Tome L
i3o LA BAGUE DE L'OUBLI,
LE ROI
Etes-vous Liliane ?
LILIANE
Ah! sire, confessez, Si vous m'aimez encor, le cœur que vous portez; N'apprenez que de lui si je suis pas la même Qui fus toujours l'objet de son amour extrême.
LE ROI
Où tend cet entretien? Que voulez-vous de moi?
LILIANE
Quoi ! ce prompt changement est le prix de ma foi î
Sur quoi faut-il fonder des attentes certaines,
Si les rois ne nous font que des promesses vaines ?
FABRICE
O qu'elle parle bien! ne jugeroit-on pas Qu'elle auroit eu le vent des deux mille ducats?
Ma sœur, n'est-ce pas vous?
LILIANE
Qui suis-je devenue, Que votre majesté m'ait sitôt méconnue?
Quelque démon, pour voir mes desseins à l'envers, Me fait-il prendre ici des visages divers. Et me peut-il donner quelque forme qui semble Liliane une folle , et votre sœur ensemble ?
LE ROI
Liliane, est-ce vous?
LILIANE
Oui, cet objet d'ennuis, Et que vous destiniez à tant d'heureuses nuits,