CHAPITRE XIL
DES CAS OU l'alarme EST .MILLE.
JP L^alarme e^t absolument nulk dans les cas où les
«tMîles ijcrsonnes eîtpojséos au danger, s'il y cn avait, ^ ne sont pas &u^€e]itibles de crainte.
Celte circonstance l'Xfdiqiie Hast-nsibilité de plu-
^^ bieurs nations sur rtnfanlicîdc, c'est -a-dire , Fho-
^^^ inictde commis sur la |tersonntî d'un nouveau-né,
avec le consentement du pcre vi de la mère. Je dis
ItMV' Cùiiseniement i car sans cela Talarme serait à
^ peu prèâ la fi)ème 4.jue s'il s'agi^saiL d'un adulte.
Moins [es enfants sont suscepiiklt-a de crainte pour
eux-m^mes ^ plus la tendresse des parents est
prompte h s'alarmer pour eu 31.
^^ Je ne prétends pas justifier ces nations. Elles sont
d'iiutant \^}m barbares qu'elles ont donné au père
le droit de disposer du non veau -né sans l'aveu de
la mère, (pji, après tous les dangers de la mater-
^lïiléi se trouve privée de sa récompense, et ré-
^lîuite, par cet indigne esclavage, au même état que
les espèces inférieures dont (a fécondité nous est à
cbarge.
f/i|iranttcîde , tel que je Tai doRni , ne peut pas élre puni comme délit principal , puîsquMl ne produit auenn mal ni du premier ni du second ordre; ^ mais il doïl être puni comme acheminement à des délits, comme fourru,ssant un indice contre le caractère de ses auteurs. On ne saurait trop fortifier les sentîmenls de resiîeci pour rhumnnité , inspirer I ;trop de ré])iïgnance contre tout ce qui conduit â
Ses habitudes cruelles ; it faut donc le punir, en lui • attachant qudque flétrissure* Cesi ordinairement
- la crainte de la honte qui en est la cause , il faut une pltis srantîe honte pour leréf>nmer. Mais en même temps on doit rendre les aeeasions de la punir fort rares , en exj^eanl, pour la conviction , des preuves dtfiiciJè^K a réunir,
J*es lois contre ce délit, sous prétexte d'kumaîiîlé, en ont été la violation la pins manifeste. Comparez les deux mots, celui du ciime et celui de la I peine* Quel est le crime? Ce qu*on appelle impro-
prement la mort d'un enfant qui a cessé d'être avant ifavoir connu l'existence , dont l'issue ne peut pas exciter la plus légère inquiétude dans l'imagination la plus craintive, et qui ne peut laisser des regrets qu'à celle même qui , par un sentiment de pudeur et de pitié , a refusé de prolonger des jours commencés sous de malheureux auspices ; et quelle est la peine? On inflige un supplice barbare . une mort «ignominieuse à une malheureuse mère dont le délit même prouve l'excessive sensibilité, à une femme égarée par le désespoir, qui n'a fait de mal qu'à elle seule en se refusant au plus doux instinct de la nature : on la dévoue à l'infamie, parce qu'elle a trop redouté la honle, et on empoisonne, par l'opprobre et la douleur, l'existence des amis qui lui survivent! Et si le législateur était lui-même la première cause du mal, si on pouvait le considérer comme le vrai meurtrier de ces créatures innocentes , combien sa rigueur paraîtrait plus odieuse encore! C'est pourtant lui seul qui , en sévissant contre une fragilité si digne d'indulgence , a excité ce combat déchirant dans le cœur d'une mère entre la tendresse et la honte.