ALIAS TE
Nous, tâchons à l'ôter de cette frénésie. Jamais un coup fatal n'a vos jours achevés,
go L'HYPOCONDRIAQUE,
Vous sentez comme nous, comme nous vous vivez ; Et, quand même votre âme aurait été ravie, Nous savons un moyen qui vous rendrait la vie : Voyez dans ces tombeaux , ces corps ne vivent plus.
(Les musiciens entrent.)
Vous les verrez mouvoir aux doux airs de ces luths;
Et ces divins concerts ont un effet si rare ,
Que l'enfer les oyant n'a plus plus rien de barbare,
Et ne peut refuser à leurs moindres accords
Le bien de renvoyer les âmes dans les corps.
CLORIDAN
Je vis, et vos raisons ne trouvent plus d'obstacles, Si vous faites mes yeux témoins de ces miracles.
PERSIDE
Un doux espoir commence à me flatter les sens. Ah! ne différez plus ces concerts ravissans.
(Les musiciens chantent et touchent les luthst)
CLORiDAN, vojant les morts supposés se lever.
Effet prodigieux d'une douce harmonie.
Qu'elle ait en un moment leur trame réunie! Pouvaient-ils de mon mal un miracle espérer? Et d'un air si divin le bien de respirer? Que ce plaisir confond ma douteuse pensée ! Et, si je vis encor, que j'ai l'âme blessée! Vos soins injurieux m'ont réduit à ce point D'ignorer si je vis ou si je ne vis point.