‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 118 sur 547 · LNFLUENCE DU CARACTÈRE DU DÉLINQUANT SUR L'ALARME · texte numérisé non relu

LNFLUENCE DU CARACTÈRE DU DÉLINQUANT SUR L'ALARME

meilleures bases des mœurs et des lois. Troisième indice d'un caractère dangereux , respect envers des supérieurs violé *.

4. Quand les motifs qui ont porté au délit sont comparativement légers et frivoles , il faut que les sentiments d'honneur et de bienveillance aient bien peu de force. Si l'on estime dangereux l'homme qui , poussé par un désir impérieux de vengeance , « transgresse les lois de l'humanité , que penser de celui qui s'abandonne à des actes féroces par un simple motif de curiosité , d'imitation , d'amusement? Quatrième indice d'un caractère dangereux, cruauté gratuite,

15. Le temps est particulièrement favorable au développement des motifs lutélaires. Dans le premier assaut d'une passion , comme dans un coup de tempête, les sentiments vertueux peuvent plier un moment : mais si le coeur n'est pas perverti , la réflexion leur rend bientôt leur première force , et les ramène en triomphe. S'il s'est écoulé un temps assez long entre le projet du crime et son accomplissement, c'est une preuve non équivoque d'une méchanceté mt^rie et consolidée. Cinquième indice d'un caractère dangereux , préméditation,

6. Le nombre des complices est une autre marque de leur dépravation. Ce concert suppose réflexion , réflexion longtemps et particulièrement soutenue. La réunion de plusieurs personnes contre un seul innocent montre de plus une lâcheté cruelle. Sixième indice d'un caractère dangereux, conspiration,

A ces moyens d'aggravation on peut en ajouter deux autres moins faciles à classer : la fausseté et la violation de confiance.

La fausseté imprime au caractère une tache avilissante et profonde , que même de brillantes qualités n'efl^acent pas. L'opinion publique est juste à cet égard. La vérité est un des premiers besoins de rhomme : c'est un des éléments de notre existence ; elle est pour nous comme la lumière du jour. A chaque instant de notre vie , nous sommes obligés de fonder nos jugements et d'asseoir notre conduite sur des faits parmi lesquels il n'en est qu'un petit nombre dont nous puissions nous assurer par nos propres observations. Il s'ensuit la nécessité la plus

4 Cest pour avoir méconnu rulilité , pour ne p^is dire la nécessité de celle subonlination que les Français tombèrent, pendant la révolution , dans cet excè^ de folle qui les a livrés à de% maux inouïs , et qui a porté la désolation dans les quatre parties du monde. CeU parce qu'il n^y avait plus de supérieur en France qu'il n'y avait plus de sûreté. Le principe de Tégalilé renferme en soi Panarchlej ce sont toutes les petites masses d'influenceparliculièrequi souUenDedl la grande digue des lois contre le torrent des passions.

absolue de nous fier aux rapports d'autrui. Y a-t-il dans ces rapports un mélange de fausseté , dès lors nos jugements sont erronés, nos démarches fautives , nos attentes trompées. Nous vivons dans une défiance inquiète , et nous ne savons plus où chercher notre sûreté. En un mol , la fausseté renferme le principe de tous les maux, puisqu'elle amènerait enfin dans son progrès la dissolution de la société humaine.

L'importance de la vérité est si grande, que la moindre violation de ses lois , même en matières frivoles, entraîne toujours un certain danger. Le plus léger écart est déjà une atteinte au respect qu'on lui doit. C'est une première transgression qui en facilite une seconde , et familiarise avec l'idée odieuse du mensonge. Si le mal de la fausseté est tel dans les choses qui n'importent point par elles-mêmes , que sera-t-il dans les occasions majeures où elle sert d'instrument au crime?

La fausseté est une circonstance tantôt essentielle à la nature du délit, tantôt simplement accessoire. Elle est nécessairement comprise dans le parjure, dans l'acquisition frauduleuse et toutes ses modifications. Dans les autres délits, elle n'est que collatérale et accidentelle. Ce n'est donc que par rapport à ces derniers qu'elle peut fournir un moyen séparé d'aggravation.

La violation de confiance se rapporte à une position particulière, à un pouvoir confié qui imposait au délinquant quelque obligation stricte qu'il a violée. On peut la considérer tantôt comme le délit principal , tantôt comme un délit accessoire. 11 n'est pas nécessaire d'entrer ici dans ces détails.

Faisons ici une observation générale sur tous ces moyens d'aggravation. Quoiqu'ils fournissent tous des indices tîéfavorables au caractère du délinquant , ce n'est pas une raison pour augmenter proportionnellement la peine. 11 suffira de lui donner une certaine modification qui ait quelque analogie avec cet accessoire du délit, et qui serve à réveiller dans Tâme des citoyens une antipathie salutaire contre cette circonstance aggravante. Ceci deviendra clair quand nous traiterons des moyens de rendre les peines caractéristiques >.

< Voici une question intéressante pour la législatioD et la morale.

Si un individu se permet des actions 'que ropioioo publique condamne et que , diaprés le principe de Putilité , elle ne devrait pas condamner, peut-on tirer de là un indice défavorable au caractère de cet individu ?

Je réponds quNin homme de bien , quoiqu^il se soumette en général au tribunal de ropitiitA,.^bliqnQ., peut se réserver «on infipendance pour d^ cal" particuliers où le jugement de ce tribunal lui parait contraire à sa raison et

LNFLUETtCE DU CARACTÈRE DU DÉLINQUANT SUR U'ALARME.

Passons maintenant aux atténuations qui penvent se tirer de cette même source , et qui ont pour effet de diminuer plus ou moins Ta peine. J'appelle ainsi les circonstances qui tendent à diminuer Palarme, parce qu'elles fournissent un indice favorable par rapport au caractère de Tindividu. On peut les réduire à neuf.

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