‹ uvres de Jean RotrouChapitre 59 sur 422 · ACTE V, SCENE VL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VL

Qu'un seul de ces regards auroit charmé de dieux ! Ne disparé-je point à l'éclat de tes yeux; Et peut-on voir une ombre oii deux soleils reluisent? Je crois que tes appas en m' obligeant me nuisent. Me voyez-vous , esprits ? admirez son pouvoir ; Mais tu me sentiras , si tu ne me peux voir. Amour, qu'en ce beau sein ma passion s'allège ! Laisse-moi reposer sur ces deux monts de neige. Est-ce pas en ce jour, mon ange, ma Cypris, Qu'un hymen solennel doit joindre nos esprits , Que nos jeunes amours n'auront plus de contrainte, Et que de nos plaisirs nous bannirons la crainte ?

PERSIDE

Mon cœur auroit senti de bien foibles efforts S'il étoit satisfait des caresses des morts; Ils ont toujours la bouche et la paupière close. Et moi je ne veux point d'un mari qui repose.

Non, non, que craignez-vous? Cloridan vit encor, Et sera possesseur d'un si riche trésor.

CLORIDAlîr.

Ces discours insensés, lâches et noires âmes. Sont donc le payement de mes fidèles flammes! Quelle erreur tient ainsi votre esprit agité? Et, si je vis encor, qui m'a ressuscité?

ORONTE

Dieux! quelle impression trouble sa fantaisie!

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