‹ Œuvres de Jérémie Bentham (volume 2)Chapitre 176 sur 547 · FX4MEN DE QUELQUES PEINES USITÉES · texte numérisé non relu

FX4MEN DE QUELQUES PEINES USITÉES

ressources; lel autre échapperait à ses créanciers.

L'âçe et le sexe font encore à cet égard une grande

différence. Il itiut donc laisser au juge beaucoup de

lalilude, en se bornant à lui donner des instructions générales.

1^8 Anglais, avant l'indépendance de l'Amérique, étaient dans Tusage de déporter une classe nombreuse de délinquants dans les colonies. Cette déportation était pour les uns l'esclavage, pour les autres une partie de plaisir. Un vaurien qui avait envie <le voyager était un sot si , pour se faire un équipage, il ne commettait pas quelque crime. Les plus industrieux s'établissaient dans ces nouvellea contrées. Ceux qui ne savaient que voler, ne pou- Tant pas exercer leur art dans un pays dont ils ignoraient la carte ^ revenaient bientôt se faire pendre. Une fois condamnés et déportés , leur sort était inconnu : qu'ils périssent de maladie et de misère, cela n'importait à personne. Ainsi tout était per4|!i pour l'exemple ; le but principal était entièrement négligé. La déportation qui se fait aujouriPhui à Bolany-Bay ne remplit pas. mieux son objet, ellea t(N]S les vices et aucune des qualités que doit avoir une peine.

Si, en offrant un établissement dans un mys éloigné, on eût ajouté qu'il fallait le mériter [Hir un crime, quelle absurdité! quelle démence ! Mai» une déportation doit se présenter à l'esprit de bien des malheureux comme ui>|^ ofPre avaalageuse ddnt ils oe peuvent profiter que par un d%|it. Ainsi la loi, au lieu de contre-balancer la tentation , ajoute dans bien des cas à sa force.

Quant aux prisons, il est impossible d'estimer si cette peine convient ou ne convient pas, jusqu'à ^ qu'on ait déterminé avec la plus grande exactitude tout ce qui concerne leur structure et leur gouveroement intérieur^ Les prisens , si Ton en excepte un petit nombre , renfarmeot tout ce «p'on pourrail imaginer de plus efficace pour infecter le corps etMAme. A ne les considérer que An c6Xé de la faioéanlise absolue , les prisons soil^ dispendieuses à Pexcès : à f6rce fle désuétude , jfes facoltés des pri- Muniers s'alangqissent et s'énerfuit, leurs organes perdent l^ ressorUet leur souplesse : dépouillés à la fois dJIéur btnneur et de Jeurs habitudes de travail, ils n'en sortent que pour être repoussés #M le crime par raiguilloji de la misère. Soumis n despotisnOe suball^ernede quelquis hommes ordinairement dépravés par le spectacle du crime et dosage delà ^ranbie, ces malheureux peuvent être Hfrés à raille souffrances inconnue^, qui lesaigrisj^ contre la 80ciété'<ii les endurcissent aux peines. Sak^^te ffaiiport moral , tfhe prison est une école où la Mléral^s^s'apprend pv des mc^ens plus sûrs <lu'on ne pou(rait jamais en employer pour ensei-

gner la vertu. L'ennui, la vengeance et le besoin président à cette éducation de per^^sité. L'émulation n'est plus que le ressort du crime. Tout s'élève au niveau du plus méchant : le plus féroce inspire aux autres sa férocité , le plus nis<' ^a ru se, le pltjs débauché son libertinage. Tout < e qui peut souiller le cœur et l'imagination devient I j rcîvsource de leur désespoir. Unis par un intérêt commun , \h s^aident réciproquement à secouer le j ou !; de la honte* Sur les ruines de l'honneur social, il s'( lèvi^ un botinnir nouveau composé de fausseté, d'inirepidiié dans l'opprobre, d'oubli de tout avenir, (rinimilië contre le genre humain ; et c'est ainsi que des m^llieureux qu'on aurait pu rendre à la vertu et au bonheur, parviennent à l'héroïsme du crime , au sublime de la4célératesse.

Un criminel , après avoir achevé son terme dans les prisons , ne doit point être rendu à la société sans précaution et sans épreuve. Le faire passer subitement d'un état de surveillance et de captivité à tine liberté illimitée , l'abandonner à toutes les tentations de l'isolement, de la misère, et d'une convoitise aiguisée par une loygue privation , c'est un trait d'insouciance et d'inhumanité qui devrait enfin exciUr l'attention des législateurs. Qu'arrive-tril à Londres quand on vide leS galères de la Tamise 7 Ces malfaiteurs, dans le jubifé du crime, se ruent sur cette ^ande ville comme des loups qui , après un long jet^ne , se trouvent placés dans une bergerie : et jusqu'à ce que tous ces brigands aient été ressaisis pour de nouveaux délits , il n'y a point de sûreté dans les grandes routes, ni même la nuit dans les rues de la métropole.

Peioel péciiQîalres.

Passons aux peines pécuniaires : elles ont le triple avantage d'être susceptibles de graduation , de remplir le but de lar peine , et de servir au dédommagement. Mais il faut se souvenir qu'une peine pécuniaire, ^i la somme est déterminée, est souverainement inégale. Cett^ observation, dont la vérité frappe au premier instant , a été pourtant négligée par tous les législateurs. Les amendes ont été clélerminées sans aucun égard au profit du délit, au mal du délit , et aux facultés du délinquant. Aussi, c'est une bagatelle pour les uns et une ruiqe pour les autres. On se rappelle le tj*ait de ce jeune insolent à Rome , qui donnait un sotifflet apx passants, et leur présentait aussitôt l'écu fixé par la loi des douze tables. Veut-on établir une peine pécuniaire , qu'elle soit mesurée sur la fortune du délinquant. Déterminez le rapport de l'amende, et non sa quotité absolue. Pour tel délit, telle quotepart des biens , moyennant certaines modifications

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