pour témoins que le silence et l'ombre.