DE LA QUAI4TITÉ DE SATISFACTION A ACCORDER
Autant qu'il manque è la satisfaction pour être complète, autant de mal qui reste sans remède.
Ce qu'il faut observer pour prévenir le déficit à cet égard peut se réduire à deux règles.
Première règle. S'attacher à suivre le mal du délit dans toutes ses parties, dans toutes ses
conséquences j pour y f>ft>portionner la satisfaction.
S'agit -il d'injures corporelles irréparables, il ' faut considérer deux choses : un moyen de jouissance^ — un moyen de subsistance' ôlés pour tou-', jours. Il ne saurait y avoir de compensation de même nature, mais il faut appliquer au mal unç gratificafidtî périodique perpétuelle.
S^agit-il d'homicide, il faut considérer la perte des héritiers du défunt , et la compenser par une gratification une fois payée ou périodique pourmn temps plus ou moins long.
S'agit-il d'un délit contre la propriété, nous verrons, en traitant de la satisfaction pécuniaire, lout ce qu'il faut observer pour faire monter la réparation au niveali de la perte.
Seconde règle. Dans le doute, faire pencher la balance plutôt en faveur de celui qui a souffert Vinjure qu'en faveur de celui qui l'a faite.
Tous les accidents doiventetn^ pour le .'ompledu délinquant. Toute satisFartion duii être plutôt surabondante que défectueuse. Surabondante, l'excès ne peut que servir à prévenir des délits semblables en qualité de peine : defeetiiensc, le dcfieil laisse toujours quelque degré iPalanne ; et dans les déUts d'inimitié , tout le mal non satisfait est un sujet de triomphe pour le délinquant.
Les lois sont partout bien imparfaites sur ce point. Du côté des peines, on a peu redouté l'excès. Du côté de la satisfaction , on s'est peu embarrassé du déficit. La peine, mal qui au delà du nécessaire est purement nuisible, on la répand d'une main prodigue. La satisfaction , qui se transforme tout entière en bien, on s'en est montré fort avare.