DU POUVOIR DE PARDONNER
pour préfenir les difficultés d'une exécution littérale de cette règle.
Peines siniplemiht restrictives.
H nY a Hen de plus ïnifénicux dans la législation pénale quf! le bannfssûmerff de ia présence. Celle peine, suQg^rf e par rancicnnr jurisprudence française, el iU>ni CD trouve queUpje trace dans le code danois, peut, avec fiu^bjues perfectionnements, offrir un cxcelIriU rtinutir [m\r les délits produits par des inimitiés particulières dont le public en général n'a rien à craindre. Cette peine ménage un triomphe à l'opprimé sur Toppuesseur, el rétablit de la manière la plus douce la prépondérance de l'innocence lésée sur la force insolente. D'ailleurs , elle prévieQt le renouvellement des querelles, et ôte à l'agresseur le pouvoir de nuire. Mais pour mettre en œuvre un moyen qui tient He si près à l'honneur, il faut une attention scrupuleuse â la position particulière des individus. ^
PeiDes .capitales.
Plus on examine la peine de mort f plus 09 est porté à adopter l'opinion d» Beccaria. Ce sujet est si bien discuté dans son ouvrage, qu'on peut se dispenser de le traiter après lui. Ceux qui veulent voir d'an coup d*œil tout ce qu^on peut dire pour et contre , n'ont qu'à parcourir la table des qualKés qu'on dojt chercher dans les peines. ( Voyez chapitre VI. )
D'où peut venir la fureur avec laquelle on a prodigué cette peine? C'est un effet du ressentiment qui se porte d'abord vers la plus grande rigueur, et d'une paresse d'esprit q^qj. f«it trouver dans la destruction rapide des coupables le grand avantage de n'y plus penser. La mort ! toujours la mort ! cela ne demande ni méditation .de géoîe, ni résistance aux passions. Il ne faut que s'abandonner pour aller jusque-là d'un seul trait. ♦
Dira-t-on que la mort est nécessaire pour ôter à un assassin le pouvoir de réitérer ses crimes? Mais il faudrait, par la. même raison, faire périr les frénétiques, les enragés, dont la société a tofkt à craindre. Si on peut s'assurer de ceux-ci , pourquoi ne pourrait-on pas s'assurer des autres ? Dira-t-Qn que la mort est la seule peine qui puisse l'emporter sur certaines tentations de commettre un homicide? Mais ces tentaiions ne peuvent venir que d'inimitié ou de cupidité. Ces deux passions ne doivent^elles pas, par leur propre nature, redouter l'humiliation, l'indigence et la captivité plus que la mort ?
J'étonnerais les lecteurs si jeleur exposais le code pénal d'une nation célèbre par son humanité el par
ses lumières. Oi\ s'attendrait à y trouver la plus grande proportion entre les délits et les peines : on y verrait cette proportion continuellement oubliée ou renversée , et la peine de mort prodiguée pour les délits les moins graves. Qu'en arrive-t-il ? La douceur du caractère national étant en contradiction avec les lois, ce sont les mœurs qui triomphent, ce sont les lois qui sont éludées : on multiplie les pardons, on ferme les yeux sur les délits , on se fend trop difficile sur les témoignages; et les jurés, pour éviter un excès de sévérité , tombent souvent dans un excès d'indulgence. De là résulte un système piénal incohérent, contradictoire, unissant la violence à la faiblesse , dépendant de l'humeur d'un juge, variant de circuit en circuit, quelquefois sanguinaire, quelquefois nul.
Les législateurs anglais n'ont point adopté ce genre de peine si bon à tant d'égards, l'emprisonnement joint au ti^vail. Au lieu d'une occupation forcée, ils ont réduit les prisonniers à une oisiveté absolue. Est-ce par réflexion? Non sans doute ^ c'est par habitude. On a trouf-é les choses sur ce pied ; on les désapprouve , mais on ne les change point. Il faut des avanijes, de In vigilance , des attentions soutenues pour concilier la clôture avec les trtvaux : il ne faut rien de tout cela pour enfermer un homme et pour l'abandonner à lui même ^.